Accueil Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 08/10/08 19:40 / 172 articles publiés
 

魂の旅路 (tamashii no tabiji)  posté le vendredi 29 août 2008 20:56

Comment pourrait-on traduire le titre de ce morceau de nos amis de JJJB... Voyage spirituel ?

Mardi 12 août : retour dans le Tochigi
La sonnerie crispante du réveil me tire de mes doux songes vers 8h30 le matin du 12, j'ai encore dormi moins de six heures cette nuit...
Ces derniers temps j'ai vraiment pris la mauvaise habitude de me coucher à pas d'heure.
Je me réfugie derrière le fait que me coucher à 3h passées m'aidera à me réhabituer à l'heure française (dans le genre excuse bidon... {#})

J'ai rendez-vous avec Ai et Senpai directement dans le train qui nous ramènera dans le Tochigi.
Ai a tout noté sur un petit bout de papier, elle a même gribouillé un petit schéma pour m'indiquer dans quelle voiture monter, j'ai un peu l'impression d'être prise pour une demeurée mais au fond je suis touchée par l'intention.
J'obtempère sagement aux ordres du petit papier et retrouve les deux tourtereaux quand le train arrive à Ikebukuro, et ne tarde pas à fermer les yeux pour tenter de récupérer un peu de sommeil. Ai et Senpai me croient endormie et je sens bien que ça s'agite autour de moi, qu'ils se servent de moi pour faire les pignoufs, prendre des photos, ça m'amuse alors je les laisse faire, même si j'ai du mal à me retenir de rigoler. {#}
Qu'est-ce que j'envie les gens qui arrivent à s'endormir n'importe où à n'importe quelle heure, moi si je ne suis pas dans un lit... {#}

Bref nous arrivons à la maison à peu près pour l'heure du déjeuner : okaa-san nous a préparé plein de bonnes choses. Ca fait tellement longtemps que je n'ai rien mangé qui ressemble à de la vraie cuisine que j'engloutis tout ça en un temps record tout en savourant tout de même chaque bouchée. Trop occupée ces derniers temps, je survis au niveau alimentaire en alternant les boui-boui pas cher et les plats tout préparés du konbini.
A peine le temps de digérer que nous voilà partis pour la piscine du coin.
J'ai un peu peur : je n'ai qu'un deux pièces de plage, pas de bonnet de bain : ça va passer quand même ? Sont tellement tâtillons en France, je n'ose pas imaginer ce que ça donne au Japon.
Pas de problème, m'assure Ai, ici ils sont très tolérants.
En effet, ce que je vois en arrivant près du bassin me sidère : des gens sont carrément en train de nager tout habillés, en short et Tshirt, sous l'oeil du maître nageur qui ne semble pas y trouver quelque chose à redire.
Pourtant l'eau n'est pas sale outre mesure et surtout, surtout ! il n'y a quasiment personne, seulement quelques enfants et leurs parents dans le petit bain.
Nous nous enduisons mutuellement de crème solaire et sautons dans l'eau (froide !)
Senpai est un homme qui aime le danger, qui aime prendre des risques !
Il déboule dans la piscine muni de son appareil photo histoire d'immortaliser quelques-unes de nos pignouferies aquatiques.
Puisque on est là, autant en profiter pour faire raffermir nos chairs molles, je me lance dans quelques longueurs mais je ne tarde pas à être stoppée dans mon élan sportif par une Ai déjà fatiguée qui veut aller faire du shopping.
Ainsi soit-il : allons donc faire du shopping, c'est les vacances, tout me convient (et après il y en a encore pour me qualifier de ch*euse, tss... {#})

