Impossible pour tout habitant du Japon d'échapper au phénomène qui touche l'archipel ces derniers temps : Gake no ue no Ponyo, le nouveau film de Hayao Miyazaki.
A la télé : des pubs pour Ponyo.
Dans le train : des affiches de Ponyo.
Au karaoke : des extraits de la B.O. de Ponyo.
Et surtout, cette chanson tellement insupportable interprétée par une gamine qui passe en boucle dans votre tête pendant des heures si vous avez eu le malheur de l'entendre par hasard ne serait-ce que quelques instants : " Ponyo ponyo ponyo sakana no ko. Aoi umi kara yattekita ! Ponyo ponyo ponyo fukuranda. Manmaru onaka no onna no ko ! Peta peta, pyoun pyoun... " (si vous cliquez sur ce lien c'est à vos risques et périls, je ne serai pas tenue pour responsable...)
Bref tout est fait pour que le lavage de cerveau soit optimal et que toute victime personne ayant entendu cette chanson se sente obligée d'aller voir le film au cinéma.
Résistant un temps, nous avons fini par céder face à la pression des médias et avons décidé nous aussi d'aller voir Ponyo avec Miho, Saori et Lorraine !
Comme si c'était un devoir auquel on ne pouvait absolument pas se soustraire sous peine d'être expulsées de l'archipel !
Mais avant d'aller au cinéma en ce beau vendredi 15 nous avions prévu d'aller pique-niquer dans le Shinjuku gyôen, un parc géant en plein centre de Tôkyô.
Une fois de plus, le réveil n'avait pas été une mince affaire : après avoir quitté les garçons vers minuit nous étions allées manger avec Lorraine au Royal Host quand nous nous sommes rappelé sur le coup de deux heures que la préparation du dessert pour le pique-nique nous incombait.
C'est donc dans un état frôlant celui de zombie que nous avons courageusement préparé des crêpes jusqu'à 3h30 avec de grosses valises sous les yeux.
C'est étrange mais je ne suis pas triste malgré l'approche du départ : le pire est passé et c'était finalement la séparation avec Shirayuri, cette université qui a occupé une énoooorme place dans ma vie pendant dix mois.
Maintenant l'ambiance a changé, j'ai vraiment l'impression d'être en vacances et même si j'habite toujours au même endroit qu'avant, le simple fait de ne plus aller à la fac change la donne.
En revanche l'appartement a retrouvé une odeur singulière, la même qu'il avait lors de mon arrivée. Certains diront : c'est l'odeur du chaud, de l'été mais je pense en mon for intérieur qu'il s'agit de l'odeur de l'emménagement/déménagement (si, ça a une odeur !!)
Bref quand je rentre chez moi je suis assaillie par cette odeur pas forcément très agréable mais emplie de nostalgie. Mais je m'égare...
Rendez-vous à midi devant la sortie est de la gare de Shinjuku, un panneau affichant 37° se tenait en haut de l'immeuble Daikin et nous observions les passants haletant essuyer la sueur qui leur coulait du front pendant que nous attendions Saori, en retard comme à son habitude.
Il faisait très chaud mais le taux d'humidité était moins élevé et rendait l'atmosphère bien plus supportable que celle des jours précédents.
Etait-ce parce qu'il faisait tout de même chaud, était-ce parce que l'entrée du parc coûte 200 yens et les gens préfèrent aller dans des parcs gratuits, toujours est-il qu'il n'y avait quasiment personne au Shinjuku gyôen et c'est sans mal que nous nous sommes trouvé une bonne petite place à l'ombre.
Saori a sorti sa superbe bâche, la même qui nous avait servi quand nous étions à la plage et nous avons déposé dessus notre festin multi-national : Saori ses boulettes de riz et son poulet frit, Miho sa salade et un plat chinois à partir de poivrons et nous nos crêpes au sucre et au Nutella (pas les deux à la fois hein !)
En tout cas ce parc vaut largement les 200 yens de l'entrée : il est vraiment très bien entretenu, l'espace est bien géré et les étendues d'herbe sont magnifiques, du genre à vous donner envie de courir pieds nus, particulièrement quand le soleil donne dessus.
