Comment pourrait-on traduire le titre de ce morceau de nos amis
de JJJB... Voyage spirituel ?
Mardi 12 août : retour dans le Tochigi
La sonnerie crispante du réveil me tire de mes doux songes
vers 8h30 le matin du 12, j'ai encore dormi moins de six heures
cette nuit...
Ces derniers temps j'ai vraiment pris la mauvaise
habitude de me coucher à pas d'heure.
Je me réfugie
derrière le fait que me coucher à 3h passées
m'aidera à me réhabituer à l'heure
française (dans le genre excuse bidon...
)
J'ai rendez-vous avec Ai et Senpai directement dans le train qui
nous ramènera dans le Tochigi.
Ai a tout
noté sur un petit bout de papier, elle a même
gribouillé un petit schéma pour m'indiquer dans
quelle voiture monter, j'ai un peu l'impression d'être prise
pour une demeurée mais au fond je suis touchée par
l'intention.
J'obtempère sagement aux ordres du petit papier et retrouve
les deux tourtereaux quand le train arrive à Ikebukuro, et
ne tarde pas à fermer les yeux pour tenter de
récupérer un peu de sommeil. Ai et Senpai me croient
endormie et je sens bien que ça s'agite autour de moi,
qu'ils se servent de moi pour faire les pignoufs, prendre des
photos, ça m'amuse alors je les laisse faire, même si
j'ai du mal à me retenir de rigoler. 
Qu'est-ce que j'envie les gens qui arrivent à s'endormir
n'importe où à n'importe quelle heure, moi si je ne
suis pas dans un lit... 
Bref nous arrivons à la maison à peu près pour
l'heure du déjeuner : okaa-san nous a préparé
plein de bonnes choses. Ca fait tellement longtemps que je n'ai
rien mangé qui ressemble à de la vraie cuisine que
j'engloutis tout ça en un temps record tout en savourant
tout de même chaque bouchée. Trop occupée ces
derniers temps, je survis au niveau alimentaire en alternant les
boui-boui pas cher et les plats tout préparés du
konbini.
A peine le temps de digérer que nous voilà partis
pour la piscine du coin.
J'ai un peu peur : je n'ai qu'un deux pièces de plage, pas
de bonnet de bain : ça va passer quand même ? Sont
tellement tâtillons en France, je n'ose pas imaginer ce que
ça donne au Japon.
Pas de problème, m'assure Ai, ici ils sont très
tolérants.
En effet, ce que je vois en arrivant près du bassin me
sidère : des gens sont carrément en train de nager
tout habillés, en short et Tshirt, sous l'oeil du
maître nageur qui ne semble pas y trouver quelque chose
à redire.
Pourtant l'eau n'est pas sale outre mesure et surtout, surtout ! il
n'y a quasiment personne, seulement quelques enfants et leurs
parents dans le petit bain.
Nous nous enduisons mutuellement de crème solaire et sautons
dans l'eau (froide !)
Senpai est un homme qui aime le danger, qui aime prendre des
risques !
Il déboule dans la piscine muni de son appareil photo
histoire d'immortaliser quelques-unes de nos pignouferies
aquatiques.
Puisque on est là, autant en profiter pour faire raffermir
nos chairs molles, je me lance dans quelques longueurs mais je ne
tarde pas à être stoppée dans mon élan
sportif par une Ai déjà fatiguée qui veut
aller faire du shopping.
Ainsi soit-il : allons donc faire du shopping, c'est les vacances,
tout me convient (et après il y en a encore pour me
qualifier de ch*euse, tss...
)
Il y a bien longtemps que j'ai renoncé à chercher des
vêtements susceptibles de m'aller dans ce pays, en revanche
mon frère est grand et sec comme un nippon et c'est
bientôt l'anniversaire de ce pignouf : peut-être
aurais-je des chances de lui trouver quelque chose.
T-shirt moulant rose, short faussement usé, santiags dignes
des plus grandes rois lionnes de Shinjuku... je ne me ferai
décidément jamais à la notion de
virilité de nos amis nippons...