Il y a bien longtemps que j'ai renoncé à chercher des vêtements susceptibles de m'aller dans ce pays, en revanche mon frère est grand et sec comme un nippon et c'est bientôt l'anniversaire de ce pignouf : peut-être aurais-je des chances de lui trouver quelque chose.
T-shirt moulant rose, short faussement usé, santiags dignes des plus grandes rois lionnes de Shinjuku... je ne me ferai décidément jamais à la notion de virilité de nos amis nippons...
Tiens ! Une chemisette avec un mont Fuji et des fleurs de cerisiers ! Violette en plus, 100% style homme de main de yakuza, vendu ! {#}
Mais un garçon à dix-sept ans, ça change beaucoup... Bon, il doit être gaulé à peu près comme Senpai, ce dernier propose gentiment de servir de mannequin, hélas ça a l'air d'être un peu juste et je dois me rabattre sur la taille au-dessus qui n'existe qu'en vert : c'est raté pour l'effet yakuza !
J'achète quand même la chemisette, fière de ma trouvaille et nous finissons la journée dans un restau de cuisine française pour fêter l'anniversaire d'okaa-san.

Le pain est bon, ça, oui, je ne leur retire pas, mais la nourriture... du concentré de gras.
J'ai l'impression que je vais prendre cinq kilos rien qu'en regardant ce " steack haché " dégoûlinant de graisse. Est-ce ainsi que l'on perçoit la nourriture française ?
Je zieute un peu les tables alentours, tout le monde a l'air de se régaler, je ne vais pas gâcher le bonheur familial quand on me demande si c'est bon et et si ça ressemble bien à la nourriture française. " Oui, oui, réponds-je tout de même d'une petite voix, surtout le pain... " {#}

En rentrant à la maison, je prends mon bain et me jette dans le futon, j'ai l'impression de ne pas avoir dormi pendant des jours.
Je suis bientôt rejointe par Ai et Senpai qui lui dort dans le lit, tout seul.
Une petite visite surprise d'otoo-san qui doit vouloir s'assurer que sa fille chérie ne partage pas le même lit que son copain et nous pouvons nous endormir la conscience tranquille.
Je me réveille en pleine nuit et obtiens une nouvelle preuve flagrante de mon manque de féminité dans ce pays : j'étais en train de dormir exactement dans la même position que Senpai : sur le dos, main derrière la nuque, l'autre sur mon ventre, genou replié, il n'aurait plus manquer que je ronfle... Je suis tentée d'éclater de rire face à cette similitude (le poil aux pattes au moins tout de même...) en nous comparant à Ai si mignonne qui dort recroquevillée sur elle-même comme une petite chose fragile mais à 4h du matin ce serait peut-être un peu malvenu...

Mercredi 13 : Edo Wonderland

7h du matin, otoo-san déboule dans la chambre (peut-être encore pour vérifier si tout le monde a bien dormi à sa place...) : debout les enfants ! Dans une heure on part pour Nikkô, on va visiter Edo Wonderland !
Edo Wonderland... Ca me dit quelque chose. Ah oui ! Cette reconstitution d'un village de l'époque d'Edo (1603-1868) où on peut se balader en louant des déguisements (brochure en français ici !)
Je m'extirpe péniblement de mon futon. Aïe, ouille, c'est pas la forme, j'ai des brûlures d'estomac et un bon mal de crâne, serait-ce déjà le stress du départ ?

Vers neuf heures, voilà toute la petite famille arrivée au fameux Edo Wonderland. Le site est entourée par les montagnes, ce qui n'empêche pas la journée de s'annoncer plus que chaude. Nous achetons des ombrelles pour nous protéger du soleil et commençons notre exploration en croisant diverses personnes qui se sont prêtées au jeu du déguisement et qui se baladent en samouraï, geisha, ninja, des costumes que l'on peut louer à l'entrée du village.
Je jouerais bien le jeu moi aussi mais il fait trop chaud pour porter un costume de ce genre, en plus je suis toujours aussi mal en point qu'au réveil, j'espère que ça va passer... {#}
Salons de thé, exposition d'armures de sabres de samouraï (faux), estampes (fausses elles aussi), théâtre, maison " hantée " sur le thème des ninjas, les activités et choses à voir ne manquent pas mais mon attention est vite attirée vers la rivière où il semble y avoir de l'action.
En effet une ARMEE de carpes sont en train de se grimper les unes sur les autres dans un bruit de succion et ouvrent grand leur bouche immonde dans l'attente de nourriture que leur jettent des enfants.
J'en ai vu des carpes durant mon séjour mais jamais elles ne m'ont semblé aussi répugnantes et surtout aussi nombreuses. Ai se penche sur le ponton et met son doigt dans leur bouche, que ces sales bêtes s'empressent d'essayer d'aspirer.
" Mais arrête, m'écrie-je indignée, c'est dégueulasse !
- Mais non, rit-elle, c'est marrant, ça chatouille, tu devrais essayer !
- Pas question, jamais !! Beurk, ça me donne envie de vomir.
- Elles sont trop mignonnes, j'aimerais bien en adopter une... " conclue-t-elle en soupirant.
Sans commentaire. {#}

