Admirez !
Pour ceux qui trouvent encore que les carpes ne sont pas si répugnantes... posté le jeudi 04 septembre 2008 10:26
魂の旅路 (tamashii no tabiji) posté le vendredi 29 août 2008 20:56
Comment pourrait-on traduire le titre de ce morceau de nos amis
de JJJB... Voyage spirituel ?
Mardi 12 août : retour dans le Tochigi
La sonnerie crispante du réveil me tire de mes doux songes
vers 8h30 le matin du 12, j'ai encore dormi moins de six heures
cette nuit...
Ces derniers temps j'ai vraiment pris la mauvaise
habitude de me coucher à pas d'heure.
Je me réfugie
derrière le fait que me coucher à 3h passées
m'aidera à me réhabituer à l'heure
française (dans le genre excuse bidon...
)
J'ai rendez-vous avec Ai et Senpai directement dans le train qui
nous ramènera dans le Tochigi.
Ai a tout
noté sur un petit bout de papier, elle a même
gribouillé un petit schéma pour m'indiquer dans
quelle voiture monter, j'ai un peu l'impression d'être prise
pour une demeurée mais au fond je suis touchée par
l'intention.
J'obtempère sagement aux ordres du petit papier et retrouve
les deux tourtereaux quand le train arrive à Ikebukuro, et
ne tarde pas à fermer les yeux pour tenter de
récupérer un peu de sommeil. Ai et Senpai me croient
endormie et je sens bien que ça s'agite autour de moi,
qu'ils se servent de moi pour faire les pignoufs, prendre des
photos, ça m'amuse alors je les laisse faire, même si
j'ai du mal à me retenir de rigoler. 
Qu'est-ce que j'envie les gens qui arrivent à s'endormir
n'importe où à n'importe quelle heure, moi si je ne
suis pas dans un lit... 
Bref nous arrivons à la maison à peu près pour
l'heure du déjeuner : okaa-san nous a préparé
plein de bonnes choses. Ca fait tellement longtemps que je n'ai
rien mangé qui ressemble à de la vraie cuisine que
j'engloutis tout ça en un temps record tout en savourant
tout de même chaque bouchée. Trop occupée ces
derniers temps, je survis au niveau alimentaire en alternant les
boui-boui pas cher et les plats tout préparés du
konbini.
A peine le temps de digérer que nous voilà partis
pour la piscine du coin.
J'ai un peu peur : je n'ai qu'un deux pièces de plage, pas
de bonnet de bain : ça va passer quand même ? Sont
tellement tâtillons en France, je n'ose pas imaginer ce que
ça donne au Japon.
Pas de problème, m'assure Ai, ici ils sont très
tolérants.
En effet, ce que je vois en arrivant près du bassin me
sidère : des gens sont carrément en train de nager
tout habillés, en short et Tshirt, sous l'oeil du
maître nageur qui ne semble pas y trouver quelque chose
à redire.
Pourtant l'eau n'est pas sale outre mesure et surtout, surtout ! il
n'y a quasiment personne, seulement quelques enfants et leurs
parents dans le petit bain.
Nous nous enduisons mutuellement de crème solaire et sautons
dans l'eau (froide !)
Senpai est un homme qui aime le danger, qui aime prendre des
risques !
Il déboule dans la piscine muni de son appareil photo
histoire d'immortaliser quelques-unes de nos pignouferies
aquatiques.
Puisque on est là, autant en profiter pour faire raffermir
nos chairs molles, je me lance dans quelques longueurs mais je ne
tarde pas à être stoppée dans mon élan
sportif par une Ai déjà fatiguée qui veut
aller faire du shopping.
Ainsi soit-il : allons donc faire du shopping, c'est les vacances,
tout me convient (et après il y en a encore pour me
qualifier de ch*euse, tss...
)
Il y a bien longtemps que j'ai renoncé à chercher des
vêtements susceptibles de m'aller dans ce pays, en revanche
mon frère est grand et sec comme un nippon et c'est
bientôt l'anniversaire de ce pignouf : peut-être
aurais-je des chances de lui trouver quelque chose.
T-shirt moulant rose, short faussement usé, santiags dignes
des plus grandes rois lionnes de Shinjuku... je ne me ferai
décidément jamais à la notion de
virilité de nos amis nippons...
Tiens ! Une chemisette avec
un mont Fuji et des fleurs de cerisiers ! Violette en plus, 100%
style homme de main de yakuza, vendu ! 
Mais un garçon à dix-sept ans, ça change
beaucoup... Bon, il doit être gaulé à peu
près comme Senpai, ce dernier propose gentiment de servir de
mannequin, hélas ça a l'air d'être un peu juste
et je dois me rabattre sur la taille au-dessus qui n'existe qu'en
vert : c'est raté pour l'effet yakuza !
J'achète quand même la chemisette, fière de ma
trouvaille et nous finissons la journée dans un restau de
cuisine française pour fêter l'anniversaire
d'okaa-san.
Le pain est bon, ça, oui, je ne leur retire pas, mais la
nourriture... du concentré de gras.
J'ai l'impression que je vais prendre cinq kilos rien qu'en
regardant ce " steack haché " dégoûlinant de
graisse. Est-ce ainsi que l'on perçoit la nourriture
française ?
Je zieute un peu les tables alentours, tout le monde a l'air de se
régaler, je ne vais pas gâcher le bonheur familial
quand on me demande si c'est bon et et si ça ressemble bien
à la nourriture française. " Oui, oui,
réponds-je tout de même d'une petite voix, surtout le
pain... " 
En rentrant à la maison, je prends mon bain et me jette dans
le futon, j'ai l'impression de ne pas avoir dormi pendant des
jours.
