Eh oui, parce que j'en ai une, de famille. Et une bien ! Et
aussi un grand dadais qui me supporte, euh, qui
partage ma vie depuis maintenant bientôt sept mois.
Bref je suis bien entourée et j'avais été tellement choyée par Ai
et sa famille quand j'étais au Japon qu'il était bien normal que je
leur rende la pareille. De plus, elles avaient expréssement
formuler le souhait de voir ma maison, et surtout, de rencontrer ma
famille.
Ce souhait était d'ailleurs bien réciproque et c'est pour cette
raison que lundi matin nous avons pris le RER C dans l'allégresse
la plus totale en direction de mon BPIC (Bled Paumé Introuvable sur
une Carte). Si elles voulaient voir la campagne, elles allaient
être servies !
Normalement on y va par le RER D mais j'ai voulu les épargner et
leur éviter un choc trop brutal dès le deuxième jour (les usagers
me comprendront, j'imagine...
)
Hélas le beau temps ne daignait pas toujours pas nous faire don de
sa présence, c'est un peu dommage quand on s'est cogné plus de 10
000 kilomètres de trajet... Bah, après tout, c'est ça aussi, la
vraie France.
Au moins on avait la chance qu'il ne fasse
pas trop froid !
Mon homme (appelons-le M. Jagaimo (Patate) pour préserver son
anonymat - c'est Miho qui trouve qu'il y a une certaine
ressemblance...
) nous a rejoint dans le train directement
après le travail vers 10h40.
La communication était bien sûr assez limitée mais deux-trois mots
parvenaient quand même à filtrer au niveau de chaque " camp "
(notamment " kawaii ", quand je vous dis que ça va passer dans la
langue courante !! Ah et Ai a dit que M. Patate était trop un beau
gosse de ouf de la mort, quand même !
Y'en a une qui va être encore plus fière de
son fils).
M. Patate a reçu des gommes-sushi et énumérer le genre de chaque
sushi nous a occupé une bonne partie du trajet jusqu'à destination
où ma Môman est venue nous chercher dans sa belle voiture pleine de
poils de chien (hygiène des Français : -1 XD)
Après des courbettes d'un côté et des " enchantée " de l'autre,
tout ce petit monde est monté en voiture et comme il nous restait
encore un peu de temps avant l'heure fixée par mon père, ces dames
nous ont demandé si on pouvait aller dans un supermaché car c'était
quelque chose qu'elles tenaient absolument à faire en venant en
France, au même titre que voir la Tour Eiffel (et je les comprends,
j'avais moi aussi plein de désirs bizarres au Japon
).
Nous avons donc fait un saut à l'Intermarché du coin où Ai est
restée un moment pensive devant les revues pendant que sa mère
quadrillait le magasin. Je me suis approchée : " Je peux t'aider
?
- Huuum... Je cherche un magazine coquin français pour
Yôsuke.
- Ah, je vois ! Mais coquin gentil ou coquin trash ?
- Non, plutôt gentil, je ne voudrais pas le choquer tout de même
!
- On va demander conseil au mieux placé pour nous renseigner !
"
Sur les conseils de M. Patate nous avons donc opté pour FHM (suis
terriblement déçue à l'idée que je ne verrai hélas pas la tête
embarrassée de Yôsuke au moment où il découvrira le truc...) et Ai
a continué sa patrouille dans le magasin achetant au final un set
de tasses, son magazine et des Playmobils pour les garçons tandis
qu'Okaa-san se faisait un stock monstrueux de thés en tout
genres.
Sur ces entrefaites nous sommes remontés en voiture pour nous
rendre chez mon père qui nous avait gentiment tous invités pour le
déjeuner.
Je savais d'avance que la maison leur plairait beaucoup. C'est la
maison française typique telle que se l'imaginent les Japonais.
Enfin connaissant les Japonais, je m'imagine que c'est la maison
française typique qu'ils s'imaginent (pour être exacte). Du style
fin XIXe-début XXe.
Pis avec la place qui réunit l'église, le bistrot, la presse et la
boulangerie un peu plus loin, le cliché vivant du village français
était à son paroxysme, tout comme leur émerveillement (en fait
c'est pas sorcier, toutes les autres villes possèdent la même
chose, seulement là c'est condensé au même endroit vu qu'il n'y a
rien d'autre XD).
Ai filmant, nous sommes entrés par le petit portail qui en été nous
happe dans ses grappes de glycine odorantes (bon là c'est
l'hiver... c'est moins poétique et coloré :/)
Salutations. Cris d'admiration sur la beau-gossitude du petit frère
qui s'en trouve tout gêné.