Nous continuons notre route et arrivons jusqu'à la place du " village " où des ninjas donnent un spectacle en faisant participer des enfants. Nous choississons plutôt d'entrer dans un des petits théâtre où un spectacle de magie avec de l'eau va commencer.
C'est sympa mais ce qui me marque surtout c'est tout ce gâchis... surtout quand il fait aussi chaud ! Toute cette eau perdue, qui va s'évaporer sans avoir servi (pour un usage utile j'entends) quel malheur...
A la fin de la représentation, nous continuons notre exploration du village, je m'attarde particulièrement sur la prison où sont enfermées et torturées plusieurs pauvres poupées (je suggérerais bien qu'on les remplace par les niards hurleurs...) pendant qu'Ai et Senpai regardent une petite pièce de théâtre. Un monsieur vient gentiment me donner quelques explications sur la vie dans les prisons à l'époque.
Eh bien mieux valait être un honnête homme !
Mon chemin m'emmène ensuite jusqu'à la visite d'une " maison de l'histoire " où sont mis en scène quelques événements historiques importants de l'époque Edo : je suis fière de reconnaître la plupart sans avoir à lire les légendes. {#}
Mes brûlures d'estomac reprennent de plus belle, je lutte pour ne pas marcher pliée en deux et adopte le visage " tout va très bien ", après tout, il n'y a rien à faire de toute façon sinon attendre que ça passe.
Nous avons lu sur la brochure que diverses processions avaient lieu dans la journée, c'est donc sans surprise que nous entendons vers midi une annonce nous prévenant qu'un mikoshi va être porté le long de l'allée principale du village.
Nous sommes enjoints à prendre un bol traînant au pied de baquets et à le remplir d'eau pour le balancer sur le mikoshi quand il passera à notre portée.
Peuh, même pas impressionnée, j'en ai porté un de mikoshi moi, un vrai d'abord ! {#}
Et pas un en bois Ikea comme celui qui arrive vers nous, balancé dans tous les sens par les porteurs/employés d'Edo Wonderland.
Balancer l'eau sur le mikoshi... mon oeil ! Ceux qui sont trempés des pieds à la tête, ce sont les porteurs. Je soupçonne certains nippons de prendre un véritable plaisir à balancer ainsi des litres d'eau à la tête de ces pauvres garçons, c'est qu'ils récidivent en plus !
Heureusement qu'il fait chaud.
J'ai tout de même un peu de scrupule à arroser un parfait inconnu en plein labeur mais comme je vise mal de toute façon l'eau que contenait mon bol s'abat sur la tête de quelqu'un et non pas sur le mikoshi qui est bien plus sec que ses porteurs. {#}

