Accueil Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 08/10/08 19:40 / 172 articles publiés
 

Samedi 29 : le feu d'artifice de Chôfu  posté le lundi 01 octobre 2007 09:50

Et voilà, on meurt de chaud pendant deux semaines et le soir du feu d'artifice, il pleut !
Bon heureusement il ne s'agit que de quelques gouttes, pas de quoi annuler le feu d'artifice donné à l'occasion de la fin de l'été.
Après avoir passé la journée à glandouiller entre deux révisions, nous retrouvons Emilie, Mai et Miwa à 18h devant la gare de Sengawa pour aller assister toutes ensemble au feu d'artifice de Chofu. J'ai expérimenté ce soir-là les célèbres trains tôkyôïtes bondés, et je remercie mes parents, la nature ou le ciel de m'avoir faite grande, avantage d'autant moins négligeable au pays du Soleil Levant.
Bref après avoir été écrasées, broyées, compressées, nous arrivons à destination. Il faut vraiment être aveugle et sourd pour ne pas se rendre compte qu'il se passe quelque chose ce soir à Chofu. Il y a énormément de gens, et beaucoup de demoiselles en yukata (un kimono léger en coton porté à l'occasion des festivals estivaux où pour dormir dans les hôtels).
Si l'on ne connaît pas le chemin il suffit de suivre la foule, pas besoin de se demander où elle va.
Malheureusement le feu d'artifice a déjà commencé, pas grave : il y en a pour une heure !
Finalement nous n'allons pas jusqu'au bout du chemin, on a une très bonne vue d'à peu près partout dans Chofu et il y a déjà beaucoup de gens là où nous nous arrêtons (Miwa et Emilie nous avaient prévenu qu'il risquait d'y avoir du monde mais finalement ça allait).
Ca sent bon la nourriture, des vendeurs vantent les mérites de leur yakisoba et okonomiyaki pour les spectateurs affamés. Le feu d'artifice est donné en l'honneur de la fin de l'été, on sent bien que c'est le début de l'automne : même s'il ne s'agit que d'une bruine il a plu toute la journée par intermittence et le temps s'est nettement rafraîchi...
Je ne suis pas bêtement pro-japonaise mais pour ce qui est des feux d'artifices, les français devraient sérieusement en prendre de la graine.
Notre 14 juillet fait bien pâle figure comparé au feu d'artifice banal d'une ville de banlieue tôkyôïte, alors qu'il s'agit quand même de notre Révolution ! : p
Qui sait, leur art leur vient peut-être de leur voisins continentaux inventeurs de la poudre ?
J'étais frustrée en France de ne voir ce spectacle qu'une fois par an, alors ici je vais m'en donner à coeur joie : en effet au Japon, principalement en été, il y a souvent des feux d'artifices pour la moindre occasion.
Il paraît que les plus beaux sont à Sendai, la capitale de Miyagi (au nord de Tôkyô).
Après ce magnifique spectacle, nous rentrons à Sengawa et allons au restaurant avec Miwa et Emilie. La technologie de nos amis nippons m'impressionnera toujours : dans certains restaurants, une fois notre choix fait, il y a un petit bouton sur la table sur lequel appuyer pour que l'on vienne prendre notre commande !
Une fois notre délicieux repas achevé (on s'est déchaîné sur les desserts), les filles repartent de leur côtés et Lorraine, Victoria et moi allons dans un centre de jeux et je suis étonnée de voir qu'il n' y a pas que des otakus mais aussi des gens normaux ! xD
On se fait évidemment avoir par la machine à grappin (incontournable) mais au bout de quelques essais Lorraine finit par faire tomber une peluche (en grande partie grâce à l'aide d'un employé sympa qui nous donnait plein de tuyaux ^_^).
Mais le meilleur est à venir ! J'ai découvert ce qui va engloutir en partie mon budget : je ne sais pas comment nommer cette machine mais en gros il y a deux joueurs avec deux batons dans les mains, face à deux espèces de bongos. On choisit le niveau de difficulté, une musique ridicule et c'est parti ! Il faut cogner sur le bongo en rythme avec les smileys qui défilent. ^_^
C'est pas cher (100 yens/joueur), c'est très con et surtout très drôle.
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Jeudi 27 : ma première cérémonie du thé !  posté le jeudi 27 septembre 2007 08:31