Nous nous installons pour prendre l'apéro en y allant carrément au
champagne (Okaa-san n'accepte qu'une petite goutte, elle ne doit
pas beaucoup aimer l'alcool).
Ma mère les remercie pour tout ce qu'elles ont fait pour moi quand
j'étais là-bas, de m'avoir tant aidée, on pose des questions en
français à Ai, je lui file un petit coup de pouce car ça fait bien
longtemps qu'elle n'a plus pratiqué le français, tout en traduisant
autant que possible pour Okaa-san à qui on pose aussi quelques
questions à travers moâ.
Hélas quand à un moment, mon père traite mon frère " d'agité du
bocal " cela ne tombe pas dans l'oreille d'une sourde et je me vois
bien embêtée pour traduire ça à Ai qui veut absolument savoir
(Yôsuke ou Senpai feront sans doute les frais de cette expression
fraîchement acquise). En même temps, je ne peux pas m'empêcher
d'adorer la langue française pour la diversité et l'originalité de
ses insultes (on s'ennuie beaucoup plus en japonais de ce côté-là,
croyez-moi !)
Je m'inquiète un peu pour Okaa-san qui se retrouve toute seule au
milieu de gens dont elle comprend pas la langue dès son deuxième
jour à l'étranger mais elle m'assure que tout va très bien et
qu'elle trouve ma famille très sympathique.
Au moment de passer à table, mon cordon bleu de père apporte
fièrement une blanquette de veau qu'il a cuisinée avec amour et
s'excuse de la servir avec du riz mais bon, c'est la tradition
!
La conversation se poursuit avec autant d'animation que lors de
l'apéritif, mes parents sont intarissables niveau questions, même
si mon père s'obstine à les formuler dans un anglais un peu douteux
bien que je lui aie répété qu'elles ne le parlaient pas.

Ai est très enthousiaste, photographie ce qu'elle a dans son
assiette en mangeant avec appétit (c'est la seule fille que je
connaisse qui puisse rivaliser avec moi à ce niveau-là, qui
croirait qu'on puisse en mettre autant dans un si petit corps...)
et comme d'habitude elle conquiert tout le monde, même mon frère
qui est pourtant un grand blasé.
Vers 15h30, nous avons quitté mon père en le remerciant pour aller
prendre le thé chez ma grand-mère maternelle qui s'était en plus
occupé du fauve en notre absence : mon chien, Jack le
Terrible.
Après quelques minutes passés avec lui, mes proches ont dû
comprendre d'eux-mêmes le sens du mot " kawaii ". Comme d'habitude
il était toujours aussi envahissant et pas très obéissant (ahem...)
mais heureusement ni Ai ni Okaa-san n'avait l'air de s'en
formaliser.
En chahutant, son oreille a fini par se retourner et Ai m'a
demandé, surprise : " Qu'est-ce que c'est, cette tâche ?
- Tu veux dire le tatouage ?
- Un tatouage... ?
- Ben oui, au cas où il se perdrait ! Vous ne fonctionnez plus
qu'aux puces, au Japon ?
- Mais non, rien de tout ça.
- Alors, si un chien se perd et qu'on ne vient pas rapidement le
réclamer à la fourrière...
- Couic ! "
J'ai été étonnée. On parle tout de même du pays à la technologie
aussi farfelue que poussée là. On fabrique des Puchi Puchi et les
chiens ne sont même pas tatoués !
Finalement ce n'est pas si surprenant que ça : j'ai toujours eu un
peu l'impression que pour beaucoup de Japonais, les animaux
faisaient plutôt figure d'accessoire de mode que de fidèle
compagnons (sauf pour les chiures sur pattes du style chihuahua :
ça, ce sont leurs enfants par procuration).
Ensuite, étant donné que ma mère nous avait gentiment proposé de
nous inviter dans un bon restaurant de cuisine française à Paris,
nous sommes rentrés à la capitale en voiture (c'est plus sympa)
avec M. Patate, Okaa-san et Ai.
Ma mère discutait avec son gendre à l'avant, Okaa-san s'était
assoupie, Ai et moi avons donc eu tout notre temps pour pouvoir
papoter à voix basse durant une bonne partie du trajet, pensant à
Yôsuke qui au même moment était en train de s'envoler pour
l'Italie, destination de son voyage de fin d'études.
Un ami de ma mère qui allait venir dîner avec nous et qui est
pompier de Paris nous a gentiment montré les différents véhicules
(du tourisme original ^^), généreux sur les explications, comme ça
nos Nippones sont maintenant calées sur le sujet.
