Accueil Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 06/07/09 15:20 / 178 articles publiés
 

Ce n'est qu'un au revoir  posté le mercredi 08 octobre 2008 19:40

Et voilà, ce blog touche à sa fin.
Même s'il y a aura sûrement encore quelques publications d'articles par-ci par-là, mes aventures en territoire nippon sont, elles, bel et bien finies !
172 articles, 586 commentaires, 16 267 visiteurs uniques et pas loin de 40 000 consultations : le moins qu'on puisse dire, c'est que ce blog n'aura pas été laissé à l'abandon !
J'avais tellement de choses à dire sur cette expérience, j'ai pourtant l'impression de ne pas être parvenue à vous transmettre la moitié de ce que j'ai observé, appris, ressenti...
C'était parfois vraiment dur de trouver le temps et la motivation pour écrire ce blog mais je suis contente d'avoir pu le mettre à jour régulièrement et j'espère que vous avez eu autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire.
Je voudrais surtout remercier tous mes lecteurs, qu'ils soient commentateurs aguerris ou simples visiteurs de l'ombre car c'est grâce à vous si j'ai pu mener mon récit à terme.
Sans vos visites assidûes et vos gentils commentaires, j'aurais sans doute été plus paresseuse et aurai fini par laisser tomber, à regret.
Merci donc de m'avoir soutenue directement ou indirectement et si ce blog a pu vous occuper durant les longues soirées d'hiver, vous apprendre des choses sur le Japon, vous divertir pendant vos heures de trou etc... et bien j'en serais très contente et considérerais qu'il a atteint son but.
Je n'aime pas trop la formule " lach t kom " mais j'espère que chacun de vous me laissera un dernier commentaire sur cet article et que ceux qui m'ont lue sans s'être jamais manifesté me laisseront ici une petite trace de leur passage : ça me ferait très plaisir.  {#}

Merci à tous et à bientôt !

Camille

Photo : une créature que je suis contente d'avoir retrouvé : P

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Et le temps s'écoula...  posté le dimanche 05 octobre 2008 17:13

Après avoir assisté à un drôle de concert nocturne de groupes bizarres et inconnus où j'ai pu approcher Riu (le bassiste de Metronome) de très très près et sans maquillage (gyaaaah), j'ai vu les premières lueurs de l'aube se lever sur le port d'un Yokohama désert.
Après avoir dit au revoir à Miho et Saori à la fin d'une après-midi pluvieuse chez Lorraine en leur laissant des gâteaux et bonbons pour un régiment, après avoir traîné une dernière fois seule à Ueno et Asakusa pour acheter quelques souvenirs et au passage maudire des losers français qui bavaient sur d'innocentes japonaises, après avoir été dans une izakaya de Shibuya très louche avec Ai, Yôsuke et Takashi, après m'être baladée une dernière fois avec Mayu-san (la copine de concert de Lorraine) à Roppongi pour contempler Tôkyô de ses hauteurs, après avoir été généreusement invitée par le sensei d'Alex pour un cours un peu particulier de jujitsu et avoir dit au revoir à mon Ch'ti préféré, après avoir fait une dernière nuit blanche au karaoke avec Gan et Shû, le soleil s'est levé sur le Japon, annonçant le 21 août, le moment pour moi de faire mes adieux à ce rêve éveillé.

Il ne me restait plus grand chose à ranger dans mon appartement, j'avais déjà envoyé une grande partie de mes affaires par bateau et par avion.
Mais mine de rien, ça m'a bien pris une petite semaine pour ranger tout ce qui restait : on commence par enlever les posters aux murs, sortir du placard les vêtements qu'on ne remettra pas, ranger les petits bibelots superficiels, mettre ses CD dans un coin de la valise et puis on en arrive à trier la nourriture en se demandant ce qu'on va donner et ce qu'on va jeter, et là on sent que ça commence à sentir le roussi.
Le signal se met à clignoter : départ départ départ départ départ !
J'avais sous-estimé la tâche, si bien que quand Ai est arrivée à 15h, je finissais tout juste le ménage et le tri des ordures alors que je croyais avoir une bonne marge de temps.
En un sens, ce n'était pas plus mal : je n'ai pas eu le temps de réaliser que j'allais quitter pour toujours cet endroit qui avait abrité tant de souvenirs.
Bizarrement, je n'étais pas si triste à ce moment-là, en tout cas sûrement beaucoup moins qu'Ai qui avait l'air bien plus chamboulée que moi, sans doute parce que c'était pour elle une transition plus brutale : la dernière fois qu'elle avait vu mon appartement, il était encore rempli de bazar et imprégné de traces de vie quotidienne.
Là, si ce n'est les valises qui trônaient au milieu de la pièce, on aurait pu croire à une visite d'un appartement inoccupé.
Je me suis mis à sa place et ai songé qu'il devait être bien plus difficile pour elle de me voir partir que pour moi de rentrer. Il y a toujours du nouveau pour celui qui part, des choses à découvrir ou à redécouvrir, alors que la vie de celui qui reste ne change pas, elle continue comme avant, seulement avec quelqu'un en moins.
Mes proches s'étaient retrouvés dans cette situation un an plus tôt...
Dans tout les cas, j'étais la seule à  toujours bien m'en tirer et j'en culpabilisais presque, avec cette impression d'abandonner les autres.