Je suis bientôt rejointe par Ai et Senpai qui lui dort
dans le lit, tout seul.
Une petite visite surprise d'otoo-san qui
doit vouloir s'assurer que sa fille chérie ne partage pas le
même lit que son copain et nous pouvons nous endormir la
conscience tranquille.
Je me réveille en pleine nuit et obtiens une nouvelle preuve
flagrante de mon manque de féminité dans ce pays :
j'étais en train de dormir exactement dans la même
position que Senpai : sur le dos, main derrière la nuque,
l'autre sur mon ventre, genou replié, il n'aurait plus
manquer que je ronfle... Je suis tentée d'éclater de
rire face à cette similitude (le poil aux pattes au moins
tout de même...) en nous comparant à Ai si mignonne
qui dort recroquevillée sur elle-même comme une petite
chose fragile mais à 4h du matin ce serait peut-être
un peu malvenu...
Mercredi 13 : Edo Wonderland
7h du matin, otoo-san déboule dans la chambre
(peut-être encore pour vérifier si tout le monde a
bien dormi à sa place...) : debout les enfants ! Dans une
heure on part pour Nikkô, on va visiter Edo Wonderland
!
Edo Wonderland... Ca me dit quelque chose. Ah oui ! Cette
reconstitution d'un village de l'époque d'Edo (1603-1868)
où on peut se balader en louant des déguisements
(brochure en français ici !)
Je m'extirpe péniblement de mon futon. Aïe, ouille,
c'est pas la forme, j'ai des brûlures d'estomac et un bon mal
de crâne, serait-ce déjà le stress du
départ ?
Vers neuf heures, voilà toute la petite famille
arrivée au fameux Edo Wonderland. Le site est
entourée par les montagnes, ce qui n'empêche pas la
journée de s'annoncer plus que chaude. Nous achetons des
ombrelles pour nous protéger du soleil et commençons
notre exploration en croisant diverses personnes qui se sont
prêtées au jeu du déguisement et qui se
baladent en samouraï, geisha, ninja, des costumes que l'on
peut louer à l'entrée du village.
Je jouerais bien le jeu moi aussi mais il fait trop chaud pour
porter un costume de ce genre, en plus je suis toujours aussi mal
en point qu'au réveil, j'espère que ça va
passer... 
Salons de thé, exposition d'armures de sabres de
samouraï (faux), estampes (fausses elles aussi),
théâtre, maison " hantée " sur le thème
des ninjas, les activités et choses à voir ne
manquent pas mais mon attention est vite attirée vers la
rivière où il semble y avoir de l'action.
En effet
une ARMEE de carpes sont en train de se grimper les unes sur les
autres dans un bruit de succion et ouvrent grand leur bouche
immonde dans l'attente de nourriture que leur jettent des
enfants.
J'en ai vu des carpes durant mon séjour mais jamais elles ne
m'ont semblé aussi répugnantes et surtout aussi
nombreuses. Ai se penche sur le ponton et met son doigt dans leur
bouche, que ces sales bêtes s'empressent d'essayer
d'aspirer.
" Mais arrête, m'écrie-je indignée, c'est
dégueulasse !
- Mais non, rit-elle, c'est marrant, ça chatouille, tu
devrais essayer !
- Pas question, jamais !! Beurk, ça me donne envie de
vomir.
- Elles sont trop mignonnes, j'aimerais bien en adopter une... "
conclue-t-elle en soupirant.
Sans commentaire. 
Nous continuons notre route et arrivons jusqu'à la place du
" village " où des ninjas donnent un spectacle en faisant
participer des enfants. Nous choississons plutôt d'entrer
dans un des petits théâtre où un spectacle de
magie avec de l'eau va commencer.
C'est sympa mais ce qui me marque surtout c'est tout ce
gâchis... surtout quand il fait aussi chaud ! Toute cette eau
perdue, qui va s'évaporer sans avoir servi (pour un usage
utile j'entends) quel malheur...
A la fin de la représentation, nous continuons notre
exploration du village, je m'attarde particulièrement sur la
prison où sont enfermées et torturées
plusieurs pauvres poupées (je suggérerais bien qu'on
les remplace par les niards hurleurs...) pendant qu'Ai et Senpai
regardent une petite pièce de théâtre. Un
monsieur vient gentiment me donner quelques explications sur la vie
dans les prisons à l'époque.
Eh bien mieux valait être un honnête homme !
Mon chemin m'emmène ensuite jusqu'à la visite d'une "
maison de l'histoire " où sont mis en scène quelques
événements historiques importants de l'époque
Edo : je suis fière de reconnaître la plupart sans avoir à lire les légendes. 
Mes brûlures d'estomac reprennent de plus belle, je lutte
pour ne pas marcher pliée en deux et adopte le visage " tout
va très bien ", après tout, il n'y a rien à
faire de toute façon sinon attendre que ça
passe.
Nous avons lu sur la brochure que diverses processions avaient lieu
dans la journée, c'est donc sans surprise que nous entendons
vers midi une annonce nous prévenant qu'un mikoshi va
être porté le long de l'allée principale du
village.
Nous sommes enjoints à prendre un bol
traînant au pied de baquets et à le remplir d'eau pour
le balancer sur le mikoshi quand il passera à notre
portée.
Peuh, même pas impressionnée, j'en ai
porté un de mikoshi moi, un vrai d'abord ! 