Tiens ! Une chemisette avec
un mont Fuji et des fleurs de cerisiers ! Violette en plus, 100%
style homme de main de yakuza, vendu ! 
Mais un garçon à dix-sept ans, ça change
beaucoup... Bon, il doit être gaulé à peu
près comme Senpai, ce dernier propose gentiment de servir de
mannequin, hélas ça a l'air d'être un peu juste
et je dois me rabattre sur la taille au-dessus qui n'existe qu'en
vert : c'est raté pour l'effet yakuza !
J'achète quand même la chemisette, fière de ma
trouvaille et nous finissons la journée dans un restau de
cuisine française pour fêter l'anniversaire
d'okaa-san.
Le pain est bon, ça, oui, je ne leur retire pas, mais la
nourriture... du concentré de gras.
J'ai l'impression que je vais prendre cinq kilos rien qu'en
regardant ce " steack haché " dégoûlinant de
graisse. Est-ce ainsi que l'on perçoit la nourriture
française ?
Je zieute un peu les tables alentours, tout le monde a l'air de se
régaler, je ne vais pas gâcher le bonheur familial
quand on me demande si c'est bon et et si ça ressemble bien
à la nourriture française. " Oui, oui,
réponds-je tout de même d'une petite voix, surtout le
pain... " 
En rentrant à la maison, je prends mon bain et me jette dans
le futon, j'ai l'impression de ne pas avoir dormi pendant des
jours.
Je suis bientôt rejointe par Ai et Senpai qui lui dort
dans le lit, tout seul.
Une petite visite surprise d'otoo-san qui
doit vouloir s'assurer que sa fille chérie ne partage pas le
même lit que son copain et nous pouvons nous endormir la
conscience tranquille.
Je me réveille en pleine nuit et obtiens une nouvelle preuve
flagrante de mon manque de féminité dans ce pays :
j'étais en train de dormir exactement dans la même
position que Senpai : sur le dos, main derrière la nuque,
l'autre sur mon ventre, genou replié, il n'aurait plus
manquer que je ronfle... Je suis tentée d'éclater de
rire face à cette similitude (le poil aux pattes au moins
tout de même...) en nous comparant à Ai si mignonne
qui dort recroquevillée sur elle-même comme une petite
chose fragile mais à 4h du matin ce serait peut-être
un peu malvenu...
Mercredi 13 : Edo Wonderland
7h du matin, otoo-san déboule dans la chambre
(peut-être encore pour vérifier si tout le monde a
bien dormi à sa place...) : debout les enfants ! Dans une
heure on part pour Nikkô, on va visiter Edo Wonderland
!
Edo Wonderland... Ca me dit quelque chose. Ah oui ! Cette
reconstitution d'un village de l'époque d'Edo (1603-1868)
où on peut se balader en louant des déguisements
(brochure en français ici !)
Je m'extirpe péniblement de mon futon. Aïe, ouille,
c'est pas la forme, j'ai des brûlures d'estomac et un bon mal
de crâne, serait-ce déjà le stress du
départ ?
Vers neuf heures, voilà toute la petite famille
arrivée au fameux Edo Wonderland. Le site est
entourée par les montagnes, ce qui n'empêche pas la
journée de s'annoncer plus que chaude. Nous achetons des
ombrelles pour nous protéger du soleil et commençons
notre exploration en croisant diverses personnes qui se sont
prêtées au jeu du déguisement et qui se
baladent en samouraï, geisha, ninja, des costumes que l'on
peut louer à l'entrée du village.
Je jouerais bien le jeu moi aussi mais il fait trop chaud pour
porter un costume de ce genre, en plus je suis toujours aussi mal
en point qu'au réveil, j'espère que ça va
passer... 
Salons de thé, exposition d'armures de sabres de
samouraï (faux), estampes (fausses elles aussi),
théâtre, maison " hantée " sur le thème
des ninjas, les activités et choses à voir ne
manquent pas mais mon attention est vite attirée vers la
rivière où il semble y avoir de l'action.
En effet
une ARMEE de carpes sont en train de se grimper les unes sur les
autres dans un bruit de succion et ouvrent grand leur bouche
immonde dans l'attente de nourriture que leur jettent des
enfants.