Aaaah quel moment d'émotion !
A midi Victoria et moi retrouvons Yuki, une étudiante que nous avons rencontrée lundi et qui nous a proposé de nous emmener dans le club de thé pour assister à une cérémonie.
Au passage c'est dingue comme Yuki est un prénom populaire de notre génération ! J'en ai déjà rencontrée quatre depuis mon arrivée ici  !
Nous voilà donc parties toutes les trois en direction d'une maison derrière l'université, c'est vraiment LE pavillon traditionnel : genkan (partie basse où l'on se déchausse avant de monter sur le tatami), tatami, pièces séparées par des shôji et fusuma (porte coulissantes, tokonoma (refoncement dans le mur où l'on met généralement des objets de décoration).
Nous rencontrons le professeur, vêtue d'un kimono, qui nous prie de nous asseoir le long du mur.
La cérémonie du thé (cha no yu ou sadô) est venue de Chine par un moine bouddhiste mais c'est la classe guerrière qui lui donnera l'aspect qu'on connaît aujourd'hui pendant la période Muromachi (1392-1467). Le rituel, accompli par des maîtres des thé, était l'occasion de se retrouver pour parler de tout et de rien et où le statut social n'avait pas d'importance, enfin pour tout ce qui est Histoire, Wikipedia s'en sort beaucoup mieux que moi alors je reviens à ma propre expérience :
On nous apporte une petite pâtisserie faite de pâte de haricots rouges posée sur un petit papier (kaishi), à découper avec une sorte de petite baguette en bois et à déguster pendant que Yuki prépare le thé.
Elle prend tout d'abord de l'eau dans une cruche (mizusashi) avec une sorte de louche (hishaku) et la verse dans le bol à thé (chawan) pour le nettoyer. Elle verse ensuite l'eau "sale" dans un pot prévu à cet effet (kensui).
Elle prend alors un peu de poudre de thé (usucha) dans un récipient laqué (usuki ou natsume) avec une sorte de cuiller (chashaku) et le verse dans le bol avant de remettre un peu d'eau chaude provenant d'une bouilloire (kama) et de mélanger le tout au moyen d'un petit fouet (chasen). Tous les mouvements sont calculés et effectués avec beaucoup de rigueur et de grâce.
Une fois le thé prêt, Yuki tend la tasse au professeur qui nous la présente. Nous nous inclinons, prenons le bol de la main droite et le posons sur la paume de notre main gauche, il faut ensuite tourner le bol dans le sens des aiguilles d'une montre trois fois de la main droite avant de le porter à notre bouche, le bol toujours posé sur la paume gauche.
J'ai encore du mal à cerner la politesse japonais car apparemment il n'est pas nécessaire d'attendre que les autres convives aient été servis pour boire, je ne peux pas l'affirmer, mais en tout cas le professeur nous a enjoint à boire alors que les autres n'avaient pas encore été servis, sans doute pour que le thé ne puisse pas refroidir.
Le thé en poudre japonais utilisé dans la cérémonie (macha) est très vert, mousseux et amer, personnellement j'aime beaucoup mais je sais qu'il rebute pas mal d'occidentaux habitués au thé anglais.
On ne parle pas pendant la cérémonie, on se relaxe et savoure le moment présent en profitant du calme, de la nature qui borde le pavillon et la décoration de celui-ci.
A la fin de cette cérémonie et après maintes inclinations, nous nous levons pour repartir et bon sang qu'est-ce que j'ai mal aux jambes ! Je manque de tomber plusieurs fois à cause des fourmis (mais comment font les japonais pour rester aussi longtemps assis sur leurs jambes ?!) Je ne sais pas si nous pourrons nous inscrire à ce club car c'est tout de même très codifié et comment dire... Derrière la préparation du thé c'est tout un état d'esprit, une sorte de spiritualité et en moins d'un an je ne sais pas si je pourrais vraiment en saisir l'essentiel, même s'il ne s'agit que d'un club et pas d'une grande école.
De plus j'ai l'impression de commettre sans cesse des bourdes en tant qu'étrangère, en tout cas Yuki nous a invité à revenir au moins pour assister à la cérémonie, à défaut d'apprendre à préparer le thé. ^_^
Il y a encore beaucoup de choses qui m'échappent et j'espère pouvoir mieux en profiter la prochaine fois !
J'ai trouvé une citation qui résume bien ce que j'ai ressenti : « La cérémonie du thé requiert des années d’entraînement et de pratique… bien que l’ensemble de cet art, comme ses détails, ne signifie pas plus que faire et servir une tasse de thé. La chose la plus importante consiste à ce que l’acte soit réalisé de la manière la plus parfaite, la plus polie, la plus gracieuse et la plus charmante possible. »
J'essaierai d'aller voir aussi le club d'arrangement floral (ikebana) et de calligraphie, tous les aspects de la culture nippone m'intéressent, c'est terrible d'être aussi curieuse ! ^_^
Pas d'autre événement majeur pour cette journée si ce n'est que j'ai encore fait plein de connaissances au futsuken et que je vais joindre avec plaisir l'association des étudiantes qui prévoit pleiiiiin de sorties intéressantes ! (du style combat de sumô, spectacle de kabuki, visites de musées etc...)