Otoo-san, Okaa-san et Onee-chan sont arrivés une demi-heure plus tard, j'ai descendu dans la voiture mes 40 kilos de bagages (bagage à main inclus tout de même ! XD) ainsi qu'un sac de nourriture et un autre de babioles que je laissais à Ai puis j'ai pris quelques secondes pour me " recueillir " avant de refermer la porte de cet appartement à l'intérieur duquel s'étaient passées tant de choses. Au moment de glisser la clé dans la boîte aux lettres de Lorraine à qui j'avais dit au revoir plus tôt dans la journée, j'ai éprouvé un petit pincement au coeur par rapport à cet acte qui signifiait un non-retour irrémédiable.
Malgré tout, je n'avais ni regret ni sentiment d'inachevé, je crois que je m'étais finalement préparée depuis longtemps à l'idée de rentrer en France.
Je mentirais en disant que j'étais triste : bien sûr, le fait de quitter cette petite vie idéale ne me réjouissait pas mais c'était largement contrebalancé par les retrouvailles certaines avec ma famille et mes amis.

J'ai laissé la porte du portail se refermer, je suis montée en voiture et Otoo-san a démarré mais je ne me suis pas retournée pour voir ce que je laissais derrière moi.
Mis à part le fait qu'Ai m'avait dit que j'étais habillée " façon départ " (elle a des concepts étranges...), l'ambiance n'était pas différente de d'habitude dans la voiture : Otoo-san conduisait en silence, concentré sur la route, Ai et Onee-chan papotaient en s'engueulant par moment tandis qu'Okaa-san s'assurait de savoir si tout allait bien, si nous n'avions besoin de rien, si nous voulions quelque chose à manger...
Ai s'est endormie dans la voiture et je me suis souvenue d'une fois en hiver où, de fatigue, elle avait fini par s'endormir à même mon plancher alors que je l'avais laissée cinq minutes pour sortir les poubelles.
Le ciel est devenu gris et une pluie violente s'est mis à tomber, annonçant la fin du caniculaire été nippon. " C'est le ciel qui pleure ton départ ", m'a dit Ai quand elle a ouvert un oeil.
Le temps que nous arrivions à destination, la pluie avait cessé mais le froid avait profité de cette intempérie pour s'installer et nous nous sommes dépêchés de rentrer dans l'aéroport.
Malgré quelques embouteillages en milieu de chemin, nous sommes arrivés sans retard vers 18h.

Yôsuke et Takashi devaient nous rejoindre mais nous avions encore un peu de temps devant nous alors nous en avons profité pour aller manger dans un restaurant de l'aéroport. Je crois que c'est vers ce moment-là que j'ai commencé à perdre la notion du temps : ça faisait combien de jours que je n'avais pas eu une nuit de sommeil normale ?
J'avais l'impression de pas avoir dormi depuis plusieurs jours, je me sentais vraiment fatiguée mais je ne voulais pas gâcher ces dernières heures en m'enfermant dans ma bulle, et puis l'adrénaline du départ m'aidait à me maintenir éveillée et à avoir les idées à peu près claires.
A 19h, je suis allée enregistrer mes bagages avec Ai pendant que le reste de la famille dînait encore.