Et pas un en bois
Ikea comme celui qui arrive vers nous, balancé dans tous les
sens par les porteurs/employés d'Edo Wonderland.
Balancer l'eau sur le mikoshi... mon oeil ! Ceux qui sont
trempés des pieds à la tête, ce sont les
porteurs. Je soupçonne certains nippons de prendre un
véritable plaisir à balancer ainsi des litres d'eau
à la tête de ces pauvres garçons, c'est qu'ils
récidivent en plus !
Heureusement qu'il fait chaud.
J'ai
tout de même un peu de scrupule à arroser un parfait
inconnu en plein labeur mais comme je vise mal de toute
façon l'eau que contenait mon bol s'abat sur la tête
de quelqu'un et non pas sur le mikoshi qui est bien plus sec que
ses porteurs. 
Nous partons après ça et je pense que c'est une bonne
décision étant donné que le ciel devient
menaçant. Ca ne loupe pas : l'orage éclate pendant
que nous déjeunons dans un restaurant de soba perdu au
milieu de nulle part.
Ai se tourne vers moi : " tu entends ? L'orage du Tochigi est
différent des autres coins du Japon, il est vraiment fort
ici tu ne trouves pas ?
- En fait je trouvais plutôt que les orages qu'on avait eu
jusqu'ici étaient assez faibles. En France ça
ressemble plus à ce qu'on entend maintenant. "
Je me sens de moins en moins bien, j'ai tellement mal à
l'estomac que j'en viens à avoir la nausée, j'ai
l'impression qu'on est en train de tirer dessus pour l'entortiller
dans tous les sens, sans compter le mal de crâne qui a repris
de plus belle.
Heureusement qu'on n'a rien prévu pour l'après-midi,
je ne peux plus cacher que je me sens mal et dès qu'on
arrive à la maison je vais m'écrouler sur le futon en
grelottant malgré la chaleur.
Je déteste être malade devant tout le monde : les gens
s'inquiètent et vous n'allez pas mieux pour autant. Les
parents d'Ai ne savent pas quoi faire pour que j'aille mieux, ils
proposent même de m'accompagner à l'hôpital mais
je ne veux surtout pas : je me rends compte que je veux juste
être seule et comater tranquillement. 
Plus ils sont aux petits soins, moins je me sens bien, ça
m'ennuie tellement qu'ils se fassent du souci pour moi. Du coup
j'exprime avec quelque hésitation mon souhait de rentrer
chez moi dans la soirée : j'ai peur qu'ils le prennent mal,
qu'ils soient vexés... Je ne sais pas ce qu'il est en pour
vous mais quand je suis malade je veux juste être seule :
pouvoir gérer la clim comme je l'entends, manger si j'en ai
envie et à l'heure que je veux.
Heureusement Ai comprend très bien mon sentiment et ne se
formalise pas du tout de ma volonté de les abandonner
lâchement, le reste de la petite famille non plus
d'ailleurs.
Otoo-san me propose même de me raccompagner en voiture,
inquiet de savoir si j'arriverais à rentrer chez moi toute
seule. Je le rassure et insiste pour rentrer en train, il
abandonne.
Je suis vraiment mal de m'enfuir comme ça, surtout que c'est
mon dernier séjour ici mais l'idée de passer encore
une journée dans cet état et hors de mon cocon me
paraît insurmontable...
Ils me raccompagnent à la gare vers 19h et okaa-san me
confie un bentô pour le dîner.
Incorrigible okaa-san... je culpabilise encore plus de partir comme
une voleuse. 
Arrivée chez moi pliée en deux après un trajet
qui ne m'avait jamais semblé aussi long, je me régale
de ces boulettes de riz préparées avec amour tout en
lisant le sourire aux lèvres le petit mot qu'a glissé
okaa-san dans le sac pour me dire de vite recouvrir la
santé.
Heureusement que nous ne nous sommes pas quittés sur ce
départ précipité, nous nous reverrons la
semaine prochaine pour aller à l'aéroport.
J'appelle pour les rassurer et m'endors quelques secondes
après m'être glissé dans mon lit.
Jeudi 14 : au revoir les garçons
Je me réveille en bien meilleure forme que je ne me suis
couchée hier.
Qu'est-ce qui m'est arrivé finalement ?
Mystère. Bah le principal c'est que ça aille mieux
!
J'ai toute la journée pour légumer avant que nous
n'allions avec Lorraine assister à notre dernier concert de
JJJB. Le dernier... je ne percute pas vraiment. Il s'est
écoulé tant de temps depuis le jour où on
s'est rencontrés quand on se les gelait au parc de Yoyogi
?
Je m'en souviens encore très bien. Est-ce que je vais
réussir à ne pas pleurer ce soir ?
Et si je pleure, est-ce qu'ils seront gênés, est-ce
que je pourrais les prendre dans mes bras pour me consoler ? Je
suis en tout cas quasiment sûre qu'ils seront beaucoup moins
affectés que nous.
Je passe la journée à glandouiller et arrive le
moment où on se retrouve devant la salle, puis devant la
scène de la Mama, à Shibuya.
Je suis bien contente qu'ils jouent là ce soir, je ne compte
plus les fois où nous sommes venues dans cette salle. Ca
leur est bien arrivé deux ou trois fois de jouer ailleurs,
mais si je devais les rattacher à un endroit, ce serait bien
celui-ci.
Lorraine prend quelques photos de la salle et des posters qui
ornent les murs depuis que nous sommes au Japon (et sûrement
depuis bien longtemps avant même...)