A défaut de courir, j'en ai profité pour retirer mes chaussures et me promener un peu en savourant ces petites chatouilles bien agréables sur la plante des pieds.
Après avoir englouti les bonnes choses qui trônaient sur la bâche, nous nous sommes empressées de changer d'emplacement car on avait eu la bonne idée de s'installer sur une fourmilière et comme la taille de ces insectes est proportionnelle à celle des cigales et autres cafards locaux (c'est-à-dire : énorme), ça ne donnait pas spécialement envie de fricoter avec.
Une fois débarrassée de ces indésirables petites bêtes et allongées sur la bâche, nous étions fin prêtes pour la sieste.
Je me souviens qu'à ce moment-là nous avons à peine parlé, chacune était perdue dans ses pensées pendant Saori prenait quelques photos pour tester son nouvel appareil.
La tête appuyée sur mon sac, les mains sur le ventre, j'ai regardé le bleu du ciel avec un sourire sûrement niais en me demandant ce que mes proches faisaient à 10 000 km de là, alors que le soleil venait de se lever chez eux.
La sensation de l'herbe sous moi, le ronron de la ville au loin, la chaleur ambiante rendue agréable grâce à l'ombre et ce ciel d'un bleu limpide, j'aurais pu rester là pendant des heures à laisser vagabonder mes pensées (comme d'habitude...)
Mais il ne fallait pas oublier que nous avions prévu d'accomplir notre devoir d'habitantes de l'archipel nippon en allant voir Gake no ue no Ponyo !
C'est donc après une petite balade dans le parc que nous avons quitté les vertes étendues pour une salle obscure et le petit bidon rouge de Ponyo.
Conclusion : bof bof...
Je n'ai pas été plus emballée que ça. Bien loin de Mononoke ou Chihiro, Ponyo est plus dans la veine de Totoro et s'adresse donc principalement à un public d'enfants.
L'avantage, c'est qu'on comprend tout, l'inconvénient, c'est que par moment c'est franchement un peu trop mièvre et ça suinte de bons sentiments agaçants.
Malgré tout, il règne cette ambiance si particulière qu'on retrouve dans chaque film de Miyazaki et rien que pour ça je pense que j'achèterai le DVD à sa sortie. XD
L'histoire s'inspire en partie du mythe de la petite sirène : Ponyo est un poisson aux pouvoirs magiques. Un beau jour qu'elle s'approche trop de la côte, elle fait la connaissance d'un petit garçon, Sôsuke qui la recueille et l'emmène avec lui en promettant de la protéger.
Récupérée par son créateur/père, un drôle de zigoto à l'allure humaine, Ponyo exprime son souhait de devenir humaine pour rester aux côtés de Sôsuke et profite d'une inattention de sa part pour s'enfuir et se changer en humaine grâce à ses pouvoirs magiques.
A la fin de la séance, j'avais plus sommeil que jamais mais je suis rentrée chez moi toute fière et contente avec le sentiment du devoir accompli. 
Photo : mamzelle Miho
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Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 06/07/09 15:20 / 178 articles publiés
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Ponyo Ponyo ou le devoir accompli posté le jeudi 04 septembre 2008 18:24
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Tous les commentaires de l'article:
Ponyo Ponyo ou le devoir accompli
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On veut connaitre la suite!!! Ben oui je suis tombée sur ton blog il y a quelques temps, j'ai tout lu et maintenant j'aimerai bien savoir comment se sont passés tes derniers jours au Japon, et ton retour en France. Allez un dernier petit post pour conclure, ton blog a un petit gout d'inachevé sans ça!
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Huhuhu, je me rappelle j'étais entre 2 évènements moi ...
LA sortie du film Hanadan ( dès qu'on rentrait dans le family mart, hop du Arashi en boucle ! - quand j'y repense je plains les vendeurs.. ) et le fameux ponyo... Il m'a pas fallu 5 minutes pour trouver la musique agaçante.....
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Tia
dim 28 sep 2008 20:25