Accueil Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 06/07/09 15:20 / 178 articles publiés
 

Des visiteurs... venus d'ailleurs OOOOH  posté le vendredi 27 février 2009 11:42

Waaah c'est que ça me fait tout drôle de reprendre le flambeau après tout ces mois d'absence (je commence déjà à m'égarer ahem...)

Il s'agit en fait de visiteuses (mais ça aurait cassé la rime et la référence à un de mes films fétiches...). A votre avis, qui est venu me rendre une petite visite à Paris ces derniers jours ? Je vous le donne en mille : cette chère Ai et sa mère !

Ce séjour s'annonçait intense : en effet ces dames n'étaient là que pour quatre jours, du 21 au 25 et voulaient bien naturellement voir et faire plein de choses.
J'ai cru comprendre que si elles restaient si peu de temps, c'est parce que Okaa-san n'avait pas pu prendre plus de jours de vacances mais heureusement, comme Ai a pu avoir des offres intéressantes par son futur emploi chez ANA, ça ne leur a pas coûté les yeux de la tête.

Je voulais bien entendu aller les chercher dès leur arrivée à l'aéroport le soir du 25 mais Ai a reffréné mes ardeurs en m'avouant qu'un bus Air France allait les conduire jusqu'à leur hôtel qui, par un très heureux hasard, ne se trouvait qu'à une station de métro de chez moi !
Elle m'a donc demandé si on ne pouvait pas plutôt se retrouver dès le lendemain matin à son hôtel et c'est donc le 26 que j'ai accouru jusqu'à leur hôtel situé Cour Saint Emilion.
Enfin " accouru " c'est un bien grand mot : dans ma poisse habituelle qui ne se manifeste qu'en ce genre d'occasion, je me suis fait alpaguée par un suicidaire qui voulait que je le console pour l'empêcher de faire une bêtise et quand mon humanité a enfin atteint ses limites, c'est mon sens de l'orientation qui a pris le relai et j'ai tourné en rond dans le quartier dix bonnes minutes avant d'arriver à trouver l'hôtel qui n'était qu'à cinquante mètres de la gare à tout casser... (boulet un jour, boulet toujouuurs !)

Je ne pouvais pas m'empêcher d'être un peu anxieuse à l'idée des retrouvailles : Ai avait-elle changé ? Son look s'était-il rapproché de la tenue correcte exigée au travail ? Est-ce qu'on arriverait encore à parler de tout et de rien aussi naturellement qu'avant ? Et puis d'abord, est-ce que je pourrais encore aligner correctement trois mots de nippon ?
Je n'ai pas eu le temps de tergiverser plus longtemps car j'ai fini par trouver l'hôtel avec vingt bonnes minutes de retard et mes interrogations futiles se sont tout de suite envolées quand j'ai vu une petite excentrique pleine de froufrous courir dans mes bras les larmes aux yeux.
Ca pour ne pas avoir changé, elle n'avait pas changé d'un pouce. Toujours aussi petite, aussi énergique, aussi souriante et toujours habillée avec des vêtements impossibles qui ne vont qu'à elle, toujours aussi Ai.
Okaa-san non plus n'avait pas l'air d'avoir changé. Toujours aussi discrète mais incroyablement gentille. J'imagine qu'elle devait tout de même être toute chamboulée car c'est la première fois qu'elle venait à l'étranger !
Passée l'émotion des retrouvailles, Ai m'a regardé dans les yeux avec son air malicieux : " on t'a ramené tout plein de trucs, mais il y a quelque chose que je veux absolument te donner maintenant, tiens ! " m'a-t-elle dit en me tendant un petit sac Its'demo. Non, ne serait-ce pas... ?
Siiii, il s'agissait bien du digne successeur du Mugen PuchiPuchi et du Mugen Edamame, le Mugen PeriPeri ! J'en rêvais presque depuis que je l'avais vu sur le blog d'Alex.
Après avoir fait joujou avec mon nouveau gadget débile et en avoir fait profité Ai et sa mère, nous nous sommes mises en route pour Notre-Dame.
Avant de venir, elles m'avaient dressé une petite liste des choses qu'elles voulaient faire et m'avaient laissé gérer le planning. Je me suis donc improvisé guide touristique en privilégiant plutôt les désirs d'Okaa-san étant donné qu'Ai était déjà venue en France deux fois par le passé et que ce qui l'intéressait le plus, c'était me voir (selon ses propres mots).