Voir tous les français faire la queue a eu l'effet d'un véritable éléctrochoc et m'a fait prendre conscience de ce qui allait m'arriver : j'allais rentrer avec eux, dans notre pays, redevenir une compatriote et plus une étrangère. J'allais... partir ? Quitter le Japon ?
Ne plus rentrer à Sengawa ? Dire au revoir à Ai ? Mais non, c'était pas possible !
On allait m'expulser de chez moi ?? (à la réflexion, je m'expulsais tout seule, j'avais encore un mois de visa... {#})
Alors que je croyais avoir conscience du fait que j'allais rentrer, j'ai bien compris que j'avais été complètement à côté de la plaque jusque là et pour la première fois j'ai senti les larmes monter. Pour le coup, toute la joie à l'idée du retour avait disparu.

Ai a reçu un coup de fil des garçons et nous avons été les retrouver après que j'ai fini l'enregistrement de mes bagages (0,4 kg d'excédent : c'est qui la plus forte ? {#})
Ca me touchait vraiment qu'ils aient fait le déplacement jusqu'à Narita pour me dire au revoir et être avec moi jusqu'au bout mais j'ai été encore plus touchée quand Yôsuke m'a tendu d'un air gêné un album noir : " fais pas attention hein... c'est du travail de garçon alors les trucs mignons, on connaît pas trop... "
Ce simple album photo s'est révélé bien plus que ça : un album de souvenirs.
Il me suffisait de revoir une seule de ces photos soigneusement choisies par les garçons pour revoir toute la scène qui allait autour. Dix mois de souvenirs concentrés dans ce petit album.
A la dernière page se trouvaient une photo de Takashi et Yôsuke et un petit mot de chacun d'eux. Je me suis dit que pleurer maintenant ruinerait l'ambiance, aussi je parvins à me retenir tant bien que mal en les remerciant et nous sommes allés nous balader dans l'aéroport.
Alors que l'heure aurait pu être à la déprime, chacun a tenu bon pour sourire, rigoler et parler de choses gaies, réfléchissant même à leur venue en France à l'occasion de leur voyage de fin d'études, même si on savait tout très bien qu'au fond, on était tristes.

On s'est tous réunis vers 20h30 devant la porte des départs et le fatidique moment de la séparation est arrivé et avec lui, les larmes qui avaient fait tant d'efforts jusqu'ici pour ne pas sortir ! Okaa-san, Onee-chan et Ai m'ont toutes les trois remis une lettre et des petits cadeaux (je me suis retrouvée avec un sac d'une tonne, heureusement qu'il y a de la place dedans... XD) quand tout à coup Yôsuke s'est exclamé : " aaah attendez, je viens de réaliser que parmi toutes les photos qu'on avait prises, il n'y en a aucune où nous sommes tous les quatre ! "
L'erreur fut réparée sous le panneau affichant les départs et après avoir serré tout le monde très fort en les remerciant pour tout, je me suis aventurée vers la porte des départ, écrasée sous tout mon barda, les cheveux en bataille et la vue brouillée par les larmes.
La dernière chose que j'ai pu voir avant de me retrouver complètement seule, c'était des signes de main chaleureux et une Ai qui pleurait encore plus que moi.

Après, je me souviens que j'ai réussi à embarquer sans problème dans mon avion et au moment du décollage j'ai dû refouler une nouvelle montée de larmes.
Dans un premier temps, j'ai lu toutes les lettres qu'on m'avait remises ces derniers jours, chacune me faisant plus pleurer que la précédente (je crois que le pauvre homme assis à côté de moi a dû avoir envie de me tuer à plusieurs reprises durant le vol ! XD)
Curieusement, les larmes ont fini par s'arrêter pour faire place au sourire quand je me suis mis à faire le bilan de cette année (fallait bien que je trouve comment occuper ces quatorze heures...)
Puis il est arrivé un moment où j'étais tellement fatiguée et déconnectée de la réalité que je n'ai plus pu rien faire d'autre qu'écouter mon mp3 en boucle.
Dans l'état de légume où j'étais, même le simple fait de regarder un film me semblait requérir trop d'attention et bien évidemment je n'arrivais pas à dormir.
Malgré tout, il s'est trouvé que j'avais encore assez de force pour me dire " eh bé... ça y est je suis rentrée du bout du monde là ! " quand j'ai senti l'avion se poser et encore un sursaut d'énergie pour sauter dans les bras de mon père, le premier que j'ai vu parmi les membres de ma famille qui étaient venus me chercher, en ce vendredi 22 août à 4h15 à l'aéroport Charles de Gaulle...




Voici la traduction du " Relais du matin ", du poète Shuntarô Tanigawa.
Ai me l'a calligraphié et l'a glissé dans la lettre qu'elle m'a remise juste avant notre séparation.

