Pas de titre de chanson cette fois-ci, mais un voeu : " faites
que je revienne " 
Eh bien nous avons récidivé et sommes
retournées à Miyajima pour ce troisième et
dernier jour dans le sud du Japon !
Nous avions eu le temps de bien faire le tour d'Hiroshima la veille
mais comme nous avions été complètement
absorbées par la contemplation du torii lors de notre
première venue, nous n'avions finalement pas eu le temps
d'explorer un peu plus l'île.
Cette fois-ci quand nous sommes arrivées sur l'île la
marée était presque entièrement
remontée et nous avons du coup décidé de
retourner dans le sanctuaire pour profiter de la version " sur
l'eau " ! Ca avait beau ne pas être très profond,
ça lui donnait quand même plus de charme ! 
J'ai été assez étonnée par le nombre de
français qui étaient présents sur l'île,
quasiment tous les touristes occidentaux en étaient dont
hélas un certain nombre de beaufs qui parlaient bruyamment,
ruinant ce petit havre de paix (c'est dans ces moments-là
qu'on se sent très honteux et qu'on hait profondément
les gaijins alors qu'on l'est soi-même...) 
Au niveau des japonais, bon nombre de touristes étaient de
jeunes couples ou bien des couples plus âgés avec de
jeunes enfants : tout ça m'a rappelé mes vacances
à la mer avec mes parents et mon frère quand
j'étais petite, ô nostalgie !
Alors que d'habitude nous passons assez rapidement sur les visites
des temples et autres sancutaires, nous avons cette-fois fait
plusieurs aller-retours dans les moindres recoins du sanctuaire
d'Itsukushima, avec quelques pauses le regard perdu dans
l'horizon.
Nous nous sommes attardées dans la petite partie où
était suspendus les ema, une petite plaquette de bois
où l'on écrit un voeu en espérant que les
divinités l'exauceront.
Au moindre coup de vent elles s'entrechoquaient, produisant un
petit bruit bien agréable.
Nous n'en n'avions jamais écrit avec Lorraine mais ce
coup-ci nous nous sommes dit que nous voulions marquer notre
passage dans ce lieu adoré et avons nous aussi écrit
un voeu sur notre petite plaquette... Pourvu qu'il se
réalise !
C'est bien tristement que nous sommes sorties du sanctuaire et
avons commencé notre exploration de l'île, ou
plutôt devras-je dire " ascension " étant donné
que les escaliers et les pentes ne manquent pas !
Nous sommes très vite arrivées à la conclusion
suivante : sur Miyajima, il n'y a pas qu'un torii magnifique, il y
a surtout beaucoup d'arbres ! Que de verdure, que de
verdure...
Maintenant que j'y réfléchis, ça doit avoir un
rapport avec le statut sacré de l'île qui doit
interdire que l'on ratiboise à tout va !
De tout petits autels étaient dispersés ça et
là dans la forêt et à ma grande honte je dois
confesser que je me suis parfois " purifier " les mains dans le
seul but de me rafraîchir ! 
Aaaah, quel usage païen, je suis une hérétique,
j'irai griller en Enfer, c'est tout ce que je mérite !
Bon normalement, les shintoïstes sont plus tolérants
que les chrétiens, ils me pardonneront bien cet
affront...
Nos pas nous ont conduit jusqu'au Momijidani, un parc
d'érables : il était déjà magnifique
avec ses couleurs d'été, je n'ose imaginer quel
spectacle ce doit être en automne.
Après m'être rafraîchie dans un petit salon de
thé situé en plein coeur de la forêt avec de la
glace pilée (l'hérésie ça va bien cinq
minutes hein !), nous sommes descendues vers la rivière,
nous sommes assises sur des rochers et avons trempé nos
pieds dans l'eau.
Peut-on imaginer un plus grand plaisir que celui d'avoir les pieds
dans une rivière claire quand il fait 35° à midi,
sans un souffle de vent. Voilà ma définition du
bonheur. 
Nous sommes restées là un long moment, à
savourer le moment présent avec pour seul fond sonore le
bruit des petites cascades.
Ca a été très dur de s'extraire de cet
élément divin mais la faim a fini par nous
rattraper.
Alors qu'on n'en mange pas beaucoup dans le reste de l'archipel, la
spécialité culinaire du coin est l'huître
grillée. Vu mes réticences à l'égard de
ce genre de bestioles je me suis rabattue sur un truc plus normal
mais nous avons tout de même acheté quelques momiji
manjû, comme souvenir à ramener aux gens (une sorte de
gâteau en forme de feuille d'érable fourrée
à la pâte de haricot rouge).