Je m'étais dit que Notre-Dame un dimanche matin, ça pourrait être sympa, et qu'il n'y aurait peut-être pas encore trop de monde à cette heure-ci. Eh bien j'ai eu du nez (que j'ai très grand d'ailleurs : p) car une messe était en cours et nos Nippones étaient tout émerveillées par la lecture de passages de la Bible, les chants religieux et le son des grandes orgues.
J'avoue que moi aussi car en vile hérétique que je suis je ne mets les pieds dans une église que pour la beauté du lieu et non pas parce que c'est " la maison du Christ " et la seule messe à laquelle j'ai dû assister de toute ma vie c'était à Shirayuri il y un an. XD
Prenant mon rôle de guide très au sérieux, j'ai tenté approximativement de leur faire un petit topo sur le sujet : époque de la construction, sens des cierges, ce qu'est cette petite cabine appelée confessionnal, sans oublier de parler du célèbre roman de Victor Hugo.
Ai était globalement bien renseignée sur la question (université catholique oblige !) mais Okaa-san écoutait mes explications laborieuses avec grand intérêt.
Mine de rien, regarder la messe et faire le tour de la cathédrale nous a pris beaucoup moins de temps que je ne l'avais prévu, aussi je me retrouvée un peu prise au dépourvu en sortant de Notre-Dame. J'avais pensé les emmener du côté des Champs-Elysées dans l'après-midi mais on en était encore loin...

" Dites, vous n'auriez pas un guide touristique sur vous ? Que je voie s'il y a quelque chose de sympa à faire dans les parages, ai-je demandé.
- Ah non, on est venues sans. No plan, c'est plus rigolo ! m'a répondu Ai.
- Il a fallu que je tombe sur les seules Nippones à voyager sans guide, aargh... Bon eh bien faisons donc un petit tour du quartier latin. "

Elles se sont arrêtées pour faire quelques achats dans une des boutiques de souvenirs qui longent la Seine, le vendeur a tout de suite compris d'où elles venaient à force d'entendre des " kawaii " à tout bout de champ. Je crois que ce mot va finir par faire partie des quelques expressions connues des français au même titre que Konnichiwa et Arigatô.

Je leur ai ensuite expliqué que le quartier latin était un peu le Shibuya parisien (pas sur la forme en tout cas) parce que c'était le quartier des d'jeunes, ou plutôt que c'était proche du quartier de Waseda parce qu'il y a plein d'étudiants.

Comme nos pérégrinations nous ont conduit à côté de la station RER C de Saint Michel, je me suis dit qu'aller à la tour Eiffel maintenant serait peut-être une bonne idée, qui sait le temps qu'on aurait dans les jours à venir ! De plus je pensais naïvement qu'il y aurait peut-être moins de monde le matin, monumentale erreur !
Quand nous sommes sortis arrivées au pied de la dame de fer, j'ai pris mon courage à deux mains pour lancer un : " allons-y ! " qui se voulait optimiste mais Ai m'a arrêtée : " ah non, c'est bon, on voulait juste la voir, pas vrai, Maman ?
- Oui oui, ce n'est pas la peine de monter, la voir ça suffit.
Nooon, et ma préparation mentale de ces dernières semaines alors ?! Je m'étais préparée à affronter les balancements de la tour au gré du vent, le vertige, le vide à portée de main !!
Je crois que finalement jamais je ne monterai sur cette tour...
- Mais vous êtes sûres ? Ce n'est pas comme si vous veniez à Paris tous les quatre matins, et en plus la vue doit vraiment être superbe, même s'il ne fait pas très beau..."
Oui, elles étaient vraiment sûres. Après nous être baladées dans les environs, nous sommes tombées sur une petite crêperie aux prix raisonnables pour le quartier et une fois le ventre rempli, nous avons pris le métro 1 jusqu'à Concorde.
De là nous avons marché tout le long de l'avenue des Champs-Elysées.
Le chemin étant long, nous avons eu largement le temps de discuter pendant que nous nous baladions. A un moment, Ai a braqué son camescope sur moi et m'a demandé :
" Dis Camille, tu peux chanter la Marseillaise ?
- Hein ? Là, en pleine rue devant tout le monde ? Non, j'ai trop honte !
- Allez !!! Juste un peu, c'est comme au karaoke !
- De toute façon je ne connais que le premier couplet, et puis je déteste cette chanson.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est un véritable chant de guerre, c'est agressif au possible et limite raciste. Franchement ça ne nous rend pas sympathiques. Enfin vous aussi vous avez des problèmes avec le Kimi ga yo, non ? Parce que ça renvoie à la militarisation expansionniste d'avant-guerre.
- Hum, c'est pas faux...