Là encore, j'ai trouvé la photo sur le net, je me voyais mal leur dire : "ah attendez cinq minutes, je vais chercher mon appareil !" ^_^'
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Mercredi 26 septembre  posté le jeudi 27 septembre 2007 07:48

Tout d'abord je reviens sur le cours de traduction de Mme Nishimura : C'EST LA CATA JE M'EN SORTIRAI JAMAIIIIIS !
Le cours est totalement en japonais (bon ça c'est normal), mais elle mitraille à une des ces vitesses ! J'ai réussi à comprendre que la montagne de livres qu'elle nous exposait était la bibliographie conseillée et ensuite nous sommes passées à la pratique : un polycopié en français dans les mains (ça va) : il s'agit d'un poème (ça va déjà moins), en québécois (ça va plus du tout).
Mais le pire est à venir...
Il nous faut maintenant choisir un paragraphe de cette engeance satanique et le traduire en japonais de manière à faire un haiku (soit trois vers de cinq, sept et cinq syllabes).
Pourquoi la poésie me persécute où que j'aille ? Nous voilà par groupe de trois, penchées sur cette abomination qui est à rendre pour la semaine prochaine (déjà un vers de fait, plus que deux, courage !!!)
Heureusement, une fois cette séance de torture finie, je fais de nouvelles connaissances très intéressantes au futsuken : des étudiantes qui préparent le "concours d'éloquence" qui a lieu chaque année à Kyôto. Mme Nakai nous demande si nous souhaitons les accompagner pour les aider à se préparer : ET COMMENT ! Elle a dû comprendre en voyant ma tête qu'elle avait prononcé le mot magique. Kyôto, la capitale culturelle du Japon...
Départ le jeudi 8 novembre par bus de nuit (ça coûte beaucoup moins cher) et retour le lundi matin si tout va bien. Ca devrait normalement nous laisser un peu de temps pour faire du tourisme huhu ! (^_^)V
Nous en profitons pour demander aux étudiantes si elles savent à quelle heure passent les drama (séries) : à chaque fois que j'allume la télé, c'est généralement pour tomber sur des émissions culinaires stupides, je veux voir Shun Oguri, Tetsuji Tamayama, Toma Ikuta et j'en passe ! L'autre jour je suis tombée sur le Qui veut gagner des millions ? japonais ! : D
C'est exactement la même chose que chez nous : même musique, même design, pas le même Jean-Pierre hélas... Et on devient plus facilement millionaire en yens qu'en euros ! ^_^
Je voulais filmer ce moment intense mais malheureusement l'émission touchait à sa fin...
Je finis la journée en feuilletant les manuels que nous a prêtés Mme Adachi : ceux-ci sont en anglais alors que celui que j'utilisais en France était tout en japonais, généralement les phrases types suffisaient à me faire comprendre la structure et les cas de figure dans lesquels on les utilise mais c'est tout de même plus pratique d'avoir des explications grammaticales, même si elles sont en anglais.
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Première galère de taille : l'argent !  posté le mardi 25 septembre 2007 15:47