Nous en avions acheté deux pour nous, juste pour
goûter, mais alors que nous contemplions le torii
(encore, pardon...) dans un état de béatitude absolue
pour un dernier au revoir, un vil daim est venu fourrer son museau
dans notre sac et nous a subtilisé l'un des manjû,
bouffant le plastique avec. 
Dans le train nous ramenant vers Hiroshima, un monsieur est venu
s'asseoir en face de nous et nous a appris à faire une grue
en origami en nous racontant son séjour à
Paris.
J'ai honte, ça devait être la cinquième fois
qu'on me montrait la technique mais je l'ai encore oublié,
je suis infichue de la retenir, j'ai vraiment aucun don pour
l'origami ! 
Le retour en Shinkansen s'est déroulé dans les
mêmes conditions que d'habitude : dodo, boulot, dodo,
boulot... c'est que ça crève de passer la
journée dans la fournaise héhé !
Je ne le dirais jamais assez mais ça, c'était des
vraies vacances ! D'habitude je suis plutôt contente de
rentrer à la maison mais là j'aurais bien
prolongé un peu mon séjour...
D'autant que finalement comme nous nous sommes encore
laissées aller à la détente absolue, on n'a
pas visiter qu'une toute petite partie de l'île.
Ce qui est sûr, c'est que Miyajima sera une de mes
destinations privilégiées quand je reviendrai chez
nos amis nippons !
Photo : une touriste toute fière qui accroche son
ema
また来ますように・・ posté le lundi 28 juillet 2008 04:39
太陽の下 (taiyô no shita) posté le jeudi 24 juillet 2008 16:02
Taiyô no shita, ça veut dire " sous le soleil ".
Expression parfaite pour résumer ce dimanche.
C'est aussi une chanson de Remioromen. De la bonne soupe
qui vous casse bien les oreilles. Manque de bol, je l'ai eue dans
la tête toute la journée. 
Mais qu'importe, rien n'aurait pu me gâcher cette
journée magnifique de repos absolu.
Après une petite grasse matinée nous nous sommes
mises en route pour le château d'Hiroshima qui se trouvait
à proximité de l'hôtel.
A dix heures il faisait déjà une chaleur
étouffante et les cigales nous faisaient profiter de leur "
kss kss kss " répétitif (vous avez vu comme je fais
bien la cigale ?
)
Malgré tout, notre radinerie l'emportant sur notre
résistance à la chaleur, nous avons
décidé de faire le tour de la ville à pied en
faisant bien attention à boire beaucoup et à nous
protéger du soleil (nos mères n'ont pas
élevé des imbéciles ! XD)
Le château d'Hiroshima se dresse dans un parc entouré
de douves, un peu comme le palais impérial à
Tôkyô sauf qu'on peut le visiter, lui !
Hélas, comme bon nombre de châteaux, celui qui se
trouvait devant nous n'était pas l'original (inutile de
préciser pourquoi cette fois...) mais sa visite s'est
révélée intéressante :
l'intérieur a été reconverti en musée
regroupant divers objets, armes et armures et donne des
informations sur l'histoire du château à travers les
âges.
D'habitude je ne raffole pas de ce genre de visite mais j'aurais
fait n'importe quoi pour ne pas précipiter mon retour dans
la fournaise et j'ai donc observé consciencieusement les
divers objets, étage par étage avant d'aller
contempler les alentours tout en haut du château.
Hélas il a fallu retourner dehors et c'est donc en
avançant sous le moindre coin d'ombre, en croisant des
armées de lycéens indisciplinés en voyage
scolaire, en faisant quelques pauses et en dilapidant ma monnaie
dans des distributeurs de boisson que nous sommes arrivées
près d'un stade d'où nous parvenaient des cris
annonçant un match de baseball (le sport le plus populaire
chez nos amis nippons !)
D'habitude quand je pars en voyage je me ruine en transport, ce
coup-ci c'était en boisson et je me suis mis en tête
de tester le plus de trucs possibles histoire de rendre l'aventure
intéressante : boisson énergétique,
thé, jus, eau, soda... tout y est passé avec parfois
quelques échecs et parfois d'agréables
surprises.