Nous partons après ça et je pense que c'est une bonne décision étant donné que le ciel devient menaçant. Ca ne loupe pas : l'orage éclate pendant que nous déjeunons dans un restaurant de soba perdu au milieu de nulle part.
Ai se tourne vers moi : " tu entends ? L'orage du Tochigi est différent des autres coins du Japon, il est vraiment fort ici tu ne trouves pas ?
- En fait je trouvais plutôt que les orages qu'on avait eu jusqu'ici étaient assez faibles. En France ça ressemble plus à ce qu'on entend maintenant. "
Je me sens de moins en moins bien, j'ai tellement mal à l'estomac que j'en viens à avoir la nausée, j'ai l'impression qu'on est en train de tirer dessus pour l'entortiller dans tous les sens, sans compter le mal de crâne qui a repris de plus belle.
Heureusement qu'on n'a rien prévu pour l'après-midi, je ne peux plus cacher que je me sens mal et dès qu'on arrive à la maison je vais m'écrouler sur le futon en grelottant malgré la chaleur.
Je déteste être malade devant tout le monde : les gens s'inquiètent et vous n'allez pas mieux pour autant. Les parents d'Ai ne savent pas quoi faire pour que j'aille mieux, ils proposent même de m'accompagner à l'hôpital mais je ne veux surtout pas : je me rends compte que je veux juste être seule et comater tranquillement. {#}
Plus ils sont aux petits soins, moins je me sens bien, ça m'ennuie tellement qu'ils se fassent du souci pour moi. Du coup j'exprime avec quelque hésitation mon souhait de rentrer chez moi dans la soirée : j'ai peur qu'ils le prennent mal, qu'ils soient vexés... Je ne sais pas ce qu'il est en pour vous mais quand je suis malade je veux juste être seule : pouvoir gérer la clim comme je l'entends, manger si j'en ai envie et à l'heure que je veux.
Heureusement Ai comprend très bien mon sentiment et ne se formalise pas du tout de ma volonté de les abandonner lâchement, le reste de la petite famille non plus d'ailleurs.
Otoo-san me propose même de me raccompagner en voiture, inquiet de savoir si j'arriverais à rentrer chez moi toute seule. Je le rassure et insiste pour rentrer en train, il abandonne.
Je suis vraiment mal de m'enfuir comme ça, surtout que c'est mon dernier séjour ici mais l'idée de passer encore une journée dans cet état et hors de mon cocon me paraît insurmontable...
Ils me raccompagnent à la gare vers 19h et okaa-san me confie un bentô pour le dîner.
Incorrigible okaa-san... je culpabilise encore plus de partir comme une voleuse. {#}
Arrivée chez moi pliée en deux après un trajet qui ne m'avait jamais semblé aussi long, je me régale de ces boulettes de riz préparées avec amour tout en lisant le sourire aux lèvres le petit mot qu'a glissé okaa-san dans le sac pour me dire de vite recouvrir la santé.
Heureusement que nous ne nous sommes pas quittés sur ce départ précipité, nous nous reverrons la semaine prochaine pour aller à l'aéroport.
J'appelle pour les rassurer et m'endors quelques secondes après m'être glissé dans mon lit.

Jeudi 14 : au revoir les garçons

Je me réveille en bien meilleure forme que je ne me suis couchée hier.
Qu'est-ce qui m'est arrivé finalement ? Mystère. Bah le principal c'est que ça aille mieux !
J'ai toute la journée pour légumer avant que nous n'allions avec Lorraine assister à notre dernier concert de JJJB. Le dernier... je ne percute pas vraiment. Il s'est écoulé tant de temps depuis le jour où on s'est rencontrés quand on se les gelait au parc de Yoyogi ?
Je m'en souviens encore très bien. Est-ce que je vais réussir à ne pas pleurer ce soir ?
Et si je pleure, est-ce qu'ils seront gênés, est-ce que je pourrais les prendre dans mes bras pour me consoler ? Je suis en tout cas quasiment sûre qu'ils seront beaucoup moins affectés que nous.
Je passe la journée à glandouiller et arrive le moment où on se retrouve devant la salle, puis devant la scène de la Mama, à Shibuya.

