Accueil Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 08/10/08 19:40 / 172 articles publiés
 

Sengawa  posté le samedi 22 septembre 2007 14:39

Après avoir fini de manger les restes de la veille (encore chez Lorraine !) nous voilà reparties en vadrouille pour découvrir un peu le coin de nuit. Quand on nous avait proposé cet échange à Paris, on parlait d'un couvre-feu assez strict mais finalement il n'en est rien.
Même si les grilles de l'université ferment à 19h, nous pouvons sortir par la porte devant notre immeuble et rejoindre la "ville" par une petite ruelle.
Il fait déjà nuit depuis 18h mais il fait toujours aussi chaud, j'adore déjà ce quartier parce qu'on se croirait exactement dans Shenmue, le jeu vidéo Sega qui m'a fait découvrir et aimer le Japon il y a six ans : le même type de maisons, de bruits, de commerces. Si j'en ai l'occasion, j'irai visiter le vrai Dobuita, le quartier où se déroule l'action du jeu.
Il paraît que beaucoup de gens qui aiment le Japon sans y être allés sont déçus quand ils sautent le pas, moi pas : c'est encore mieux que ce que j'imaginais.
Sengawa est un assez petit quartier mais il a quand même une gare à dix minutes à pied de chez nous et on y trouve absolument de tout et par chance c'est un coin vraiment pas cher. Nous testons d'abord l'incontournable : le 100 yens shop !
Le Japon regorge de ces magasins qui vendent de tout à des prix dérisoires, j'ai ainsi pu acheter des choses de la vie courante qu'il manquait dans l'appartement (porte-savon, passoire etc) et remplir mon frigo pour moins de 5000 yens (30€) !
Le truc génial, c'est qu'il y a tous les jours des promos d'enfer sur les produits qui se périment le jour même ou le lendemain, j'ai pu trouver une barquette de viande pour moins d'un euro (et il y a avait de quoi faire !)
Les fruits sont vraiment énormes, je soupçonne les nippons d'utiliser des produits un peu bizarres, à moins que ce soit l'oeuvre du soleil et de l'humidité seuls. xD
Il y a un magasin qui vend des CD, DVD et jeux d'occasion là encore pour vraiment pas cher, et d'autres qui en louent à des prix raisonnables. Il y a les incontournables salles d'arcades pour tout otaku qui se respecte.
Nous avons pu repérer plusieurs konbini (abréviation de l'anglais convenience store), des supérettes de quartier ouvertes 24h/24 et 7j/7, bref à priori on ne manquera de rien !
Enormement de gens roulent à vélo, donc il faut faire généralement attention à ne pas s'en prendre un de plein fouet ! Le coin regorge de petits restaurants traditionnels aux salles minuscules, il y a de la place pour une quinzaine de personnes environ.
Après notre expédition, nous rentrons nous coucher car le lendemain nous avons rendez-vous avec Yoko à 13h pour de nouvelles formalités.
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Mercredi 19 septembre  posté le samedi 22 septembre 2007 13:38