Eh oui, car j'ai beau vivre un rêve éveillé, je ne vis malheureusement pas d'amour et d'eau fraîche et il me faut un minimum de sousous dans la popoche pour me nourrir comme tout un chacun.
Tout emballée par mon beau compte postal (paruru xD) tout neuf, je comptais donc transférer l'argent de mon compte français sur celui-ci : monumentale erreur !
La poste ne peut nous fournir de RIB ou de numéro d'IBAN, et sans ça, impossible de transférer quoi que ce soit.
Pourquoi dans ce cas ne pas ouvrir un compte en banque ? Eh bien car ici je suis encore mineure et d'autre part, restant moins d'un an, il peu probable qu'une banque quelle qu'elle soit me permettrait d'ouvrir un compte...
Restait bien une solution : Western Union : UN point pour tout Tôkyô à Nihonbashi, à l'opposé de chez moi et qui ferme à 15h (inutile de vous faire un dessin sur le merdier que ça doit engendrer...)
Bref sur certains aspects c'est très bien que le Japon soit coupé du monde mais sur d'autres c'est franchement pas pratique, au niveau bancaire en l'occurrence. >_<
Je vais donc en rester à ma méthode initiale, à savoir le retrait avec ma carte internationale et tant pis pour les taxes !
Si une bonne âme passant par ici a une idée de génie ou un conseil quel qu'il soit elle est la bienvenue ! (pleaaaase)
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Mardi 25 : nihongo o benkyôshimashô !  posté le mardi 25 septembre 2007 15:09

Réveil difficile, bon sang ce lit est particulièrement confortable et je suis encore sous le coup du décalage horaire (que j'ai appris à dire aujourd'hui : "jiza" c'est quand même beaucoup plus pratique et court que décalage horaire !)
Mme Adachi vient nous chercher à 8h50 et nous emmène jusqu'à sa salle de classe et nous devons nous présenter à celles qui seront nos professeurs de nippon pour l'année à venir.
Cette fois-ci la pression monte, nous n'aurons ni l'angais et encore moins le français auxquels nous raccrocher en cas de besoin, armées du seul japonais, nous nous lançons donc dans une conversation dont nous nous tirons pas trop mal : on trouve toujours des explications ou des synonymes pour les termes mal compris ou qu'on ne sait pas exprimer.
Il faut savoir que même si les japonais étudient l'anglais comme nous au collège et au lycée, l'essentiel de leurs cours est basé sur la théorie, la grammaire, la conjugaison etc et très peu de temps est consacré à la conversation, ce qui fait que beaucoup de japonais sont assez nuls en anglais, même s'ils connaissent pas mal de vocabulaire : pour ce qui est de former des phrases, c'est moins évident...
Mme Adachi nous soumet ensuite à un test écrit pour évaluer notre niveau : évidemment il y a plein de structures grammaticales et de kanjis qu'on ne connaît pas encore mais elle nous prévient que ce n'est pas grave, que c'est juste pour qu'elle puisse se faire une idée.
Je crois que je m'en suis pas mal sortie, j'ai pu répondre à certaines questions rien qu'avec des expressions que j'ai entendues sans les avoir étudiées en cours.
Pour l'instant je suis assez contente de mon niveau de compréhension, il a énormément progressé en l'espace d'une semaine, par contre je me sens frustrée au niveau de l'expression.
J'ai utilisé tout ce que j'ai appris jusqu'ici, épuisé les formules jusqu'à la moelle mais arrivée à un certain point je me retrouve bloquée dans ce que je veux dire au niveau de la grammaire ou du vocabulaire, j'espère que je vais progresser très rapidement ! J'ai déjà assimilé quelques trucs à l'écoute.
Le principal est que pour l'instant on arrive à toutes se comprendre : quand le japonais ne suffit plus je pallie avec le français et comme il est toujours plus facile de comprendre que d'exprimer, elles saisissent l'idée et réciproquement.
En tout cas, pas de cours de japonais avant mardi prochain... snif snif, heureusement je vais pouvoir passer mes journées au futsuken !
Juste un devoir galère à faire : un exposé, j'ai toujours détestééééééé les exposés, quelle que soit la langue ! Etre debout devant tout le monde et passer trois plombes à marmonner des choses qui n'intéressent personne, merci bien rah ! >_<
Si c'est juste histoire de parler, les conversations apportent bien plus à mons sens.
Enfin bon, maintenant il va falloir que je bosse bien mes kanjis, j'ai tendance à oublier les vingt derniers quand je pratique pas régulièrement... ^_^'
J'ai retrouvé Emilie (si si, c'est une japonaise) au futsuken, que j'avais rencontré la veille.
Je l'ai aidée un peu pour ses devoirs, elle est vraiment super gentille (je sais je le répète souvent : D), j'espère vraiment qu'on deviendra amies par la suite.
Je sais bien que les japonais ont l'habitude d'être le plus souriants et aimables possible en évitant de montrer ce qu'ils pensent mais je pense qu'en l'occurrence la plupart sont vraiment sincères.
Enfin l'avenir nous le dira !
Bon allez, mes manuels de nippons m'attendent !
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