Lorsque les jeunes de Kamchaka sont en train de rêver,
une jeune fille Mexicaine attend son bus en pleine campagne.
Une petite New-Yorkaise endormie se retourne dans son lit le sourire aux lèvres.
A Rome, un jeune homme s'éblouie en regardant le ciel se colorer des premières lueurs de l'aube.
Sur cette Terre où le soleil est toujours en train de se lever quelque part, nous assurons le relais.
D'une longitude à l'autre, des gens prennent la relève pour protéger ceux qui dorment encore
et si l'on tend l'oreille on peut entendre la sonnerie d'un réveil retentir quelque part au loin.
C'est la preuve que quelqu'un a bien accueilli le matin que tu lui as légué.

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Oyez oyez bonnes gens  posté le samedi 04 octobre 2008 21:26

Ne désespérez pas ! 
Il est vrai que le blog a été sacrement délaissé ces derniers temps mais n'y voyez pas là un lâche abandon de ma part ! J'ai réussi à le tenir à jour pendant près d'un an malgré le manque de temps et la fatigue alors imaginez-bien que ce n'est pas pour le laisser mourir bêtement une fois rentrée en France. Il me tient beaucoup trop à coeur pour ça !

Seulement, ces derniers temps j'ai été assez occupée avec des gens à revoir, les préparatifs de la rentrée, mon installation à Paris chez une certaine personne et bla- bla-bla.
Maintenant que j'ai retrouvé mes marques et mon rythme de travail, je compte bien accorder un peu d'attention à ce pauvre blog et finir en beauté, j'aurai sans doute pu l'achever plus tôt mais je refuse vraiment de le bâcler, quitte à ce que les articles soient longs à venir.
Je ne sais pas encore si j'aurais le temps de tout raconter (c'est que le JLPT approche !) mais vous pouvez au moins être sûrs de voir dans les deux semaines le récit de mon retour dans nos belles contrées, quitte à ce que je rajoute plus tard quelques autres articles sur des aventures de fin de séjour que je n'aurai pas racontées. Je ne sais pas si ça aura le même charme si c'est publié après le fatidique article du retour mais après tout... Quoiqu'il en soit j'ai toujours noté mes impressions à chaud sur des bouts de papiers qui traînaient quand je faisais quelque chose donc je pense que je n'aurai pas de problème pour me souvenir et écrire des choses un tant soit peu vivantes !
En plus, ça m'a bien amusée de tenir ce blog donc j'aurai sans doute un petit pincement au coeur si je devais lui mettre un point final, je sens donc que vous n'êtes pas encore débarrassés de moi et aurez sans doute de mes nouvelles de temps en temps quand l'occasion et le temps se présenteront... (du style " les aventures d'Ai à Paris " par exemple... XD)

Et voilà, je voulais juste publier un petit avis et ça a encore fini en roman...

A bientôt !

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Jusqu'au bout de la nuit !  posté le mardi 16 septembre 2008 18:03

" Quoi ? Une pyjama party ? Avec Metronome et Guru Guru Eigakan ? A Yokohama ? C'est-à-dire ?
- Je ne sais pas trop... C'est Mayu qui m'a dit qu'il y avait un " événèment nocturne " auquel participaient Sharaku et Guru Guru. Avant ça, il y a même un concert de Guru Guru, on va aller le voir, ça te dit ?
- Un peu que ça me dit ! "
C'était en juin je crois, nous nous baladions dans le parc de la fac quand Lorraine avait reçu un mail de Mayu sur son portable, lui faisant part de cette soirée où serait son chanteur à voix de Muppet préféré.

Nous avions longtemps spéculé sur ce " night event " où devait être Sharaku, Amano-san et Aniki (les deux derniers sont des membres de Guru Guru Eigakan).
Est-ce que ce serait comme la dernière fête où était allée Lorraine ? Une soirée en petit comité où une partie du groupe donnait des explications sur le nouvel album pendant que les deux autres faisaient les barmen/séducteurs ? Serait-ce plutôt un défilé de groupes durant lequel les membres se baladeraient parmi le public quand ce n'est pas leur tour de jouer ?