Après une bonne nuit de sommeil pour récupérer, nous retrouvons Mme Nakai pour nos inscriptions à l'université. Les cours de japonais sont obligatoires, en revanche comme nous sommes dispensées de frais d'inscription il nous est possible de choisir d'autres cours de notre choix, j'ai opté pour l'étude des chansons en anglais, un cours sur la traduction et un troisième sur les animes au cas où je serais refusée dans l'un des deux précédents.
Mme Nakai nous remet nos "sceaux", afin de pouvoir signer nos documents. En effet, au Japon les gens n'ont pas de signature mais une sorte de tampon à leur nom appelé hanko, je suis toute fière d'avoir le mien !
Nous faisons ensuite la connaissance de Yoko, une étudiante parlant français qui est chargée de s'occuper des démarches administratives hors de l'université nous concernant.
Mme Nakai nous réinvite cette fois-ci dans un restaurant "italien". Il est assez drôle de voir la manière qu'ont la japonais d'adapter les plats des quatre coins du monde de façon à ce qu'ils ressemblent à de la cuisine nippone (mais c'était très bon ^_^).
Une fois le repas terminé, nous partons toutes les trois avec Yoko, commencant à être à court de liquide je m'arrête à un distributeur où je manque d'avoir une attaque : il ne veut pas me verser mes billets, or ma carte est internationale. En fait j'ai compris plus tard que je demandais une trop grosse somme d'un coup et j'ai pu tirer du liquide sans problème (pour information les japonais paient quasiment tout en liquide, ils n'utilisent jamais leur carte bancaire ou leur chéquier).
Nous prenons le train pour aller à la mairie de Chofu, pour l'instant je ne comprends quasiment rien au système de trains locaux, express, semi-express etc mais j'espère que ça viendra. ^_^'
En tout cas c'est moins le bordel qu'en France, les gens font la queue devant les marques au sol signalant les portes et ne bousculent pas tout le monde une fois le train arrivé.
J'ai entendu dire qu'il y avait des "pousseurs professionnels" pour faire rentrer tout le monde aux heures de pointe, je suppose qu'ici je n'en verrai pas, à mon avis c'est plus valabe pour les grands quartiers de Tôkyô.
Yoko nous a montré la carte Imagine R japonaise : la carte Pasmo !
C'est beaucoup plus pratique et beaucoup moins coûteux : la carte elle-même coûte seulement 500 yens (3€), elle est valable sans limite de temps pour le train et le bus et il suffit de la recharger quand on en a besoin aux bornes d'achat.
A la mairie nous nous faisons enregistrer en tant qu'étudiantes étrangères, nous aurons notre carte de résident dans environ deux semaines.
En tout cas je n'en suis pas revenu de la rapidité et de l'efficacité de l'administration nippone ! On a pas beaucoup attendu et tout allait du premier coup.
Nous voilà ensuite parties dans une agence téléphonique : ce n'est pas obligatoire mais avoir un portable sera plus pratique, surtout compte tenu des prix d'ici. Nous y avons passé trois plombes parce que les filles n'arrivaient pas à se décider et changeaient tout le temps d'avis. -_-
Au final tout le monde a trouvé son bonheur mais Victoria et moi étant mineures devant la loi japonaise, nous devons attendre d'avoir reçu la signature de nos parents (la majorité japonaise est à 20 ans) pour avoir nos portables respectifs.
J'ai pris un système par carte car si je l'utilise aussi peu qu'en France je risque pas de me ruiner au niveau téléphonique ! xD
Yoko nous a laissé après ça et nous avons décidé de profiter de la soirée pour découvrir un peu notre quartier.

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Bienvenue chez moi  posté le samedi 22 septembre 2007 04:40

J'en reviens pas d'un tel luxe, je quitte un 9m² au huitième étage sans douche et avec toilettes sur le palier pour me retrouver dans un studio luxueux au premier étage ! xD
J'ai la télé, la clim (enfin là-bas quasiment tous les logements et magasins et sont équipés), un autocuiseur, une cafetière, une machine à laver, des gadgets dont je serais bien incapable de dire à quoi ils servent et carrément une sorte de tableau de bord pour la baignoire sur lequel on peut programmer précisément le niveau de l'eau dans le bac si l'on veut prendre un bain, la température à deux degrés près, il y a même un bouton sur lequel appuyer en cas de malaise ! xD Enfin tout ça est bien trop technologique pour moi, j'évite de trop toucher à ça, j'ai peur de faire des bêtises, les engins modernes et moi ça fait deux !
J'ai même un tapis chauffant pour cet hiver, normalement je devrais recevoir d'ici quelques jours une table basse et le tour sera joué.
Je n'ai pas pu vous le montrer à cause de la lumière mais j'ai aussi un petit balcon avec de quoi étendre mon linge.
C'est vraiment l'appartement japonais moderne classique.
Bonne visite !
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Petites explications avant de poursuivre  posté le samedi 22 septembre 2007 03:57

Shirayuri est une université catholique pour jeunes filles située dans la ville de Chofu.
Le campus comprend le bâtiment principal qui abrite tout le service administratif et les salles de cours, un couvent et une chapelle mais ces deux derniers sont relativement à l'écart et ne concernent pas la plupart des étudiantes, par contre il n'est pas rare de croiser des soeurs se baladant sur le campus (et le prêtre habite en dessous de chez nous donc on va avoir intérêt à se tenir à carreau ! ^_^)
L'université a quatre filières principales : la psychologie et la culture "infantile", la langue japonaise où l'on forme des futures professeurs de japonais langue étrangère, la langue et la littérature anglaises et la françaises.
Lorraine n'est pas considérée comme étudiante mais comme employée, elle est assistante de langue dans le département de français, elle va aider les étudiantes, proposer des activités, participer aux clubs etc.
Victoria et moi appartenons au département de japonais où nous allons servir de "cobayes" au étudiantes qui veulent enseigner le japonais. Mais d'autre part nous allons aider Lorraine en assurant des permanences dans la salle d'études françaises et en l'assistant dans les activités. En tant que boursière, Victoria est obligée d'assurer ce travail, moi non, mais comme je serai rémunérée ça me permettra de payer le loyer et une partie des charges, ce sera en plus une excellente occasion de rencontrer des japonaises et pouvoir parler avec elles.