Notre balade nous a menées jusqu'au Genbaku Dome, les célèbres ruines
du Palais d'exposition industrielle, témoignage du
bombardement nucléaire.
Il est maintenu en l'état comme témoin des ravages
atomiques et symbole de paix destiné à empêcher
que ce genre de drame se reprdoduise.
Je m'imaginais quelque chose de beaucoup plus grand, sombre et
glauque mais ce dôme est situé au bord du canal et il
est entouré de verdure, bref dans un environnement
très agréable. D'ailleurs, j'ai été
très agréablement surprise par l'ambiance qui
règne à Hiroshima de façon
générale : loin d'être une ville martyre
prisonnière du passé, c'est une ville très
animée, vivante, qui en plus regorge de verdure, il y a des
arbres et des petits parcs partout !
Rien ne laisse supposer le drame qui a eu lieu en 1945 si ce n'est
ce fameux dôme, on a vraiment du mal à croire que la
ville a été entièrement rasée à
l'époque.
De toute façon quand on voit quelle ville florissante c'est
maintenant, on peut difficilement s'imaginer un tel drame.
Plus je me baladais à Hiroshima et plus j'observais ce que
je voyais, plus j'avais l'impression que c'était une ville
qui allait de l'avant qui ne cherchait pas à se positionner
en victime.
Du Dome nous sommes allées jusqu'au Memorial de la paix au
milieu duquel trône une sculpture érigée
à la mémoire de Sadako
Sasaki, une petite fille qui avait deux ans lors de l'explosion
et qui est morte dix ans plus tard des suites d'une leucémie
dûe aux radiations.
Une légende raconte que celui qui plie mille grues en
origami verra son voeu exaucé.
Sadako s'était attelée à cette tâche
mais elle est morte avant d'avoir confectionné sept cents
grues. Cette histoire devint célèbre et on
ériga cette statue en la mémoire de tous les enfants
qui subirent le même sort.
La statue est entourée de petites cabines abritant des
milliers de grues confectionnées par des personnes du monde
entier qui les envoient à Hiroshima chaque
année.
Nous sommes restées un certain moment sur place mais je n'ai
pas été mécontente de repartir car il faut
bien avouer que je commençais à ressentir un certain
malaise. 
Après s'être restaurées au Saizeriya (on voyage
dans des conditions de plus en plus luxueuses au fil du temps :
à Kyôto on se nourrissait au konbini, là on est
passées au family restaurant
) abrité dans une grande allée
commerçante, on a décidé de prendre un peu le
tramway pour se rapprocher de ce que l'on croyait être un
parc mais nous nous sommes fait arnaquer par la carte qui indiquait
fourbement un grand coin de verdure.
C'est après avoir gravi une colline, haletantes, que nous
nous sommes finalement rendues compte qu'il ne s'agissait que d'une
route qui serpentait dans une sorte de forêt. 
Nous avons fait une petite pause sur un parking et avons un peu
ruminé tout ce gaspillage de temps et de sueur en observant
des pigeons crétins qui se dandinaient bêtement devant
nous.
Durant notre balade à travers la ville il y a trois types de
personnes qui sont fréquemment revenues :
- les dormeurs : que ce soit sur un banc où à
même l'herbe, ils étaient en train de faire une petite
sieste visiblement pas inquiets à l'idée de se faire
piquer leur sac.
- les sportifs : sûrement un peu tarés pour faire du
jogging par 35° à l'ombre.
- les ennemies du bronzage : eh oui, au Japon les filles
détestent bronzer, sachez-le ! 
Le bronzage c'est un truc de paysanne, de va-nus-pieds, alors
qu'une peau blanche c'est la pureté absolue (je suis
heureuse dans ce pays... XD).
Elles portent donc des gants voir des manches amovibles pendant
qu'elles sont dehors, quitte à avoir encore plus chaud,
juste pour éviter que leur peau ne prenne quelques couleurs
!
Nos pérégrinations nous ont finalement
ramenées jusqu'au bord de la rivière où nous
avons décidé de faire une petite pause pour "
réviser ". Ces " révisions " se sont rapidement
transformées en observation des centaines de crabes qui
grouillaient et en glandage absolu, les yeux perdus dans le bleu du
ciel dont la lumière commençait à
décliner, les pieds à l'air se balançant au
dessus de Crab Land.