Ca y est ! Nous y étions ! A attendre devant cette petite salle de Yokohama que commence le concert de Guru Guru en ce samedi 16 août. La route avait passé assez rapidement bien que l'on ait pas pu s'asseoir durant une bonne partie du trajet, et nous avons retrouvé Mayu-san sans trop de difficultés aux abords de la live house.
Le concert s'est ouvert sur une espèce de gugusse guitariste aux allures de motard qui nous a fait un one-man assez rébarbatif et répétitif. Les suivants étaient Guru Guru.
Comme d'habitude, nous avons eu le plaisir de constater la bonne éducation propre aux Nippons quand une grande fille devant nous s'est gentiment écartée pour nous laisser voir, en nous expliquant qu'elle était venue pour voir le second groupe.
Ils ont  "enflammé " (ahem) la scène un petit moment et pour une fois, j'ai même eu droit à ma chanson fétiche Futari ha otona ni narimashita, rebaptisée " la chanson de Hawaii " (n'empêche que je ne dois pas avoir une imagination si débordante que ça parce que lorsque que je l'ai dit à Mayu-san, elle a tout de suite compris à quelle chanson je faisais allusion). Gokimi avait toujours le sourcil aussi gokiburesque et ne se lassait pas d'envoyer des baisers à son public de damoiselles passionnées.
J'avais eu le malheur d'oublier mes boules quies mais finalement les dégâts auditifs étaient moins importants que je ne l'avais craint, aussi, j'arrivais encore à peu près à comprendre ce que me disaient les filles quand le concert de Guru Guru prit fin.
La suite s'est avérée beaucoup moins agréable : si mes souvenirs sont bons, le groupe s'appelait Alcali5 et selon Mayu-san, ils avaient été très célèbres autrefois mais ce n'était plus vraiment le cas, d'où leur présence dans une si petite salle.
Célèbres ou pas, ce qui est sûr, c'est que le bruit qu'ils produisaient n'était pas au goût de Lorraine ni au mien alors nous nous sommes lâchement réfugiées au bar situé tout au fond de la salle pour fuir cette pollution sonore.
Je parcourai la salle du regard tout en sirotant mon jus d'orange (une vraie rebelle) quand mon regard se posa sur un étrange Gachapon.
Je jetai un regard de plus près pour tuer mon ennui quand je m'aperçus que, selon la boule tirée, on pouvait obtenir des lots Guru Guru Eigakan ou... rien du tout.
Je tentai ma chance et me retrouvai avec un beau T-shirt pour agrandir ma collection de pyjama, le troisième meilleur lot, s'il vous plaît !

Quand enfin la torture auditive prit fin, nous retrouvâmes Mayu-san dehors et nous concertâmes pour savoir que faire avant le night even, vu qu'il nous restait pas mal de temps à tuer. La priorité était évidente : se remplir le ventre pour tenir jusqu'au bout de la nuit ! Il devait y avoir une manifestion rasta dans le coin car nous croisâmes tout un cortège de nippons qui se prenaient pour des noirs, vêtus de la tête aux pieds des couleurs de la Jamaïque (quand je vous dis qu'on en trouve pour tous les goûts là-bas !)
Une fois n'est pas coutume, nous avons finalement arrêté notre choix sur le Freshness Burger, pour que je me tache comme la grosse cochonne que je suis. Le moment semblait idéal pour mettre mon nouveau T-shirt fraîchement gagné, malgré tout, je préférai consulter Mayu-san, la spécialiste, pour savoir si je risquais de passer pour une grosse otaku irrécupérable. Devant sa réponse, je me précipitai aux toilettes pour tenter d'atténuer cette tâche (d'oignon, heureusement), sur mon haut blanc (évidemment).
Nous nous attardâmes un moment pour tuer le temps, continuant à arguer que Gokimi était une incarnation de Beetlejuice.

Nous avons ensuite fait une petite balade digestive dans Yokohama, à l'heure où la température est la plus agréable durant l'été nippon. Nous avons répéré la salle puis avons décidé de faire un karaoke pour diminuer le temps qui nous séparait du début de l'event.
Karaoke spécial visu, c'était de mise.