Ce soir JJJB est le dernier groupe à passer, ils sont
finalement arrivés à la " meilleure place ", celle de
ceux qui ont le privilège de clôturer la
soirée.
Je suis un peu déçue : Tarô déboule avec
un costume normal alors qu'il m'avait promis de mettre son costume
à fleurs ringard pour nous faire plaisir.
La grosse tête se met à chanter, les trois autres
à jouer de leurs instruments, ils enchaînent tous les
morceaux que j'aime, l'ordre n'aurait pas pu être meilleur,
tout pour me pousser aux larmes.
Pourtant et contre toute attente, je n'ai pas envie de pleurer.
Lorraine non plus, visiblement.
Je suis nostalgique, mais contente
et je n'ai pas le moral dans les chaussettes.
Peut-être que
j'ai accumulé trop de fatigue pour réaliser.
Ils terminent en beauté avec mon morceau
préféré : Saiseisan rock puis quittent la scène, les lumières
baissent.
Alors, ça y est ? C'est fini ? Déjà... J'ai
envie de crier " encore ", de demander un rappel.
Ca ne peut pas être déjà fini. Je ne suis pas
prête psychologiquement ! XD
Peut-être ont-ils entendu mon appel muet, voilà
Tarô qui revient sur scène et qui annonce : " bon,
c'est pas vraiment un rappel mais il y a une chanson qu'on aimerait
jouer... Vous savez normalement les groupes de rock gardent leur
chanson la plus bruyante pour le rappel, mais là pour le
coup, elle est assez calme...
C'est une chanson qui s'appelle Tamashii no tabiji, elle est
dédiée aux gens qui voyagent...
J'avais envie de la
chanter... Bref, écoutez s'il vous plaît. "
Je reconnais cette chanson aux premières notes, elle est sur
le CD mais ils ne l'avaient encore jamais jouée jusqu'ici,
à aucun de leurs concerts où nous étions
allées (c'est-à-dire quasiment tous XD). En effet
elle est assez calme, pas terrible pour mettre une ambiance de feu.
Dédiée aux gens qui voyagent...
Serait-ce possible que... ? Non, je dois me faire des idées.
J'interroge Lorraine, elle pense à la même chose que
moi. Finalement nous n'oserons jamais leur demander, de peur de
mourir de honte si le fait qu'ils jouent cette chanson
précisément ce soir n'est pas un clin d'oeil qui nous
était destiné.
Je me laisse porter par la mélodie, en repensant à
tous les moments passés avec eux : nos karaokes, le tour en moto avec Tarô, le yakiniku et le débat sur Godard, la soirée jeux vidéo avec la Nintendo Pikachu d'Oi-chan, la bataille de neige, la découverte du saucisson...
Cette fois-ci, les larmes ne sont pas loin mais elles ne sortent
pas, pourtant je n'essaie pas spécialement de me
retenir.
Peut-être que j'ai tout simplement enfin compris que ces
derniers jours ici n'étaient pas plein d'adieux mais de
simples au-revoirs.
Le morceau se termine mais Tarô ne lâche pas son micro
: " désolé, finalement, ce n'est pas encore fini !
Pour être un groupe de rock digne de ce nom, il faut qu'on
finisse ce concert sur notre morceau le plus bruyant, c'est
inévitable ! "
Ils se marrent et entament les premières notes de 61
gôsen.
Le concert est terminé pour de bon. Cette fois c'est bel et
bien fini.
Je suis moins frustrée que tout à l'heure, maintenant
j'ai même une sorte de sentiment de devoir accompli,
d'achevé (mais bien sûr pas dans le sens où
c'était une corvée hein ! XD)
Nous sortons de la salle avec Lorraine et attendons devant qu'ils
finissent par sortir.
Quand ils nous verront, nous salueront-ils rapidement juste avant
de partir, prétextant qu'ils sont occupés ? Nous
attendons en inspectant une moto garée devant la salle, en
commençant à imaginer son propriétaire : serait-ce un
jeune homme du bâtiment avec des muscles et sa serviette sur
la tête ?
Quelle déception quand nous voyons sortir
d'un immeuble voisin un étranger de type kéké
qui chevauche cette moto et y installe derrière lui sa
japonaise aux genoux désarticulés.
Les minutes passent, se font longues, les garçons finissent
par sortir.
Nous discutons un peu tous ensemble, je leur ai apporté les
terrines qu'il me restait en stock, ils sont tous prêts
à bondir dessus comme des rapaces et décident
finalement de les jouer à pierre-papier-ciseau.
Je finis par
me retrouver je ne sais trop comment en tête à
tête avec Ma-chan.
" Alors ça y est... vous partez...
- Hé oui, c'est venu vite finalement.
- Tu l'as dit. Alors tu reviens quand ? Au plus tôt.
- Ben, je reviens pas en fait.
- Ah bon ?? Pas du tout, du tout ? Je croyais que c'était
prévu !
- Non, je reviendrai sûrement, mais ça dépendra
de beaucoup de choses, je ne sais pas...
- J'aurais aimé qu'on fasse un peu mieux connaissance, je
suis désolé de ne pas être très sociable
et de n'être jamais venu boire un coup avec vous.
- C'est pas grave, on gardera contact grâce au saucisson
maintenant que vous êtes accro.
Je vous en enverrai, et
n'oubliez de m'envoyer le nouvel album !
- Ca marche, je t'enverrai des gyoza senbei, c'est une
spécialité du Tochigi ! Ca donne vraiment mauvaise
haleine mais c'est super bon !
- Ben forcément, si c'est au gyoza... " conclue-je en
souriant.