Si je ne devais retenir qu'un seul mot pour résumer ces
trois jours ce serait bel et bien " vacances " et non pas " voyage
". Qu'est-ce que ça fait du bien de ne rien faire ! Du coup
désolée ce n'est pas très intéressant
à lire pour vous mais moi en tout cas j'en ai bien
proifté. 
Chassées de notre petit coin tranquille par une armée
de moustiques affamés, j'étais en train de me
demander quelle serait ma prochaine boisson en longeant l'avenue de
la Paix quand je suis tombée sur une nouvelle
variété de Fanta ! 
Le Fanta Lemon, zéro calorie ! Sûrement une exclu
d'Hiroshima !
Je me suis empressée de goûter ma nouvelle
découverte qui s'est avérée aussi chimique que
les autres Fanta à défaut d'être aussi
calorique.
C'est sur ces réflexions profondes que nous avons atteint le
" Night Spot " d'Hiroshima (traduction : le quartier de la
débauche) qui nous a fait penser au Kabukichô de
Shinjuku : mêmes rois lionnes, mêmes p*uffes,
mêmes pachinko et izakaya douteuses.
Nous sommes rentrées tranquillement à notre
hôtel en marchant et contemplant satisfaites notre carte :
malgré nos nombreuses pauses, nous avions fait tout le tour
de la ville dans la journée !
Photo : le Genbaku Dome
Itsukushima, mon paradis posté le mercredi 23 juillet 2008 17:10
Ce weekend nous sommes reparties vadrouiller avec Lorraine,
direction le sud du Japon, plus précisément à
Hiroshima.
Nous étions censées aller effectuer de la propagande
pour Shirayuri dans un lycée pour filles mais hélas
nous avions déjà fait nos réservations, que
c'est bête... XD
Nous sommes arrivées peu après midi et dès que
nous sommes descendues du Shinkansen, nous avons eu l'impression de
nous trouver sous un chauffage soufflant à pleine
puissance.
Il ne s'agissait que de la chaleur ambiante qui tournait autour des
35° (c'est à ce moment-là qu'on s'est
demandées pourquoi on n'avait pas choisi Hokkaidô
comme destination...
)
Prenant notre courage à deux mains et après nous
être badigeonnées de crème solaire, nous avons
été déposer nos bagages à l'hôtel
et sommes directement reparties en direction de Miyajima en marchant sous un parapluie pour
éviter que notre cerveau ne fonde.
Miyajima est une île déclarée " sacrée "
par la religion shintô, située à environ dix
minutes de bateau de l'île principale et elle est très
connue pour son célèbre torii flottant qui fait
partie des trois grandes vues du Japon.
A vrai dire, davantage qu'Hiroshima, c'était
précisément ce torii que nous étions venues
voir.
Avant même d'atteindre l'île nous avons pu
aperçevoir l'objet de notre visite du bateau, la
marée était basse et il était donc accessible
à pied.
Sitôt après avoir débarqué, nous nous
sommes quasiment ruées vers la jetée, remarquant
à peine les daims qui se baladaient en grand nombre en
quémandant de la nourriture aux touristes, pas plus que les
cigales qui faisaient un bruit d'enfer.
Enfin, nous sommes arrivées devant lui et avons pu le
contempler dans toute sa splendeur : il se dressait
majeustueusement au milieu de la baie, en face du sanctuaire tout
rouge d'Itsukushima.
J'avais l'impression d'avoir atteint le but d'un long
pèlerinage : ce torii, c'était une des choses que je
voulais le plus voir en venant au Japon, et je ne sais pas pourquoi
mais j'avais l'impression que jamais je ne viendrais
jusqu'ici.
Pourtant j'y étais, et même mieux : je pouvais aller
le voir de très près étant donné que la
marée était basse, ce que nous nous sommes
empressées de faire avec Lorraine qui était tout
aussi enthousiaste que moi sinon plus.
Le ciel était menaçant depuis un bon moment et il a
commencé à pleuvoir alors que je cherchais un moyen
de me déplacer au sec en sautant de partie sableuse à
partie sableuse pour éviter les nombreuses algues. J'ai fini
par abandonner et ai enlevé mes chaussures histoire d'aller
dire bonjour à la mer après avoir observé ce
torii de seize mètres sous toutes les coutures. 
Comme la pluie ne cessait de s'intensifier, j'ai tiré
Lorraine de sa pêche au coquillage et nous sommes
allées nous réfugier sous le sanctuaire Itsukushima,
tout de même contentes d'avoir été un peu
rafraîchies. Je crois n'avoir jamais vu d'endroit plus
magnifique au Japon que ce sanctuaire rouge et ses nombreuses
allées ouvertes montées sur pilotis.