Quand enfin nous sommes rentrées dans la salle, elle commençait déjà à être bien pleine.
Lorraine regarda son billet pour voir quels groupes allaient passer quand ce fut le drame (ou presque) : il ne s'agissait en fait pas de Sharaku mais d'Adapter, l'autre groupe de Fukusuke (où il est tout seul). Mayu-san, qui ne connaissait pas bien l'univers des membres de Metronome, avait confondu. Qu'importe !
La déception de Lorraine s'envola vite étant donné qu'elle aimait tout autant Fukusuke.
Quant à moi, commençant à piquer du nez, je m'affalai sur mon sac comme une loque.
Ce repos allait être de courte durée. Le groupe qui ouvrit le night even était des plus bruyants, ce qui me poussa, une fois encore, à me réfugier au fond de la salle.
Je me rapprochai quand, à la fin de la prestation de ce groupe, Amano-san, chanteur de Guru Guru, se mit aux platines pour animer la soirée entre le passage de deux groupes.
Le malaise de ce pauvre homme était presque palpable, de toute évidence, il était d'une timidité maladive et soutenait difficilement le regard des gens une fois hors de la scène et dépourvu du maquillage qui le cache.
Puis, après encore un autre groupe, ce fut au tour d'Aniki de mettre de l'ambiance. Ce dernier était bien moins timide, au contraire, il était même très trèès bavard. Il nous mixa ses morceaux préférés, chantant et dansant par dessus sans vergogne, même Itoshi no Eri, un remix du My Lover Ellie de Ray Charles.
Je trouvais l'ambiance vraiment sympa, peut-être favorisé par l'ambiance nocturne qui déshinibe, comment dire... plutôt qu'un concert, j'avais l'impression d'être à une fête avec des gens accessibles.

En tout cas, si ces deux membres de Guru Guru étaient là, je me dis que le cafard ne devait pas être bien loin et me tournai pour effectivement l'aperçevoir au fond de la salle, démaquillé et debout en train de papoter tranquillement avec une autre silhouette familière... Riu ! Lui aussi démaquillé.
Plus curieuse que jamais et tout excitée, je fis part de ma découverte à Lorraine et Mayu avant de me précipiter aux toilettes, qui se trouvaient précisément à quelques pas derrière les deux messieurs (l'excuse qui marche toujours !)
En sortant, je m'approchai à leur gauche l'air de rien, essayant d'éviter de sourire niaisement et tentai de regarder discrètement (pour la discrétion ça ne devait pas trop être ça : Lorraine m'appris plus tard qu'en s'étant retournée à un moment, elle avait cru que je discutais avec eux au vu de ma proximité ^^').
Si Gokiburi n'avait pas été très gâté par la nature, je ne pouvais pas en dire autant de Riu : même s'il semblait plus vieux sans maquillage, il n'en était pas moins BG pour moi avec son menton volontaire et ses beaux cheveux. Enfin, vu de trois quarts en tout cas, il m'est apparu... BG.
Je ne savais si c'était le fait de le voir assister à un concert " en civil " comme tout un chacun ou le fait d'être à un mètre de lui, en tout cas je me sentais carrément niaise. XD
J'aurais vraiment aimé lui adresser la parole, pour lui dire que j'aimais bien ce qu'il faisait avec Metronome, comment j'étais passée de la répulsion à leur égard au stade de fan assidûe (tout compte fait la première partie ne lui aurait sans doute pas plu XD) mais je n'ai pas voulu le déranger. Après tout, il était venu ici en tant qu'ami de Fukusuke et il discutait " incognito " avec son pote donc je n'avais pas le droit de m'immiscer là-dedans, le contexte ne me semblait pas approprié, aussi n'ai-je rien dit (pour apprendre quelques jours plus tard par une interview du net qu'il adorerait pouvoir communiquer avec ses fans étrangers mais que c'était souvent impossible à cause de la barrière de la langue... ARGH ! Monde ingrat !)

Je tergiversai tellement que je remarquai à peine l'entrée en scène de Fukusuke.
Ce furent les cris de fans " en délire " qui me ramènerent à la réalité : pas de doute, la grande majorité des gens ce soir était venue là pour lui !
Il faut dire qu'il a un don pour mettre l'ambiance. J'ai bien aimé sa tenue de scène qui m'a tout de suite fait penser à un basara : ces espèces de guerriers/brigands nippons à l'époque médiévale, caractérisés par des tenues hautes en couleur et dépareillées.
Je finis par rejoindre les filles qui dansaient au milieu de salle et à la fin de la prestation de Fuku, nous nous sommes encore un peu attardées, suffisamment pour qu'un homme vienne nous aborder. Il nous raconta en anglais qu'il était grec et qu'il était venu pour quelques mois pour le travail et qu'il avait énormément de mal à s'habituer à la vie ici.
Fan de rock, il s'était rendu ici ce soir en ayant vu des affiches dans son quartier mais, de toute évidence, il avait l'air complètement déboussolé.
Ahlala le choc culturel... ! Je lui expliquai dans un anglais plus ou moins correct que la meilleure solution était sans doute de chercher sur Internet des Japonais en quête d'amis anglophones et discutai encore un peu avec lui ; il devait se sentir seul et n'avait pas l'air de vouloir laisser partir l'aubaine que représentait une étrangère qui parlait anglais.
Il a fini par retourner écouter la musique, quant à nous, nous commencions à nous ennuyer un peu et sommes finalement reparties vers 3h30, non sans avoir une dernière fois cherché Riu du regard, en ce qui me concerne, mais il avait hélas disparu...