Je suis bien contente qu'ils jouent là ce soir, je ne compte plus les fois où nous sommes venues dans cette salle. Ca leur est bien arrivé deux ou trois fois de jouer ailleurs, mais si je devais les rattacher à un endroit, ce serait bien celui-ci.
Lorraine prend quelques photos de la salle et des posters qui ornent les murs depuis que nous sommes au Japon (et sûrement depuis bien longtemps avant même...)
Ce soir JJJB est le dernier groupe à passer, ils sont finalement arrivés à la " meilleure place ", celle de ceux qui ont le privilège de clôturer la soirée.
Je suis un peu déçue : Tarô déboule avec un costume normal alors qu'il m'avait promis de mettre son costume à fleurs ringard pour nous faire plaisir.
La grosse tête se met à chanter, les trois autres à jouer de leurs instruments, ils enchaînent tous les morceaux que j'aime, l'ordre n'aurait pas pu être meilleur, tout pour me pousser aux larmes.
Pourtant et contre toute attente, je n'ai pas envie de pleurer. Lorraine non plus, visiblement.
Je suis nostalgique, mais contente et je n'ai pas le moral dans les chaussettes.
Peut-être que j'ai accumulé trop de fatigue pour réaliser.
Ils terminent en beauté avec mon morceau préféré : Saiseisan rock puis quittent la scène, les lumières baissent.

Alors, ça y est ? C'est fini ? Déjà... J'ai envie de crier " encore ", de demander un rappel.
Ca ne peut pas être déjà fini. Je ne suis pas prête psychologiquement ! XD
Peut-être ont-ils entendu mon appel muet, voilà Tarô qui revient sur scène et qui annonce  : " bon, c'est pas vraiment un rappel mais il y a une chanson qu'on aimerait jouer... Vous savez normalement les groupes de rock gardent leur chanson la plus bruyante pour le rappel, mais là pour le coup, elle est assez calme...
C'est une chanson qui s'appelle Tamashii no tabiji, elle est dédiée aux gens qui voyagent...
J'avais envie de la chanter... Bref, écoutez s'il vous plaît. "
Je reconnais cette chanson aux premières notes, elle est sur le CD mais ils ne l'avaient encore jamais jouée jusqu'ici, à aucun de leurs concerts où nous étions allées (c'est-à-dire quasiment tous XD). En effet elle est assez calme, pas terrible pour mettre une ambiance de feu.

Dédiée aux gens qui voyagent...
Serait-ce possible que... ? Non, je dois me faire des idées.
J'interroge Lorraine, elle pense à la même chose que moi. Finalement nous n'oserons jamais leur demander, de peur de mourir de honte si le fait qu'ils jouent cette chanson précisément ce soir n'est pas un clin d'oeil qui nous était destiné.
Je me laisse porter par la mélodie, en repensant à tous les moments passés avec eux : nos karaokes, le tour en moto avec Tarô, le yakiniku et le débat sur Godard, la soirée jeux vidéo avec la Nintendo Pikachu d'Oi-chan, la bataille de neige, la découverte du saucisson...
Cette fois-ci, les larmes ne sont pas loin mais elles ne sortent pas, pourtant je n'essaie pas spécialement de me retenir.
Peut-être que j'ai tout simplement enfin compris que ces derniers jours ici n'étaient pas plein d'adieux mais de simples au-revoirs.
Le morceau se termine mais Tarô ne lâche pas son micro : " désolé, finalement, ce n'est pas encore fini ! Pour être un groupe de rock digne de ce nom, il faut qu'on finisse ce concert sur notre morceau le plus bruyant, c'est inévitable ! "
Ils se marrent et entament les premières notes de 61 gôsen.

Le concert est terminé pour de bon. Cette fois c'est bel et bien fini.
Je suis moins frustrée que tout à l'heure, maintenant j'ai même une sorte de sentiment de devoir accompli, d'achevé (mais bien sûr pas dans le sens où c'était une corvée hein ! XD)
Nous sortons de la salle avec Lorraine et attendons devant qu'ils finissent par sortir.
Quand ils nous verront, nous salueront-ils rapidement juste avant de partir, prétextant qu'ils sont occupés ? Nous attendons en inspectant une moto garée devant la salle, en commençant à imaginer son propriétaire : serait-ce un jeune homme du bâtiment avec des muscles et sa serviette sur la tête ?
Quelle déception quand nous voyons sortir d'un immeuble voisin un étranger de type kéké qui chevauche cette moto et y installe derrière lui sa japonaise aux genoux désarticulés.
Les minutes passent, se font longues, les garçons finissent par sortir.
Nous discutons un peu tous ensemble, je leur ai apporté les terrines qu'il me restait en stock, ils sont tous prêts à bondir dessus comme des rapaces et décident finalement de les jouer à pierre-papier-ciseau.