Comme des images valent mieux que des descriptions, je vous renvoie
à mon album photo !
Il avait l'air de se passer quelque chose d'important dans le
sanctuaire car beaucoup de gens portant des habits religieux
étaient réunis : je me suis souvenue que nous
étions le 19 juillet, le jour du Kangen, un festival
où un mikoshi est porté sur un bateau où l'on
joue de la musique de cour traditionnelle (gagaku).
Le mikoshi est ainsi transporté par bateau dans divers
temples avant de revenir au sanctuaire d'Itsukushima à
minuit, en passant par le torii.
Comme par miracle, la pluie s'est arrêtée vers seize
heures, laissant place à un soleil éblouissant. Nous
avons vu la procession quitter le sanctuaire par le ponton en
portant le mikoshi et se rendre jusqu'à la mer où
attendaient les bateaux, en passant sous le torii.
Cette fois-ci, ne me souciant plus du tout d'avoir les pieds
mouillés, je me suis précipitée vers les
bateaux, de l'eau jusqu'aux genoux pour assister à ce
spectacle comme une dizaine d'autres personnes, éblouie par
les reflets du soleil sur la mer.
Dans ces moments-là, on est un peu perdu : on se dit que
c'est un événement unique et du coup on se sent
obligé d'y assister mais d'un autre côté il
faut bien reconnaître qu'il ne se passe pas grand chose pour
qui ne participe pas à la cérémonie et on a
tendance à être gagné par l'ennui.
Finalement nous avons décidé avec Lorraine d'aller
plutôt explorer un peu les environs et après avoir
enlevé de nos chaussures l'eau, le sable et quelques
représentants de la faune et de la flore locales (pourquoi
je finis toujours les pieds mouillés et avec des pompes
inutilisables ?! Bon ce coup-ci c'était ma faute...

) nous avons commencé notre balade au
sein de l'île au son du chant des cigales, croisant au
passage toujours plus de daims.
Ca sentait bon l'iode et la crème solaire, j'avais vraiment
l'impression d'être en vacances, je suis toujours aussi
heureuse quand je vois la mer !
Quand le soleil a commencé à se coucher, quelques
nuages demeuraient mais le temps s'était nettement
amélioré par rapport au milieu
d'après-midi.
Nous sommes retournées sur la jetée et nous y sommes
assises pour contempler le torii sur fond de coucher de soleil, il
était hors de question de repartir de l'île sans avoir
assisté à ça.
Nous avons profité de ce spectacle dans un silence
quasi-religieux, chacune perdue dans ses pensées avec pour
fond sonore le bruit de l'eau qui remontait vers le sanctuaire,
noyant peu à peu les pieds du torii. Peut-il y avoir un
spectacle plus apaisant que celui-là ?
On entendait également au loin la musique provenant des
bateaux : cette scène m'a rappelé le jeu Final
Fantasy X, le passage où Yuna envoie les âmes
rejoindre l'au-delà.
Ca ne m'étonnerait d'ailleurs pas que ce genre de festival
ait servi de référence au jeu.
Je me suis sentie vraiment apaisée, détendue, loin de
toute forme de stress.
Pour moi, Tôykô, c'est un peu un synonyme de maison, du
coup quand je sors de la capitale j'ai l'impression d'être
vraiment au Japon ! XD
Nous avons testé pour dîner la
spécialité de la région : l'okonomiyaki
d'Hiroshima qui s'est avérée très bonne mais
peut-être un peu lourde à digérer vu la chaleur
ambiante.
J'ai été assez étonnée par le nombre
peu important de touristes, je m'attendais à ce que les rues
soient blindées, surtout en ce jour de fête, mais il
n'y avait pas un chat. 
Avant de regagner Hiroshima nous avons voulu aller revoir une
dernière fois le torii, version nuit noire et nous sommes
précipitées vers la jetée, à
moitié en courant pieds nus, amusant au passage quelques
petites vieilles commerçantes (depuis le temps vous le savez
bien, non, qu'on est craquées ?
)
La marée était remontée jusqu'au sanctuaire
dont les lampions et les piliers se reflétaient sur la
surface calme de l'eau dans un mélange d'orange et de rouge.