Encore fallait-il tuer le temps jusqu'à l'heure du premier train. Nous avons marché, marché dans Yokohama pour finalement arriver au port à Minato mirai. A cette heure-ci, la ville était quasi-déserte, la circulation, quasi-inexistante.
Nous nous sommes accoudées sur un pont au dessus de la mer d'où nous pouvions voir la grande roue qui, à cette heure-ci, était éteinte.
Nous avons parlé longtemps, suffisamment en tout cas pour voir poindre les premières lueurs de l'aube à l'horizon, au desus de la mer. De noir, le ciel est passé à un étrange bleu-violet avant que le soleil n'apparaisse et se dresse peu à peu, laissant ses reflets dorés miroiter à la surface calme de l'eau.
Devant un tel spectacle, toute fatigue m'avait quittée et j'avais l'impression d'être seule au monde, comme si j'étais la seule à savoir qu'un lever de soleil pouvait aussi magnifique si on prenait la peine de lui accorder toute son attention.

Et ainsi s'est achevée notre escpade nocturne à Yokohama.

Photo : Fukusuke, dans le costume qu'il porte lors des concerts d'ADAPTER

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Ponyo Ponyo ou le devoir accompli  posté le jeudi 04 septembre 2008 18:24

Impossible pour tout habitant du Japon d'échapper au phénomène qui touche l'archipel ces derniers temps : Gake no ue no Ponyo, le nouveau film de Hayao Miyazaki.
A la télé : des pubs pour Ponyo.
Dans le train : des affiches de Ponyo.
Au karaoke : des extraits de la B.O. de Ponyo.
Et surtout, cette chanson tellement insupportable interprétée par une gamine qui passe en boucle dans votre tête pendant des heures si vous avez eu le malheur de l'entendre par hasard ne serait-ce que quelques instants :  " Ponyo ponyo ponyo sakana no ko. Aoi umi kara yattekita ! Ponyo ponyo ponyo fukuranda. Manmaru onaka no onna no ko ! Peta peta, pyoun pyoun... " (si vous cliquez sur ce lien c'est à vos risques et périls, je ne serai pas tenue pour responsable...)

Bref tout est fait pour que le lavage de cerveau soit optimal et que toute victime personne ayant entendu cette chanson se sente obligée d'aller voir le film au cinéma.
Résistant un temps, nous avons fini par céder face à la pression des médias et avons décidé nous aussi d'aller voir Ponyo avec Miho, Saori et Lorraine !
Comme si c'était un devoir auquel on ne pouvait absolument pas se soustraire sous peine d'être expulsées de l'archipel !

Mais avant d'aller au cinéma en ce beau vendredi 15 nous avions prévu d'aller pique-niquer dans le Shinjuku gyôen, un parc géant en plein centre de Tôkyô.
Une fois de plus, le réveil n'avait pas été une mince affaire : après avoir quitté les garçons vers minuit nous étions allées manger avec Lorraine au Royal Host quand nous nous sommes rappelé sur le coup de deux heures que la préparation du dessert pour le pique-nique nous incombait.
C'est donc dans un état frôlant celui de zombie que nous avons courageusement préparé des crêpes jusqu'à 3h30 avec de grosses valises sous les yeux.
C'est étrange mais je ne suis pas triste malgré l'approche du départ : le pire est passé et c'était finalement la séparation avec Shirayuri, cette université qui a occupé une énoooorme place dans ma vie pendant dix mois.
Maintenant l'ambiance a changé, j'ai vraiment l'impression d'être en vacances et même si j'habite toujours au même endroit qu'avant, le simple fait de ne plus aller à la fac change la donne.
En revanche l'appartement a retrouvé une odeur singulière, la même qu'il avait lors de mon arrivée. Certains diront : c'est l'odeur du chaud, de l'été mais je pense en mon for intérieur qu'il s'agit de l'odeur de l'emménagement/déménagement (si, ça a une odeur !!)
Bref quand je rentre chez moi je suis assaillie par cette odeur pas forcément très agréable mais emplie de nostalgie. Mais je m'égare...