Il ne reste plus beaucoup de temps avant le dernier train mais
Tarô propose que nous allions tous boire un verre ensemble,
nous savons bien que c'est pour une occasion spéciale,
même s'il ne prononce pas le mot fatidique... " Pot d'au
revoir "
Une fois installés, j'engueule ce naze de Tarô pour ne
pas avoir mis le costume que nous aimons tant, il se défend
en prétextant que le pressing ne l'a pas encore
nettoyé.
Ce soir la copine d'Oi-chan est là aussi. LA fameuse copine
d'Oi-chan.
Elle a longtemps attisé ma curiosité, je
me demandais quelle genre de japonaise pouvait être
attirée par Oi-chan et surtout comment elle supportait ses
infidélités (jamais évoquée
explicitement avec nous mais souvent sous-entendue). Finalement
c'est un petit bout de fille normale, discrète mais mignonne
et a l'air assez posé.
Je suis bluffée par son sang-froid et son amabilité
envers nous. Comme elle doit nous haïr... (moi à sa
place je me serais haïe. Si mon copain dormait de temps en
temps avec deux japonaises j'aurais envie de les trucider, c'est
une réaction humaine et parfaitement normale, non ?
)
On parle de tout et rien, on rigole comme d'habitude et au moment
de se dire au revoir devant la gare, on préfère se
quitter normalement, sur un " à plus " banal.
Pas de longs au revoirs, pas d'ambiance pesante ni de larmes, c'est
bien mieux comme ça.
Nous reviendrons !
Pour que la boucle soit bouclée, de retour à Sengawa
nous allons avec Lorraine manger au Royal Host, le restaurant qui
reste ouvert le plus tard et celui où nous avions l'habitude
d'aller après les concerts de Juke Joint Jive Band.
Après, je ne me souviens plus. Je me rappelle juste avoir
écouté leur CD en boucle dans la journée qui a
suivi, en me remémorant nos bos souvenirs la banane aux
lèvres.
Je suis vraiment heureuse de les avoir rencontrés !
Photo : Oi-chan en star du RnB avec sa bande autour de lui !
XD
De gauche à droite : Ma-chan, Yûka, l'amie d'enfance
de Kô-chan, Oi-chan, moi, Lorraine, Tarô avec sa
terrine à la main et en bas Kô-chan
J-2 posté le mardi 19 août 2008 19:47
Pouaaah je ne pensais pas que j'aurai autant de choses à
faire avant le départ et surtout, que plier bagages pouvait
prendre autant de temps !
J'ai bien envie de vous raconter tout ça mais en ce moment
c'est vraiment pas possible, je le ferai une fois rentrée en
France quand je serai à nouveau au calme. 
Je n'aime pas écrire avec trop de retard parce que les
impressions s'estompent et seuls restent les souvenirs, c'est un
peu moins vivant mais je ferai de mon mieux ! 
En attendant, une petite liste des dix choses que je vais
être triste de quitter et dix autres que je vais être
contente de retrouver, hormis les gens (c'est si évident que
c'en est pas drôle...)
Dix choses que je
vais être triste de quitter :
- les konbini : qu'est-ce c'est pratique ce truc, tous les objets
indispensables à la vie quotidienne à portée
de main en permanence. La seule faille que j'ai pu constater en un
an : pas d'ampoule ! La lumière est-elle donc moins
indispensable à un japonais que les nombreux magazines porno
vendus dans les konbini ? Et comment ils font pour lire leur
magazine s'ils ont pas de lumière, hein, hein, hein ?
- le karaoke
- le sentiment de sécurité n'importe où et
à n'importe quelle heure
- les concerts et les Galbo qui vont avec (des ptits gâteaux
au choco qu'on a pris l'habitude d'acheter avant chaque
concert...)
- le Fanta Grape
- le japonais (la langue, pas l'homme ! je vais être triste
de ne plus pouvoir le parler tous les jours... sans compter que je
vais devenir nulle XD)
- les saisons bien marquées et les paysages magnifiques
propres à chacune d'elles
- le kotatsu, la table basse chauffante qu'on utilise en
hiver
- l'umeshu, l'alcool de prune (je ne buvais pourtant jamais
d'alcool avant de débouler ici)
- les bains publics
Dix choses que je vais être contente de retrouver
:
- de la viande, de la vraie ! 
- des mouchoirs dignes de ce nom avec lesquels on peut
vraiment se moucher et pas juste s'essuyer le nez (les jours de
rhume c'était affreux...
)
- Paris
- l'anonymat : parfois c'était marrant d'être connue
de tout le monde à la fac et d'être observée
dans les lieux publics mais d'autres fois j'aurais aimé
qu'on oublie mon existence et me fiche la paix, pour vivre heureux
vivons cachés !
- des vêtements à ma taille
- un environnement masculin dans la vie quotidienne (je comprends
pas cette obstination qu'ont les Japonais à séparer
les filles des garçons mais ça les aide pas !)
- des températures raisonnables (parce que 37° ça
va bien cinq minutes hein...
)
- la lecture : j'ai quasiment pas lu cette année faute de
temps et de comprendre tous les kanjis mais c'est vraiment un
passe-temps que j'apprécie beaucoup et je compte bien m'y
remettre, pareil pour les DVD
- mon chien (j'espère qu'il m'a pas oubliée et qu'il
va pas me mordre...)
- les soirées à glandouiller devant la
télé avec ma mère et mon frère
Voili voilou, plus de nouvelles plus tard mais en tout cas, sachez
que je suis plutôt contente de rentrer alors que je pensais
il y a quelques mois que ce serait la fin du monde ! 