Je finis par me retrouver je ne sais trop comment en tête à tête avec Ma-chan.
" Alors ça y est... vous partez...
- Hé oui, c'est venu vite finalement.
- Tu l'as dit. Alors tu reviens quand ? Au plus tôt.
- Ben, je reviens pas en fait.
- Ah bon ?? Pas du tout, du tout ? Je croyais que c'était prévu !
- Non, je reviendrai sûrement, mais ça dépendra de beaucoup de choses, je ne sais pas...
- J'aurais aimé qu'on fasse un peu mieux connaissance, je suis désolé de ne pas être très sociable et de n'être jamais venu boire un coup avec vous.
- C'est pas grave, on gardera contact grâce au saucisson maintenant que vous êtes accro.
Je vous en enverrai, et n'oubliez de m'envoyer le nouvel album !
- Ca marche, je t'enverrai des gyoza senbei, c'est une spécialité du Tochigi ! Ca donne vraiment mauvaise haleine mais c'est super bon !
- Ben forcément, si c'est au gyoza... " conclue-je en souriant.

Il ne reste plus beaucoup de temps avant le dernier train mais Tarô propose que nous allions tous boire un verre ensemble, nous savons bien que c'est pour une occasion spéciale, même s'il ne prononce pas le mot fatidique... " Pot d'au revoir "
Une fois installés, j'engueule ce naze de Tarô pour ne pas avoir mis le costume que nous aimons tant, il se défend en prétextant que le pressing ne l'a pas encore nettoyé.
Ce soir la copine d'Oi-chan est là aussi. LA fameuse copine d'Oi-chan.
Elle a longtemps attisé ma curiosité, je me demandais quelle genre de japonaise pouvait être attirée par Oi-chan et surtout comment elle supportait ses infidélités (jamais évoquée explicitement avec nous mais souvent sous-entendue). Finalement c'est un petit bout de fille normale, discrète mais mignonne et a l'air assez posé.
Je suis bluffée par son sang-froid et son amabilité envers nous. Comme elle doit nous haïr... (moi à sa place je me serais haïe. Si mon copain dormait de temps en temps avec deux japonaises j'aurais envie de les trucider, c'est une réaction humaine et parfaitement normale, non ? {#})
On parle de tout et rien, on rigole comme d'habitude et au moment de se dire au revoir devant la gare, on préfère se quitter normalement, sur un " à plus " banal.
Pas de longs au revoirs, pas d'ambiance pesante ni de larmes, c'est bien mieux comme ça.
Nous reviendrons !

Pour que la boucle soit bouclée, de retour à Sengawa nous allons avec Lorraine manger au Royal Host, le restaurant qui reste ouvert le plus tard et celui où nous avions l'habitude d'aller après les concerts de Juke Joint Jive Band.
Après, je ne me souviens plus. Je me rappelle juste avoir écouté leur CD en boucle dans la journée qui a suivi, en me remémorant nos bos souvenirs la banane aux lèvres.
Je suis vraiment heureuse de les avoir rencontrés !

Photo : Oi-chan en star du RnB avec sa bande autour de lui ! XD
De gauche à droite : Ma-chan, Yûka, l'amie d'enfance de Kô-chan, Oi-chan, moi, Lorraine, Tarô avec sa terrine à la main et en bas Kô-chan

Déposez un commentaire !

Mieux vous connaître (facultatif) :

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.103.63.58) pour vous identifier.

Aucun commentaire pour l'article:
魂の旅路 (tamashii no tabiji)