J'en ai vu des carpes durant mon séjour mais jamais elles ne
m'ont semblé aussi répugnantes et surtout aussi
nombreuses. Ai se penche sur le ponton et met son doigt dans leur
bouche, que ces sales bêtes s'empressent d'essayer
d'aspirer.
" Mais arrête, m'écrie-je indignée, c'est
dégueulasse !
- Mais non, rit-elle, c'est marrant, ça chatouille, tu
devrais essayer !
- Pas question, jamais !! Beurk, ça me donne envie de
vomir.
- Elles sont trop mignonnes, j'aimerais bien en adopter une... "
conclue-t-elle en soupirant.
Sans commentaire. 
Nous continuons notre route et arrivons jusqu'à la place du
" village " où des ninjas donnent un spectacle en faisant
participer des enfants. Nous choississons plutôt d'entrer
dans un des petits théâtre où un spectacle de
magie avec de l'eau va commencer.
C'est sympa mais ce qui me marque surtout c'est tout ce
gâchis... surtout quand il fait aussi chaud ! Toute cette eau
perdue, qui va s'évaporer sans avoir servi (pour un usage
utile j'entends) quel malheur...
A la fin de la représentation, nous continuons notre
exploration du village, je m'attarde particulièrement sur la
prison où sont enfermées et torturées
plusieurs pauvres poupées (je suggérerais bien qu'on
les remplace par les niards hurleurs...) pendant qu'Ai et Senpai
regardent une petite pièce de théâtre. Un
monsieur vient gentiment me donner quelques explications sur la vie
dans les prisons à l'époque.
Eh bien mieux valait être un honnête homme !
Mon chemin m'emmène ensuite jusqu'à la visite d'une "
maison de l'histoire " où sont mis en scène quelques
événements historiques importants de l'époque
Edo : je suis fière de reconnaître la plupart sans avoir à lire les légendes. 
Mes brûlures d'estomac reprennent de plus belle, je lutte
pour ne pas marcher pliée en deux et adopte le visage " tout
va très bien ", après tout, il n'y a rien à
faire de toute façon sinon attendre que ça
passe.
Nous avons lu sur la brochure que diverses processions avaient lieu
dans la journée, c'est donc sans surprise que nous entendons
vers midi une annonce nous prévenant qu'un mikoshi va
être porté le long de l'allée principale du
village.
Nous sommes enjoints à prendre un bol
traînant au pied de baquets et à le remplir d'eau pour
le balancer sur le mikoshi quand il passera à notre
portée.
Peuh, même pas impressionnée, j'en ai
porté un de mikoshi moi, un vrai d'abord ! 
Et pas un en bois
Ikea comme celui qui arrive vers nous, balancé dans tous les
sens par les porteurs/employés d'Edo Wonderland.
Balancer l'eau sur le mikoshi... mon oeil ! Ceux qui sont
trempés des pieds à la tête, ce sont les
porteurs. Je soupçonne certains nippons de prendre un
véritable plaisir à balancer ainsi des litres d'eau
à la tête de ces pauvres garçons, c'est qu'ils
récidivent en plus !
Heureusement qu'il fait chaud.
J'ai
tout de même un peu de scrupule à arroser un parfait
inconnu en plein labeur mais comme je vise mal de toute
façon l'eau que contenait mon bol s'abat sur la tête
de quelqu'un et non pas sur le mikoshi qui est bien plus sec que
ses porteurs. 
Nous partons après ça et je pense que c'est une bonne
décision étant donné que le ciel devient
menaçant. Ca ne loupe pas : l'orage éclate pendant
que nous déjeunons dans un restaurant de soba perdu au
milieu de nulle part.
Ai se tourne vers moi : " tu entends ? L'orage du Tochigi est
différent des autres coins du Japon, il est vraiment fort
ici tu ne trouves pas ?