(Je n'ai pas encore pu faire des photos de l'université, j'ai trouvé celle-ci sur le net, c'est la vue qu'on a quand on sort du bâtiment principal).
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Arrivée à Shirayuri  posté le samedi 22 septembre 2007 03:04

Nous voilà enfin dans le bus, bon sang ça fait du bien de souffler un peu, mine de rien ça fait presque 24h que j'ai pas dormi et un tel départ ça met la pression, je commence à me relâcher. Mais pas question de s'endormir ! On en a pour deux heures de bus avant d'arriver à Kichijoji et d'ici là y'a des choses à voir ! Je savais qu'il n'y avait pas de mur mitoyens au Japon à cause des séismes mais ça fait tout de même bizarre de voir ça "pour de vrai". Il y a des voies d'autoroutes partout : à gauche, à droite, en haut, en diagonale. Comme nous sommes sur l'autoroute, nous ne passons pas au coeur de la ville mais on peut voir de loin les hauts buildings qui ont fait la réputation de Tôkyô, et au passage la tour de Tôkyô, bâtie sur le modèle de notre tour Eiffel ainsi que Disneyland (déjà deux endroits à visiter ^_^).
Arrivées à Kichijôji nous prenons le taxi pour Shirayuri et arrivons enfiiiiin après environ vingt minutes à l'université. J'explique au gardien qui nous sommes et il nous laisse entrer dans le sublime parc qui mène au bâtiment principal : il y a des arbres magnifiques qui bordent l'allée, une bambouseraie et les seuls bruits qui nous parviennent sont le chant des oiseaux et des insectes, sûrement des sortes de cigales, je ne suis pas calée en entomolgie nippone. ;p
A l'accueil nous nous annonçons et nous retrouvons Mme Nakai, Sato et Nishimura qui nous accueillent très chaleureusement. Après nous avoir présentées à la plupart des gens du service administratif, elles nous guident jusqu'à nos appartements. Cinq minutes à peine de l'université à pied et au calme ! Les balcons donnent sur une cours et la porte sur une ruelle calme, que demander de plus ?
Gentiment Mme Sato nous a acheté de quoi petit déjeuner pour le lendemain matin. Après nous avoir expliqué comment fonctionnait les engins "modernes" de l'appartement et avoir bien insisté sur le fait qu'on pouvait compter sur elles si quelque chose n'allait pas, elles nous laissent nous installer. Elles sont vraiment très gentilles, je sens qu'on va vite se sentir comme chez nous. ^_^
On nous présente également à M. Nakata, je n'ai pas trop compris son rôle mais il habite en dessous de chez nous et je crois que c'est un peu notre "bricoleur" attitré en même temps qu'une sorte de concierge. ^_^'
Il n'est même pas 14h, ça me laisse le temps de prendre une petite douche et faire une sieste avant l'arrivée de Lorraine vers 17h.
Une fois celle-ci arrivée, rebelotte pour les présentations, notamment au président et à quelques soeurs de l'université. Que de courbettes et de "yoroshiku onegai shimasu" pour une seule journée ! Une fois les formalités terminées, Mme Nakai nous montre une petite échoppe à gauche de l'entrée de l'université où l'on peut acheter des bentô. Elle nous offre de quoi nous remplir généreusement l'estomac et nous allons déguster notre festin chez Lorraine histoire de papoter et commencer à se connaître un peu mieux toutes les trois. Rentrée dans mon nouveau chez moi, j'allume la télé histoire de voir quels genres de programmes passent chez nos amis nippons et je tombe sur un drama avec le beau Shun Oguri ! Si j'ai bien compris ce devait être Hana kimi,  mais je me suis endormie en plein programme pour conclure cette première journée nippone qui m'a laissé une très bonne impression malgré la fatique !
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