Photo : un purikura pris avec Ai l'an dernier
Après l'effort, le réconfort posté le vendredi 15 août 2008 19:18
En fait ce voyage date d'avant la journée à la
mer, mais on s'en fiche...
Vous remarquerez que je ne me fêle pas souvent pour trouver
des titres originaux aux articles de ce blog mais passons...

Les 7 et 8 nous sommes allées passer toutes les trois avec
Lorraine et Miho une nuit à Yugawara, une ville près
de Hakone réputée pour ses sources chaudes.
Miho y connaissait un ryôkan très bien où elle
était venue plusieurs fois avec son copain.
Au programme de cette petite escapade : rien. Le
néant.
Et qu'est-ce que ça fait du bien de ne rien faire, de ne
rien prévoir. Juste traîner, se baigner,
traîner, se baigner, traîner... (bref vous avez
compris). 
Dans le train, déjà, ça sentait vraiment les
vacances : au fil des stations les gens étaient de moins en
moins nombreux et les buildings grisâtres remplacés
par de la verdure à profusion et par la mer. Les panneaux au
design sophistiqués propres aux lignes JR ont fini par
disparaître pour laisser place à des panneaux bien
plus délabrés.
A ce moment-là, j'ai commencé à vraiment me
sentir en vacances (je vous explique comment fonctionne mon cerveau
tordu : panneau JR = Tôkyô, grandes villes = quotidien
; panneau délabré = province = vacances.
Désolée je suis peut-être la seule à
trouver un rapport entre les panneaux délabrés et les
lieux de détente... XD)
A notre arrivée à Yugawara vers 15h, les montagnes,
un ciel bleu magnifique, la chaleur et le chant des cigales qui va
avec étaient là pour nous accueillir.
Je voudrais faire une petite parenthèse au sujet de ces
fameuses cigales, les " semi " car c'est vraiment un
élément indisociable de l'été
japonais.
Comme tout le reste des insectes de ce pays elles sont
énormes et quand on tombe nez-à-nez avec le bestiau
on comprend pourquoi elles sont aussi bruyantes, pas besoin de
loupe pour les observer, je vous le dis ! 
J'adore les entendre chanter mais j'aime beaucoup moins quand elles
croisent mon chemin. Commes ces trucs-là meurent vite et
qu'ils sont très nombreux, quand on se balade de nuit c'est
toujours un peu l'aventure ! Il faut faire attention à ne
pas les écraser sous peine d'en avoir plein la semelle,
parfois on croit ces fourbes insectes morts et on s'approche
poussé par la curiosité scientifique avant de
s'aperçevoir que le truc bat encore des ailes, qu'il a
tellement grandes d'ailleurs que ça le fait carrément
sauter.
D'autres fois on sort le parapluie pour éviter qu'ils nous
tombent des arbres et quand c'est encore bien vivant il arrive que
ça nous percute de plein fouet ou que ça s'agite
contre notre porte attiré par la lumière, nous
empêchant ainsi d'aller sortir nos poubelles tranquillement
!
Bref l'été au Japon c'est un combat de tous les jours
contre la faune locale ! 
Mais revenons-en à nos moutons. A notre arrivée au
ryôkan nous avons été accueillies par une femme
en kimono qui nous a conduit dans notre chambre en nous fournissant
des explications dans un keigo qui m'a donné l'impression de
passer pour une reine. 
Et il n'y avait d'ailleurs pas que cette façon de s'adresser
à nous qui portait à le croire : " mais qu'est-ce que
cette chambre ? Une entrée, une première petite
pièce, une pièce principale plus grande que mon
appartement ? Une salle de bain privée et des toilettes avec
cockpit ? Le tout bien sûr dans un décor se voulant
traditionnel - tatami, shôji, fusuma, ikebana - (je viens de
me rendre compte que c'est contradictoire avec les toilettes de
l'espace...) pour notre plus grand bonheur à Lorraine et moi
(eh oui car nous restons de pauvres fans attardées du Japon
émerveillées par le moindre pan de porte coulissante
que nous voyons...
)
On nous a apporté le thé avec un peu de gelée,
avons fait les imbéciles avec la machine masseuse de pieds
et sommes allées profiter du rotenburo, le bain en plein air
qui nous était réservé pour une
demi-heure.
Au départ j'appréhendais un peu : autant j'avais
trouvé les sources chaudes très agréables en
plein hiver, autant je doutais que ça puisse l'être
quand dehors il fait déjà si chaud.
Finalement ça l'était tout autant : en fait on ne
ressent que la chaleur du bain et plus du tout la chaleur ambiante,
même si la température de l'eau est un peu moins
élevée qu'en hiver.
De notre terrace nous avions une vue magnifique sur les montagnes
environnantes dont nous avons largement profité avant de
sortir de notre bain au bout du temps imparti.
Nous avons ensuite décidé de nous balader un peu en
ville et sommes tombées sur un magasin de location de DVD.
Il se trouve que la chambre disposait justement d'une
télé et d'un lecteur, nous n'avons pas
hésité bien longtemps.
Plus que l'envie de faire du tourisme ou même de bouger tout
court, une seule envie dominait : celle de glander.
Nous avons opté pour un film qui nous obsédait depuis
longtemps tant on nous bourre le crâne avec à la
télé : Koizora : une histoire d'amour de lycéens bien
culcul la praline comme seuls les japonais savent en inventer. Tant
mieux : ce serait facile à comprendre !