Nous avons assisté au retour des premiers bateaux
d'où provenaient le son des tambours japonais (wadaiko)
et quelques cris poussés par des enfants ; ils ont
regagné le temple comme prévu en passant sous le
torii, applaudit par les gens qui attendaient leur retour.
Nous n'avons hélas pas pu voir le retour du dernier bateau,
le plus imposant, qui transportait le mikoshi et dont
l'arrivée était prévue pour minuit car le
dernier ferry partait à 22h et c'est donc à reculons
et le coeur fendu que nous avons quitté l'île, des
étoiles plein les yeux. 
J'espère que je me souviendrais longtemps de ce spectacle
magnifique que je n'ai hélas pas pu immortaliser à
cause de l'obscurité.
Natsubate posté le vendredi 18 juillet 2008 18:07
Natsubate (夏ばて), c'est un mot qui
désigne le manque d'appétit à cause de la
chaleur.
Le japonais regorge de mots pratiques comme ça quand il nous
faut à nous, pauvres français, faire une phrase
entière pour décrire la même chose.
Il y en a plein d'autres du même genre : namagawaki
(生乾き), qui désigne le linge sentant
mauvais car il n'a pas pu sécher correctement à cause
de du temps mushiatsui (蒸し暑い), qui
évoque l'atmosphère désagréable
combinant la chaleur à l'humidité.
Voilà trois mots pratiques qui résument bien mon
quotidien ces derniers temps.
Je radote mais qu'on se le dise : il fait chaud ! Et pas qu'un peu.
S'il se contentait de faire 32° à la limite ça ne
serait pas si grave, mais il faut prendre en compte chez nos amis
nippons le facteur humidité, qui donne l'impression
d'être en permanence dans un sauna.
Du coup je suis face à un dilemne capital : s'épiler
les bras ou ne pas s'épiler les bras ?
Contrairement à la France où cette partie du corps
est encore épargnée par bon nombre de consoeurs, au
Japon où on fait la chasse au moindre poil, ils sont
arrachés avec soin par quasiment toutes les nippones. Enfin
cette perspective m'enquiquine tellement que je crois que je vais
tenir bon encore un petit mois et passer pour une ourse (j'ai des
sujets de réflexion très profonds, n'est-ce pas
?)
J'ai commencé mes nouveaux cours de japonais qui dureront
jusqu'à la fin du mois : j'ai droit à une heure et
demie par jour de grammaire pure en tête à tête
avec Takeda-sensei !
C'est le bonheur, depuis le temps que je voulais me remettre
à la grammaire, c'est vraiment génial : on croirait
un jeu ! Elle m'apprend des expressions très proches aux
nuances subtiles et ensuite je dois voir quelle version est la plus
appropriée en fonction des situations. On dirait un quiz,
bref je m'éclate, je suis une geek de la grammaire japonaise
! 
Ce qui me fait également très plaisir c'est que
lorsque qu'elle me soumet aux tests avant d'entamer la
leçon, je tombe quasiment toujours juste sans trop savoir
pourquoi, juste par intuition et selon elle c'est ça qui est
le plus important. Bref si je m'accroche jusqu'en décembre
sans délaisser les kanjis je crois que j'ai mes chances de
réussir le Nôryoku shiken niveau 2. 
Sinon cette semaine j'ai fréquenté une espèce
très répandue au Japon : les lycéens.
Jeudi, huit élèves du lycée Shirayuri sont
venues à l'université et avec Lorraine on
était censées discuter avec elles, en gros faire de
la pub pour la fac et leur prouver que le département de
français c'était trop de la balle de la mort qui tue
et qu'il fallait s'y inscrire !
On se serait acquittées de cette tâche avec plaisir
mais les intéressées ne se sont pas montrées
très coopératives : il était évident
qu'elle n'avait pas l'habitude de fréquenter des
créatures bizarres comme des françaises et nous les
terrorisions, rendant tout dialogue impossible.
Quelques-unes ont fini par oser poser des questions d'une toute
petite voix, poussées par leur professeur et elles
évitaient à tout prix de nous regarder pendant qu'on
leur répondait.
Je ne pense pas que c'était des filles impolies et encore
moins méchantes, mais cette timidité maladive
générale m'a profondément agaçée
sur le coup, dans des cas pareils j'ai vraiment l'impression
d'être une bête sauvage qu'on ose pas approcher.
Je pense de toute façon qu'elles sont surcouvées par
Shirayuri et que ça ne leur rend pas service mais ça
c'est un autre problème...