Nous nous sommes arrêtées au Virgin car Okaa-san voulait acheter des livres pour enfants qu'elle souhaite montrer à ses élèves de maternelle. Pendant qu'elles feuilletaient de petits livres d'images, je leur montrai ce que je lisais moi-même quand j'étais petite : Babar, Martine, Mimi la souris, Caroline... je ne pensais pas que ces livres-là étaient toujours d'actualité. Après un moment, Ai m'a pris à part car elle souhaitait acheter un livre de droit pour Senpai, même si elle savait très bien qu'il ne comprendrait pas (à la réflexion, moi non plus d'ailleurs...) et notre choix a fini par se porter sur des annales d'examen de droit constitutionnel... 
Okaa-san a quand même tenu à poser pour une photo devant la boutique Louis Vuitton mais heureusement elles n'ont pas voulu rentrer dedans et nous avons poursuivi notre route jusque sous l'Arc de Triomphe (qui porte son propre nom en japonais, sachez-le ! Alors que le Louvre, les Champs-Elysées et encore d'autres endroits conservent leur nom prononcé à la japonaise, l'Arc de Triomphe se dit, lui, Gaisenmon)
Là encore j'ai tenté de partager mes maigres connaissances : " alors là euh vous voyez, les noms inscrits partout, ce sont des noms de soldats morts pour la France, mais pas seulement pendant la Seconde Guerre Mondiale, et cette tombe là, c'est la dépouille, (et non pas les débris, n'est-ce pas Lorraine XD), d'un soldat inconnu qui fait figure de symbole. La flamme ne s'éteint jamais ! Et si on contemple la place du haut de l'Arc de Triomphe, on peut voir que les avenues forment une sorte d'étoile, d'où le nom ". Ai connaissait ce dernier détail.

J'avais déjà eu l'occasion de le remarquer dans la matinée mais les Japonais étaient énormément nombreux, la plupart devait sans doute profiter de leur voyage de fin d'études avant d'entrer dans le monde du travail début avril.
Je n'en avais jamais vu autant en me baladant dans Paris. Quand j'ai fait part de ma remarque à Ai, elle m'a avoué : " raaah, je n'aime pas ça. J'aimerais qu'on soit les seules Japonaises à Paris ! C'est impossible et puéril mais bon..." Sur ce je lui ai avoué avoir ressenti parfois la même chose quand j'étais au Japon et que si ça pouvait la consoler, tout ces Nippons n'auraient sans doute pas l'occasion de venir chez une famille française.