Finalement à la fin nous faisions moins les malignes et
étions presque au bord des larmes !!!
En effet le pauvre Hiro était malade et se savait
condamné mais le cachait à sa petite amie pour ne pas
qu'elle le prenne en pitié...
(ça m'émeut trop ces
bêtises, pas vous ?)
A 19h, on nous a apporté la première partie du
dîner. Je dis la première partie car c'était
là un vrai défilé qui avait commencé et
qui allait durer environ une heure et demie.
Là je dois dire que j'ai été assez malheureuse
: je n'aime vraiment pas la kaiseki,
la cuisine japonaise raffinée et traditionnelle, je lui
préfère de loin la cuisine familiale (c'est
l'échec de mon intégration qui me reste en travers de
la gorge XD).
J'ai donc picoré ça et là ce que je pouvais
manger, prenant au passage quelques photos de ces plats qui
étaient magnifiquement présentés, à
défaut de les manger.
Heureusement que les filles étaient là pour prendre
ce dont je ne voulais pas, un tel gâchis m'aurait fendu le
coeur...
Une fois la panse remplie, nous avons entrepris de regarder le
deuxième film que nous avions loué : Sakuran, adapté du manga du même nom par
Moyoco Anno.
Ce film raconte l'histoire d'une femme qui devient oiran, le
rang le plus haut que pouvaient atteindre les prostituées
durant l'ère Edo.
Et là... c'était fichu pour la compréhension.
Tout ce que j'ai compris, c'était quasiment à partir
des images. Le langage des charretiers de l'époque d'Edo
n'est pas à ma portée, je suis tout juste bonne
à comprendre les niaiseries d'une lycéenne
mièvre ! 
En tout cas ça faisait très longtemps que j'avais pas
glandé devant des DVD comme ça, j'avais oublié
à quel point c'était agréable.
Après avoir été rendre les films nous avons
été au bain où il n'y avait pas un chat
grâce à l'heure un peu tardive et c'est toutes rouges
et avec la peau toute douce que nous en sommes sorties pour
retrouver notre chambre où les futons avaient
été installés et sur lesquels nous nous sommes
empressées de rouler (il faut savoir cultiver les plaisirs
du quotidien, même stupides !)
Après avoir papoté jusqu'à assez tard nous
nous sommes endormies comme des bébés et sommes
reparties tranquillement le lendemain matin après un petit
déjeuner copieux (cette fois-ci dans la salle commune
contrairement au dîner luxueux de la veille qui nous avait
été servi dans notre chambre).
Bref c'était court mais génial, y'a rien de tel que
les sources chaudes pour se détendre et c'était
vraiment sympa de partir avec Miho, d'habitude on se retrouve
toujours toutes les deux avec Lorraine vu que les nippons n'ont
jamais le temps ! 
Et le tout pour seulement 15 000 yens par personne, ce qui peut
paraître cher mais ne l'était assurément pas
étant donné la qualité du service, de la
nourriture et de la chambre elle-même.
Pourquoi les villes japonaises sont-elles si propres ? posté le lundi 11 août 2008 17:58
Réponse : parce qu'ils balancent tous leurs
déchets dans la mer !
Eh oui, c'est l'été, il fait beau, il fait chaud, on
est sur île, on est en vacances... (vous voyez où je
veux en venir je présume) : on part en excursion à la
mer ! *\o/*
Aaaah, que nous l'avions attendu ce fameux jour à
Shônan-Enoshima avec Saori et Miho.
C'est vers 12h après une heure et demie de train et de
nombreux changements que nous sommes arrivées à
destination : ça sentait la meeeer !
Pas besoin de se demander où était la plage : il
suffisait de suivre tous les gens en maillots de bain. Je pensais
que les japonais étaient plus pudiques de ce
côté-là et qu'ils n'osaient pas se balader en
ville en maillot : que nenni ! Et la plupart n'avait même pas
pris la peine de mettre un tshirt histoire d'être un peu
présentables. 
Nous sommes entrées un moment dans un konbini,
c'était assez marrant de voir que tous les gens vaquaient
tranquillement à leurs occupations de consommateur, mais en
bermuda ou en deux-pièces ! XD
Mais trêve de plaisanterie : nous n'étions pas venues
faire du tourisme et le Pacifique nous attendait (oui
carrément, je vois les choses en grand !)
Premier détail intéressant : je suppose que vous
légumez sur votre serviette de plage quand vous allez
à la plage (c'est d'une logique implacable), mais nos amis
nippons, eux, apportent une sorte de bâche comme celle qu'ils
utilisent lors du hanami ou des hanabi et se posent
là-dessus, ce qui n'est pas bête d'ailleurs
étant donné que ça évite que la
serviette se retrouve pleine de sable une fois
mouillée.
Comme à toute plage qui se respecte, il y avait des gamins
sages ou hurleurs, des kékés, des touristes, et des
p*tasses qui bronzent et qui avaient l'air de concourir pour le
prix du maillot le plus hideux/criard/vulgaire/ridicule/kitsch
(rayez les mentions inutiles selon les cas).
En revanche, chose étonnante : pas une seule n'avait les
seins à l'air, le topless n'a pas l'air d'être de mise
au Japon et j'avoue que ce n'est pas plus mal, hélas
beaucoup étaient plus tartinées de maquillage que de
crème solaire (c'est un truc qui m'échappe : s'il y a
bien un endroit où ça sert à rien d'être
maquillée, c'est bien la plage, non ?