Rendez-vous à midi devant la sortie est de la gare de Shinjuku, un panneau affichant 37° se tenait en haut de l'immeuble Daikin et nous observions les passants haletant essuyer la sueur qui leur coulait du front pendant que nous attendions Saori, en retard comme à son habitude.
Il faisait très chaud mais le taux d'humidité était moins élevé et rendait l'atmosphère bien plus supportable que celle des jours précédents.

Etait-ce parce qu'il faisait tout de même chaud, était-ce parce que l'entrée du parc coûte 200 yens et les gens préfèrent aller dans des parcs gratuits, toujours est-il qu'il n'y avait quasiment personne au Shinjuku gyôen et c'est sans mal que nous nous sommes trouvé une bonne petite place à l'ombre.
Saori a sorti sa superbe bâche, la même qui nous avait servi quand nous étions à la plage et nous avons déposé dessus notre festin multi-national : Saori ses boulettes de riz et son poulet frit, Miho sa salade et un plat chinois à partir de poivrons et nous nos crêpes au sucre et  au Nutella (pas les deux à la fois hein !)

En tout cas ce parc vaut largement les 200 yens de l'entrée : il est vraiment très bien entretenu, l'espace est bien géré et les étendues d'herbe sont magnifiques, du genre à vous donner envie de courir pieds nus, particulièrement quand le soleil donne dessus.
A défaut de courir, j'en ai profité pour retirer mes chaussures et me promener un peu en savourant ces petites chatouilles bien agréables sur la plante des pieds.
Après avoir englouti les bonnes choses qui trônaient sur la bâche, nous nous sommes empressées de changer d'emplacement car on avait eu la bonne idée de s'installer sur une fourmilière et comme la taille de ces insectes est proportionnelle à celle des cigales et autres cafards locaux (c'est-à-dire : énorme), ça ne donnait pas spécialement envie de fricoter avec.
Une fois débarrassée de ces indésirables petites bêtes et allongées sur la bâche, nous étions fin prêtes pour la sieste.
Je me souviens qu'à ce moment-là nous avons à peine parlé, chacune était perdue dans ses pensées pendant Saori prenait quelques photos pour tester son nouvel appareil.
La tête appuyée sur mon sac, les mains sur le ventre, j'ai regardé le bleu du ciel avec un sourire sûrement niais en me demandant ce que mes proches faisaient à 10 000 km de là, alors que le soleil venait de se lever chez eux.
La sensation de l'herbe sous moi, le ronron de la ville au loin, la chaleur ambiante rendue agréable grâce à l'ombre et ce ciel d'un bleu limpide, j'aurais pu rester là pendant des heures à laisser vagabonder mes pensées (comme d'habitude...)

Mais il ne fallait pas oublier que nous avions prévu d'accomplir notre devoir d'habitantes de l'archipel nippon en allant voir Gake no ue no Ponyo !
C'est donc après une petite balade dans le parc que nous avons quitté les vertes étendues pour une salle obscure et le petit bidon rouge de Ponyo.
Conclusion : bof bof...
Je n'ai pas été plus emballée que ça. Bien loin de Mononoke ou Chihiro, Ponyo est plus dans la veine de Totoro et s'adresse donc principalement à un public d'enfants.
L'avantage, c'est qu'on comprend tout, l'inconvénient, c'est que par moment c'est franchement un peu trop mièvre et ça suinte de bons sentiments agaçants.
Malgré tout, il règne cette ambiance si particulière qu'on retrouve dans chaque film de Miyazaki et rien que pour ça je pense que j'achèterai le DVD à sa sortie. XD
L'histoire s'inspire en partie du mythe de la petite sirène : Ponyo est un poisson aux pouvoirs magiques. Un beau jour qu'elle s'approche trop de la côte, elle fait la connaissance d'un petit garçon, Sôsuke qui la recueille et l'emmène avec lui en promettant de la protéger.
Récupérée par son créateur/père, un drôle de zigoto à l'allure humaine, Ponyo exprime son souhait de devenir humaine pour rester aux côtés de Sôsuke et profite d'une inattention de sa part pour s'enfuir et se changer en humaine grâce à ses pouvoirs magiques.

A la fin de la séance, j'avais plus sommeil que jamais mais je suis rentrée chez moi toute fière et contente avec le sentiment du devoir accompli. {#}

Photo : mamzelle Miho

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