La cuisine au restaurant était vraiment très bonne. Okaa-san ne
disait pas grand-chose, je crois qu'elle commençait à être vraiment
très fatiguée mais Ai était increvable comme à son habitude et pour
une) fois, on a parlé de choses très sérieuses, du style la peine
de mort, les problèmes de religion (si seulement on avait le quart
de la moitié de la tolérance/indifférence des Nippons sur ce
dernier sujet... je vous renvoie d'ailleurs sur le blog d'Alex !)
Quant à la peine de mort, elle en vigueur au Japon, par
pendaison.
Encore par un grand coup de chance, il se trouve que l'hôtel
n'était qu'à cinq minutes à pied à peine du restaurant. Malgré la
fatigue la séparation est arrivée bien vite et c'est sur moults
remerciements, invitations à revenir en France ou à aller au Japon
et témoignages de sympathie mutuelle que mes deux familles se sont
quittées ce soir-là. ^^
Mine de rien je n'étais pas mécontente de rentrer de mon côté,
c'était la première fois que je faisais l'interprète aussi
longtemps, ça finit par être éprouvant. 
Mais je suis vraiment contente d'avoir pu présenter Ai et Okaa-san
à ma famille et réciproquement, je pense que tout le monde a
vraiment passé une bonne journée malgré forcément un petit problème
de langue palié tant bien que mal par mes interventions.
Bon, mon prochain challenge, le défi ultime, ce sera de réussir à
mettre ma mère dans un avion pour le Japon ! (je me fais moins de
souci au sujet de mon père et mon frère
)
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Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 06/07/09 15:20 / 178 articles publiés
Une famille française posté le samedi 28 février 2009 14:07
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Tous les commentaires de l'article:
Une famille française
-
Coucou ! Désolée, je fais de la pub =S
J'ai vu que tu lisais l'histoire de Minaya, alors je me suis dit que tu pourrais faire un petit tour sur mon blog ? =P
J'ai décidé de rassembler les différentes chansons de chaque nouvelle maj de Sooner Or Later =D
Merci =)
-
Salut,
Je suis tombé sur ton blog par hasard grâce à Gake no ue no Ponyo. Il m'a fallu deux jours pour parcourir tous tes articles. Quel dommage de ne pas avoir pu suivre tes aventures en terres nippones au jour le jour.
C'est un réel plaisir de lire des articles si bien écris.
Merci d'avoir partagé cette année sur ton blog
Bon courage pour la suite
-
Ayo Camille! J'ai découvert ton blog par le plus grand des hasards hier et je ne l'ai plus lâché pendant 5h d'affiler, comme ça a du arriver à des centaines de personnes qui sont passées par là! je ne l'ai que survolé par manque de temps mais c'était un régale de me plonger dans ta vie quotidienne. Je m'y suis un peu identifiée car je pars moi aussi en septembre prochain à Tokyo pour un an avec le visa WH, mais pour l'instant je n'ai pas de piste concernant le travail. Je voudrais savoir en quoi exactement consistait ton job et surtout comment tu l'as trouvé! parce qu'un job où tu apprends et qu'en plus tu ai payé, c'est vraiment idéal et forcément ce que je recherche. Tu as surement du répéter ça des milliers de fois sur ce blog et je m'en excuse d'avance...Au départ je voulais t'écrire un message mais impossible de validé mon inscription, la page charge sans résultats. J'espère que ce commentaire ne passera pas aux oubliettes car ta réponse pourrait beaucoup m'aider. Je te laisse mon adresse mail, réponds moi quand tu en a le temps^^ Au fait j'ai 19 ans et je suis en première année de japonais à l'inalco, peut être que c'est là que tu es toi aussi?
-
Je viens par hasard, et quelle surprise de voir 2 looongs articles !!
Ca m'avait manquer ^^
Elle donne envie d'etre rencontrée Ai, t'as bcp de chance d'avoir rencontrer une japonaise aussi loyale et sincère ^^
-
1/ C'est vraiment dommage que Bilou Gourdin n'ait pas ete des votre. Il aurait eleve le debat.
2/ Le seul moyen de faire voyager ta mere par avion, c'est de la faire me-fu, et de couper le voyage en deux en faisant une escale par chez moi.
3/ Pourquoi je n'ai jamais eu droit a la blanquette chez ton pere?
-
Ca c'est du compte rendu !
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Maritcho1
sam 18 avr 2009 15:52