)
Quant aux garçons qui se fichent bien d'avoir un teint de
porcelaine, ils étaient tout bronzés voire même
carrément noirs, les japs ont vraiment des facilités
pour bronzer.
Ce qui est loin d'être mon cas ! C'est donc après
l'observation de la faune locale, la délimitation de notre
territoire et après nous être barbouillées de
crème que nous nous sommes mis à courir vers la mer,
comme dans les beaux films ! 
De ma serviette j'ai couru comme une débile dans les vagues
et je me suis
vautrée j'ai sauté dans l'eau tiède
(c'est le Pacifique tout de même !) avec toute la grâce
dont je dispose, tel Angel-Taka dans son dernier clip huhu.

Passée l'euphorie de toute personne qui se jette dans la mer
par 35°, j'ai relevé la tête et j'ai vu... plein
d'ordures ! " Oh, un sac plastique, tiens ça
m'étonne de la part des japonais... bof après tout
ça arrive aussi en France... " ; " Tiens, un bol de cup
noodles... d'autres morceaux de plastiques, des canettes, c'est
crade ! " ; " Euh des chaussettes, des mouchoirs sales... mais mais
mais ! C'est franchement dégueu ! " 
Quand on interroge les japonais sur la mer au Japon, ils nous
répondent toujours qu'elle est sale, qu'il ne faut pas s'y
baigner. Jusqu'à présent j'avais toujours
pensé qu'il s'agissait là d'une énième
preuve d'humilité de leur part, mais non !
Pour une fois, c'était bel et bien vrai, et pas qu'un
peu.
Enfin bon, nous étions tout de même venues jusque
là alors autant en profiter ! Heureusement les cochonneries
flottaient vers le rivage et si on s'avançait un peu plus
vers le large, ça allait nettement mieux, même si
l'eau était marron et qu'on aperçevait à peine
son propre corps, le sable avait au moins le mérite
d'être doux. 
Je pensais qu'on serait envahi de monde, que ce serait invivable
(nous sommes au Japon après tout...) mais bizarrement, non
!
Peut-être que le fait que ce soit un jour de semaine jouait
en notre faveur mais au moins nous étions tranquilles,
personne n'est venu coller sa bâche à
côté de la notre !
Saori avait gentiment préparé des onigiri, on aurait
dit une vraie petite maman.
Je dégustais donc ma boulette de riz sous notre superbe
parasol loué pour seulement 1500 yens quand j'ai repris mon
observation des plagistes.
Depuis que c'est l'été il y a un truc qui a tendance
à me déprimer : les filles ont ressorti leurs
mini-shorts exhibant leurs cuisses dépourvues de cellulite.
J'avais fini par croire la mort dans l'âme qu'elles
étaient toutes bien fichues mais il semblerait que ce soit
juste celles qui peuvent se le permettre qui portent ce genre de
choses !
En effet : pas mal de nanas avaient un bon petit bidon et des
cuisses pas toujours très fermes, ce qui m'a rassuré
et m'a prouvé que finalement je n'étais pas si
difforme que ça (pardon c'était la minute question
existencielle de fille...
)
En tout cas avec Lorraine nous avions revêtu de superbes
shorts hawaïens de mecs, nous attirant parfois le regard
amusé, les sourires ou des signes de main encourageant des
intéressés. 
Toutes les filles devraient faire pareil : c'est plus
agréable de se baigner avec, ça fait moins de
crème solaire à étaler, moins de chance de
choper des coups de soleil, moins de poils à épiler
(non, j'abuse là... XD), on ne sent pas le regard insistant
de certains mâles sur son postérieur, que celui-ci
soit joli ou pas... je vote pour !
L'odeur de l'iode, de la crème solaire, le son des vagues,
du sable doux, de la bonne compagnie et la sensation d'enfin ne
plus être difforme dans ce pays : cette journée
était magnifique mais cependant un peu gâchée
par un détail pénible (outre la saleté de
l'eau) : la présence de haut-parleurs tout le long de la
plage s'escagassant à faire de la pub pour le nouveau single
de tel ou tel artiste de j-pop moisi.
Nous sommes retournées à l'eau plusieurs fois, louant
au passage une bouée géante pour faire les pignoufs
dessus mais avons abandonné après nous être
fait piquer par de viles méduses, particulièrement la
pauvre Saori qui a eu les jambes ravagées (hélas la
mer n'est pas crade au point de faire crever ce genre de sale
bête...)
A 17h, la " journée plage " était officiellement
terminée, nous avons donc rendu notre matériel, les
gens ont ramené planches, jet ski et autres bouées et
surtout, surtout ! les haut-parleurs ont enfin cessé de
cracher leur soupe et nous avons pu profiter de ce moment de paix
royale pour admirer la mer en toute sérénité
avant de reprendre nous aussi le chemin de la maison,
fatiguées mais heureuses de cette journée ambiance
vacances absolues ! 
Petit détail marrant : j'avais souvent entendu parler d'un
truc que les japonais font quand ils vont à la plage :
apporter une pastèque, bander les yeux de quelqu'un et lui
confier une batte pour l'éclater après l'avoir fait
tourner plusieurs fois sur lui-même pour le
désorienter.
Eh bien je n'ai vu personne le faire aujourd'hui !
On aurait dû en apporter et le faire nous-mêmes...

Photo : moi et Miho en plein saut (j'adore le mec
derrière qui s'est incrusté ni vu ni connu
XD)
Jeux du moment : Bioshock 2 PC | Bioshock 2 PS3 | Call of Duty : Modern Warfare 2 360 | F1 2009 Wii | Assassin's Creed II : Discovery DS