Bref après plusieurs tentatives de communication
plutôt foireuses, on a fini par se résoudre à
notre sort de pots de fleur et avons attendu patiemmenent que ce "
goûter " se termine, ayant l'impression d'assister à
un repas de famille soporifique auquel on ne peut se soustraire.

Le lendemain, vendredi, nous avions prévu d'accompagner une
des professeurs du département de français qui donne
également cours dans un lycée en banlieue.
Traumatisée par mon expérience de la veille, c'est
donc assez anxieuse que je suis partie affronter les lycéens
mais finalement ça s'est très bien passé : ils
étaient assez timides au début mais finalement ils
ont été plutôt actifs pendant les
activités et se sont même lancés sur des
questions qui n'avaient pas de rapport avec la leçon
étudiée.
Comme je n'ai absolument pas de formation de professeur
j'étais là juste pour que les lycéens aient un
contact " direct " avec des françaises.
Ca n'a duré qu'une heure et demie mais c'était
vraiment très sympa, le cours s'est clôturé sur
des questions des élèves, dont " que pensez-vous de
la politique de Sarkozy ? Quels sont les changements depuis qu'il
est au pouvoir ? " (il pouvait pas être immature et
s'intéresser à des trucs débiles de son
âge celui-là ? XD)
On a pris des photos (de vraies stars, j'vous l'dis
) et sommes reparties après une
salutation au proviseur qui nous a montré tout fier des
photos affichées dans le couloir des lycéens durant
diverses activités, nous expliquant qu'il les prenait
lui-même car il était passionné de photo.
On a trouvé ça vraiment excellent, plus qu'un
proviseur on aurait dit un papa fier de ses enfants !
Bien sûr qui dit lycée au Japon dit uniforme mais
l'ambiance de ce lycée avait l'air vraiment sympa et pas
trop stricte contrairement à bon nombre
d'établissements où on chipote jusque sur la longueur
de la frange des élèves.
Attention ce qui va suivre est digne d'une phrase du pire otaku qui
soit mais : ce lycée, c'était exactement comme ceux
que j'avais pu voir dans les manga/animes !
Dans le train du retour nous nous sommes fait allégrement
dévisager par un ado assis en face de nous qui avait la
banane : il nous fixait ouvertement et ça avait pas l'air de
le gêner plus que ça qu'on l'ait grillé. En
temps normal ça m'aurait plutôt
gênée mais il avait l'air tellement heureux que
finalement, son sourire béat nous a contaminées.

En arrivant à Sengawa nous avons retrouvé Miho, notre
chinoise ultime qui avait prévu de nous préparer des
gyoza maison, les raviolis chinois à la vapeur.
Comme il pleuvait comme vache, qui pisse l'après-midi "
gyoza " a rapidement évolué en après midi "
gyoza pyjama party " (faut bien se changer pour être au
sec... XD)
Entre quelques leçons de prononciation chinoise et
tentatives de sport nous nous sommes régalées
grâce à notre bonne cuisinière et la semaine
s'est ainsi achevée dans la chaleur, la moiteur et
l'allégresse les plus totales. 
O-bon : le festival des ancêtres posté le jeudi 17 juillet 2008 16:39
L'o-bon est le festival bouddhique donné en
l'honneur des ancêtres, il s'étend du 13 au 16 juillet
dans la partie est du pays qui se base sur le calendrier lunaire et
du 13 au 16 août dans Kyôto et ses environs. C'est
souvent l'occasion pour les japonais de prendre quelques jours de
repos et retourner dans leur région natale car la tradition
veut que les âmes des morts reviennent sur terre pendant ces
quatre jours pour rendre visite à leur famille.
A cette occasion les gens se rendent au cimetière pour
entretenir et purifier les tombes de leurs ancêtres et
à la fin de cette période, ils allument une bougie
dans une lanterne qu'ils abandonnent au gré du courant d'un
cours d'eau afin de guider les âmes des ancêtres vers
l'au-delà.
Des cérémonies religieuses sont organisées
dans les temples où l'on peut également participer
à la danse traditionnelle : le bon odori (les gens dansent
au rythme des tambours japonais en tournant autour d'une estrade
où sont installés danseurs et musiciens).
Lisa, qui allait assister au festival du sanctuaire Yasukuni avec une prof du département d'anglais
nous a demandé à Lorraine et moi si ça nous
intéressait de venir avec elles, vêtues de nos
yukata.