Comme la journée était loin d'être finie et qu'elles ne paraissaient étonnamment pas fatiguées, nous nous sommes dit que nous allions poursuivre sur le Louvre.
Honnêtement je crois n'y avoir jamais passé si peu de temps ! Une fois qu'Okaa-san a vu la Joconde et la Vénus de Milo, plus rien ne l'intéressait en particulier.
En voyant Okaa-san batailler avec les autres touristes pour se rapprocher de la Joconde, j'ai constaté qu'Ai ne bougeait pas.
" Tu ne veux pas la voir, toi ?
- Non, en fait je m'en fiche un peu, je préfère aller voir le sacre de Napoléon.
- Hein ? Ne pas aller voir la Joconde, tu es sûre que tu es vraiment Japonaise ?
- Arrête de te moquer ! Mais et toi, tu n'y vas pas ?
- Non, je déteste ce tableau, quand je vois son petit air narquois ça me donne envie de lui coller des baffes... "
Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit mais Ai adore Napoléon et Jeanne d'Arc. La raison reste un mystère mais toujours est-il qu'elle est beaucoup plus calée que moi sur l'histoire de ces personnages et son dernier hamster en date a été baptisé Napo-chan. 
Après avoir donc vu le Sacre de Napoléon, nous sommes rentrées en direction de l'hôtel, c'est que mine de rien nous avions pas mal marché, et à ma grande honte j'étais aussi fatiguée qu'elles.
Quand je pense qu'Ai a marché toute la journée avec ses bottes à talons, je finis par me demander si les pieds des Japonaises ne sont pas naturellement conçus pour s'adapter parfaitement aux talons aiguilles en toutes situations...
Une fois arrivée jusqu'à leur hôtel du Cour Saint Emilion, Ai m'a demandé de l'attendre dans le hall pendant qu'elle allait me chercher tout ce qu'elles m'avaient rapporté.
Je n'en ai pas cru mes yeux quand j'ai vu le sac énorme qu'elle descendait avec elle.
Pour dire à quel point il était fourni, elle n'a pas pu me faire l'inventaire complet avant que je ne rentre, mais la plus grande partie était constituée de nourriture : curry, nouilles instantanées, Petit Bit (voilà pourquoi elle avait presque crié en français en plein milieu d'un café " j'ai apporté plein de bit pour toi ! " ^^'), Pocky, yakisoba, dango et j'en passe.
" Voilà, en rentrant chez toi, tu vas avoir l'air d'une vraie japonaise ! " m'a-t-elle dit toute fière.
Et effectivement, j'avais comme l'impression de revenir du Marusho avec mes sacs plastiques en rentrant chez moi. 

Comme Ai pétait encore la forme et qu'elle ne voulait pas être séparée de moi trop longtemps (et réciproquement d'ailleurs), on a convenu qu'on irait au ciné Cour Saint Emilion avec ma superbe carte illimitée pour 2 ! Okaa-san a préféré décliné car contrairement à sa fille, sa résistance à la fatigue avait des limites.
On s'est donc retrouvées devant la gare à 8h et comme elle n'avait aucune idée de ce qu'elle voulait voir (ce sont surtout les blockbusters ricains qui s'exportent au Japon, et avec pas de mal de retard), nous avons finalement opté pour LoL : c'était français, sans doute pas trop dur à comprendre et peut-être intéressant d'un point de vue sociologique. ^^'
En ressortant de la salle j'ai eu l'impression d'avoir pris un coup de vieux (et je me suis une fois de plus félicitée intérieurement d'avoir quitté le lycée plus tôt que prévu - sont cons ces ados XD) mais apparemment ça a plu à Ai et c'est le principal.
Sur le court chemin du retour, profitant de l'absence d'Okaa-san, on en a profité pour parler de nos " trucs de filles ", restant même un moment sur un banc devant l'hôtel pour discuter. 
Elle m'a confié qu'elle avait l'impression que l'ambiance quand elle est avec Yôsuke avait changé récemment. Je me suis retenue de hurler AH JE LE SAVAIS, J'EN ETAIS SURE, TU EN AS MIS DU TEMPS POUR OUVRIR LES YEUX !!! et me suis contentée d'un innocent " ah bon ? " en prenant l'air étonné (moi, hypocrite ?), l'enjoignant à approfondir les explications.

En tout cas cette conversation a achevé de dissiper mes derniers doutes : rien n'avait effectivement changé entre nous, on se confiait toujours l'une à l'autre avec autant de sincérité et j'avais l'impression qu'on ne s'était quittées que la veille.
Je l'ai laissé à son hôtel et ai rejoint mon petit chez moi car une journée bien remplie nous attendait encore le lendemain.

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Tous les commentaires de l'article:
Des visiteurs... venus d'ailleurs OOOOH

  • G-rom

    jeu 26 mar 2009 09:46

    pffff 1 mois après je m'aperçois que t'es reviendu sur le blog... bon ça tombe bien journée creuse aujourd'hui.
    Hop lecture, à taaaaaaable

  • CCC mailto

    jeu 12 mar 2009 11:32

    C'est bon de te retrouver Camille!
    Et la suite? Comment s'est termine leur sejour? Ont elles rencontre ta mere?

  • Maohisith mailto

    dim 08 mar 2009 22:40

    Super ! Une continuation ^^ Ca fait plaisir à lire

  • Waen

    jeu 05 mar 2009 22:46

    Ouaiiiiiiiis le blog revit =DD


 

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