- En fait je trouvais plutôt que les orages qu'on avait eu
jusqu'ici étaient assez faibles. En France ça
ressemble plus à ce qu'on entend maintenant. "
Je me sens de moins en moins bien, j'ai tellement mal à
l'estomac que j'en viens à avoir la nausée, j'ai
l'impression qu'on est en train de tirer dessus pour l'entortiller
dans tous les sens, sans compter le mal de crâne qui a repris
de plus belle.
Heureusement qu'on n'a rien prévu pour l'après-midi,
je ne peux plus cacher que je me sens mal et dès qu'on
arrive à la maison je vais m'écrouler sur le futon en
grelottant malgré la chaleur.
Je déteste être malade devant tout le monde : les gens
s'inquiètent et vous n'allez pas mieux pour autant. Les
parents d'Ai ne savent pas quoi faire pour que j'aille mieux, ils
proposent même de m'accompagner à l'hôpital mais
je ne veux surtout pas : je me rends compte que je veux juste
être seule et comater tranquillement. 
Plus ils sont aux petits soins, moins je me sens bien, ça
m'ennuie tellement qu'ils se fassent du souci pour moi. Du coup
j'exprime avec quelque hésitation mon souhait de rentrer
chez moi dans la soirée : j'ai peur qu'ils le prennent mal,
qu'ils soient vexés... Je ne sais pas ce qu'il est en pour
vous mais quand je suis malade je veux juste être seule :
pouvoir gérer la clim comme je l'entends, manger si j'en ai
envie et à l'heure que je veux.
Heureusement Ai comprend très bien mon sentiment et ne se
formalise pas du tout de ma volonté de les abandonner
lâchement, le reste de la petite famille non plus
d'ailleurs.
Otoo-san me propose même de me raccompagner en voiture,
inquiet de savoir si j'arriverais à rentrer chez moi toute
seule. Je le rassure et insiste pour rentrer en train, il
abandonne.
Je suis vraiment mal de m'enfuir comme ça, surtout que c'est
mon dernier séjour ici mais l'idée de passer encore
une journée dans cet état et hors de mon cocon me
paraît insurmontable...
Ils me raccompagnent à la gare vers 19h et okaa-san me
confie un bentô pour le dîner.
Incorrigible okaa-san... je culpabilise encore plus de partir comme
une voleuse. 
Arrivée chez moi pliée en deux après un trajet
qui ne m'avait jamais semblé aussi long, je me régale
de ces boulettes de riz préparées avec amour tout en
lisant le sourire aux lèvres le petit mot qu'a glissé
okaa-san dans le sac pour me dire de vite recouvrir la
santé.
Heureusement que nous ne nous sommes pas quittés sur ce
départ précipité, nous nous reverrons la
semaine prochaine pour aller à l'aéroport.
J'appelle pour les rassurer et m'endors quelques secondes
après m'être glissé dans mon lit.
Jeudi 14 : au revoir les garçons
Je me réveille en bien meilleure forme que je ne me suis
couchée hier.
Qu'est-ce qui m'est arrivé finalement ?
Mystère. Bah le principal c'est que ça aille mieux
!
J'ai toute la journée pour légumer avant que nous
n'allions avec Lorraine assister à notre dernier concert de
JJJB. Le dernier... je ne percute pas vraiment. Il s'est
écoulé tant de temps depuis le jour où on
s'est rencontrés quand on se les gelait au parc de Yoyogi
?
Je m'en souviens encore très bien. Est-ce que je vais
réussir à ne pas pleurer ce soir ?
Et si je pleure, est-ce qu'ils seront gênés, est-ce
que je pourrais les prendre dans mes bras pour me consoler ? Je
suis en tout cas quasiment sûre qu'ils seront beaucoup moins
affectés que nous.
Je passe la journée à glandouiller et arrive le
moment où on se retrouve devant la salle, puis devant la
scène de la Mama, à Shibuya.
Je suis bien contente qu'ils jouent là ce soir, je ne compte
plus les fois où nous sommes venues dans cette salle. Ca
leur est bien arrivé deux ou trois fois de jouer ailleurs,
mais si je devais les rattacher à un endroit, ce serait bien
celui-ci.
Lorraine prend quelques photos de la salle et des posters qui
ornent les murs depuis que nous sommes au Japon (et sûrement
depuis bien longtemps avant même...)