Un peu que ça nous intéressait ! Malgré tout
à l'évocation du mot " Yasukuni ", nous nous sommes
un peu raidies : le Yasukuni ? Le sanctuaire qui fait l'objet de
polémiques sans fin à cause de ses morts de guerre
sino-nippo-coréens ? C'est pas un peu déplacé
de se pointer là-bas en yukata précisément
pendant la fête des morts ?
Lorraine et moi avons donc renoncé à y aller "
déguisées " mais avons tout de même
accompagné tout notre petit monde jusqu'au sanctuaire
où l'ambiance était bien différente de ce
à quoi on s'attendait.
Rien de grave, pas d'ambiance pesante, au contraire ça avait
l'air d'être l'éclate totale !
Le soleil n'était pas encore totalement couché mais
les centaines de lampions commençaient déjà
à éclairer le ciel tout le long de l'allée
menant au sanctuaire.
Tout au long de cette même allée se trouvaient plein
d'échoppes, la plupart vendant de la nourriture (yakisoba,
takoyaki, yakitori, glace pilée, banane au choco) ou
proposant des activités pour les enfants comme la confection
de son propre fûrin ou la pêche au poisson à coup
d'épuisette en papier.
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y avait foule ! Et comme
bon nombre de jeunes filles portaient le yukata, j'ai
amèrement regretté de ne pas avoir emporté le
mien (bah il y aura d'autres festivals avant mon départ, ce
n'est que le début !)
A ma grande déception peu d'hommes le portaient si ce n'est
les petits papy, on nous a expliqué que c'était parce
que les " jeunes d'aujourd'hui " étaient trop maigres et
avaient donc honte de montrer leur torse. Quel gâchis tout de
même... 
Lisa et la professeur se sont dirigées vers l'estrade pour
participer au bon odori, nous disant que comme elles comptaient
passer la soirée à faire ça, il ne fallait pas
nous gêner pour elles et nous balader librement.
Nous avons nous aussi tenté de prendre part à la
danse mais devant notre incapacité à coordonner nos
mouvements nous avons vite renoncé à cette
idée pour ne pas gâcher cette belle synchronisation.
XD
Nous étions loin d'être les seuls
étrangères présentes, peut-être d'autant
plus ce soir-là car une troupe exécutaient des danses
du Nebuta, un festival très célèbre
d'Aomori (nord du Japon).
Je ne sais pas ce qu'ils pouvaient bien fabriquer à
Tôkyô mais ça nous a bien arrangé avec
Lorraine car on avait un moment songé à faire un
petit voyage à Aomori pour y assister début
août (vu que c'est à ce moment là qu'a lieu le
festival), mais on avait finalement laissé tomber ce projet
faute d'argent et de temps. Bref on est vraiment vernies jusqu'au
bout !
Nous avons donc avancé toutes les deux tranquillement vers
le temple où subsistaient quelques traces du Tanabata,
observant en chemin les différentes échoppes et les
gens : ce qui m'étonnera toujours, c'est l'activité
des petits vieux du Japon ! Ils sont les premiers à
participer à ce genre d'événements et ne
demandent pas leur reste pour danser.
Peut-être que c'est ça leur secret pour avoir la forme
et ça expliquerait pourquoi la durée de vie est plus
longue ici qu'ailleurs. 
Au sein du sanctuaire lui-même, il n'y avait finalement rien
de particulier, peut-être plus de gens venus prier
qu'à l'accoutumée mais c'est tout.
Lorraine, prise d'une crise de courage (ou de faim peut-être)
aiguë a profité de cette soirée pour
goûter les célèbres takoyaki, les boulettes de
poulpe, ce qui ne l'a pas emballée outre mesure et c'est un
doux euphémisme (évidemment, comment on peut mettre
un truc à ventouses dans sa bouche ? Ca me dépasse...
)
Les festivités se sont terminées vers 21h et nous
avons alors pris le chemin du retour toutes ensemble.
Il y avait énormément de monde mais bizarrement au
Japon je trouve que la foule n'est jamais oppressante (même
si on se fait allégrement bousculer XD).
Enfin ça sentait vraiment l'été ce
soir-là, même s'il faisait pourtant moins chaud et je
suis bien contente à l'idée de me dire que ce n'est
que le début des matsuri
!
Je sens que je ne vais pas encore beaucoup dormir durant le mois
qui va suivre moi... 
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