Ce soir JJJB est le dernier groupe à passer, ils sont
finalement arrivés à la " meilleure place ", celle de
ceux qui ont le privilège de clôturer la
soirée.
Je suis un peu déçue : Tarô déboule avec
un costume normal alors qu'il m'avait promis de mettre son costume
à fleurs ringard pour nous faire plaisir.
La grosse tête se met à chanter, les trois autres
à jouer de leurs instruments, ils enchaînent tous les
morceaux que j'aime, l'ordre n'aurait pas pu être meilleur,
tout pour me pousser aux larmes.
Pourtant et contre toute attente, je n'ai pas envie de pleurer.
Lorraine non plus, visiblement.
Je suis nostalgique, mais contente
et je n'ai pas le moral dans les chaussettes.
Peut-être que
j'ai accumulé trop de fatigue pour réaliser.
Ils terminent en beauté avec mon morceau
préféré : Saiseisan rock puis quittent la scène, les lumières
baissent.
Alors, ça y est ? C'est fini ? Déjà... J'ai
envie de crier " encore ", de demander un rappel.
Ca ne peut pas être déjà fini. Je ne suis pas
prête psychologiquement ! XD
Peut-être ont-ils entendu mon appel muet, voilà
Tarô qui revient sur scène et qui annonce : " bon,
c'est pas vraiment un rappel mais il y a une chanson qu'on aimerait
jouer... Vous savez normalement les groupes de rock gardent leur
chanson la plus bruyante pour le rappel, mais là pour le
coup, elle est assez calme...
C'est une chanson qui s'appelle Tamashii no tabiji, elle est
dédiée aux gens qui voyagent...
J'avais envie de la
chanter... Bref, écoutez s'il vous plaît. "
Je reconnais cette chanson aux premières notes, elle est sur
le CD mais ils ne l'avaient encore jamais jouée jusqu'ici,
à aucun de leurs concerts où nous étions
allées (c'est-à-dire quasiment tous XD). En effet
elle est assez calme, pas terrible pour mettre une ambiance de feu.
Dédiée aux gens qui voyagent...
Serait-ce possible que... ? Non, je dois me faire des idées.
J'interroge Lorraine, elle pense à la même chose que
moi. Finalement nous n'oserons jamais leur demander, de peur de
mourir de honte si le fait qu'ils jouent cette chanson
précisément ce soir n'est pas un clin d'oeil qui nous
était destiné.
Je me laisse porter par la mélodie, en repensant à
tous les moments passés avec eux : nos karaokes, le tour en moto avec Tarô, le yakiniku et le débat sur Godard, la soirée jeux vidéo avec la Nintendo Pikachu d'Oi-chan, la bataille de neige, la découverte du saucisson...
Cette fois-ci, les larmes ne sont pas loin mais elles ne sortent
pas, pourtant je n'essaie pas spécialement de me
retenir.
Peut-être que j'ai tout simplement enfin compris que ces
derniers jours ici n'étaient pas plein d'adieux mais de
simples au-revoirs.
Le morceau se termine mais Tarô ne lâche pas son micro
: " désolé, finalement, ce n'est pas encore fini !
Pour être un groupe de rock digne de ce nom, il faut qu'on
finisse ce concert sur notre morceau le plus bruyant, c'est
inévitable ! "
Ils se marrent et entament les premières notes de 61
gôsen.
Le concert est terminé pour de bon. Cette fois c'est bel et
bien fini.
Je suis moins frustrée que tout à l'heure, maintenant
j'ai même une sorte de sentiment de devoir accompli,
d'achevé (mais bien sûr pas dans le sens où
c'était une corvée hein ! XD)
Nous sortons de la salle avec Lorraine et attendons devant qu'ils
finissent par sortir.
Quand ils nous verront, nous salueront-ils rapidement juste avant
de partir, prétextant qu'ils sont occupés ? Nous
attendons en inspectant une moto garée devant la salle, en
commençant à imaginer son propriétaire : serait-ce un
jeune homme du bâtiment avec des muscles et sa serviette sur
la tête ?
Quelle déception quand nous voyons sortir
d'un immeuble voisin un étranger de type kéké
qui chevauche cette moto et y installe derrière lui sa
japonaise aux genoux désarticulés.
Les minutes passent, se font longues, les garçons finissent
par sortir.
Nous discutons un peu tous ensemble, je leur ai apporté les
terrines qu'il me restait en stock, ils sont tous prêts
à bondir dessus comme des rapaces et décident
finalement de les jouer à pierre-papier-ciseau.
Je finis par
me retrouver je ne sais trop comment en tête à
tête avec Ma-chan.
" Alors ça y est... vous partez...
- Hé oui, c'est venu vite finalement.
- Tu l'as dit. Alors tu reviens quand ? Au plus tôt.
- Ben, je reviens pas en fait.
- Ah bon ?? Pas du tout, du tout ? Je croyais que c'était
prévu !
- Non, je reviendrai sûrement, mais ça dépendra
de beaucoup de choses, je ne sais pas...
- J'aurais aimé qu'on fasse un peu mieux connaissance, je
suis désolé de ne pas être très sociable
et de n'être jamais venu boire un coup avec vous.
- C'est pas grave, on gardera contact grâce au saucisson
maintenant que vous êtes accro.
Je vous en enverrai, et
n'oubliez de m'envoyer le nouvel album !
- Ca marche, je t'enverrai des gyoza senbei, c'est une
spécialité du Tochigi ! Ca donne vraiment mauvaise
haleine mais c'est super bon !
- Ben forcément, si c'est au gyoza... " conclue-je en
souriant.
Il ne reste plus beaucoup de temps avant le dernier train mais
Tarô propose que nous allions tous boire un verre ensemble,
nous savons bien que c'est pour une occasion spéciale,
même s'il ne prononce pas le mot fatidique... " Pot d'au
revoir "
Une fois installés, j'engueule ce naze de Tarô pour ne
pas avoir mis le costume que nous aimons tant, il se défend
en prétextant que le pressing ne l'a pas encore
nettoyé.
Ce soir la copine d'Oi-chan est là aussi. LA fameuse copine
d'Oi-chan.
Elle a longtemps attisé ma curiosité, je
me demandais quelle genre de japonaise pouvait être
attirée par Oi-chan et surtout comment elle supportait ses
infidélités (jamais évoquée
explicitement avec nous mais souvent sous-entendue). Finalement
c'est un petit bout de fille normale, discrète mais mignonne
et a l'air assez posé.
Je suis bluffée par son sang-froid et son amabilité
envers nous. Comme elle doit nous haïr... (moi à sa
place je me serais haïe. Si mon copain dormait de temps en
temps avec deux japonaises j'aurais envie de les trucider, c'est
une réaction humaine et parfaitement normale, non ?
)
On parle de tout et rien, on rigole comme d'habitude et au moment
de se dire au revoir devant la gare, on préfère se
quitter normalement, sur un " à plus " banal.
Pas de longs au revoirs, pas d'ambiance pesante ni de larmes, c'est
bien mieux comme ça.
Nous reviendrons !
Pour que la boucle soit bouclée, de retour à Sengawa
nous allons avec Lorraine manger au Royal Host, le restaurant qui
reste ouvert le plus tard et celui où nous avions l'habitude
d'aller après les concerts de Juke Joint Jive Band.
Après, je ne me souviens plus. Je me rappelle juste avoir
écouté leur CD en boucle dans la journée qui a
suivi, en me remémorant nos bos souvenirs la banane aux
lèvres.
Je suis vraiment heureuse de les avoir rencontrés !
Photo : Oi-chan en star du RnB avec sa bande autour de lui !
XD
De gauche à droite : Ma-chan, Yûka, l'amie d'enfance
de Kô-chan, Oi-chan, moi, Lorraine, Tarô avec sa
terrine à la main et en bas Kô-chan
Accueil
Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 08/10/08 19:40 / 172 articles publiés
魂の旅路 (tamashii no tabiji) posté le vendredi 29 août 2008 20:56
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