Vendredi soir : deux
kékés à Sengawa
Mardi c'était leur concert, vendredi Tarô et Oi-chan
sont venus à Sengawa pour une dernière petite
soirée ensemble. Ah ils avaient l'air malin tous les deux
avec leurs lunettes de soleil en pleine nuit, de vrais
kékés (surtout Oi-chan avec son look de plagiste, je
crois qu'il ferait un beauf français parfait...
)
Quant à Tarô, il portait une espèce de bonnet
ignoble aux allures de préservatif qui a encore
été prétexte à bon nombre de vannes. Le
pauvre il s'en prend toujours plein la tête (qui est
très grosse dans son cas, rappelons-le) mais ce grand dadet
est un sujet à plaisanteries permanent rien que par son
apparence.
Nous avons été manger dans une izakaya et nous avons
parlé, parlé, parlé... comme d'habitude quand
on est avec eux le temps passe toujours trop vite et le temps qu'on
s'en rende compte il était déjà minuit
passées.
La soirée n'aurait pu être parfaite sans un petit
détour par la case karaoke. 
Je crois que
l'image de Tarô en train de chanter avec sa grosse voix le
générique de " Ponyo sur une falaise "
(le nouveau film Ghibli) restera longtemps gravée dans ma
mémoire. XD
J’avais apporté un peu de saucisson pour le plus grand
bonheur d’Oi-chan qui m'a avoué avoir fait plein
d'expériences avec celui que je lui avais donné en
février pour pousser le goût du saucisson à son
paroxysme.
Il en a déduit que là où le saucisson
était le meilleur, c'était sur du riz avec un peu de
sauce soja et un jaune d'oeuf (dire que je tenais mon frère
pour le maître des expériences culinaires
bizarres...
)
Son amour pour cette spécialité française fait
tellement plaisir à voir - même s'il en fait un
drôle d'usage - que j'ai pris son adresse pour lui en envoyer
une fois que je serai rentrée.
Nous l'avons fait goûter à Tarô qui a bien
dû reconnaître que c'était très bon
même si au départ il était plutôt
sceptique à cause de l'odeur " puante ".
L'expérience est donc
une réussite complète, tout le groupe JJJB a
été converti ! 
Le matin est
arrivé un peu trop vite à notre goût et Oi-chan
est parti travailler (avec le reste du saucisson), suivi peu
après par Tarô qui bossait lui aussi.
Finalement comme on avait complètement la tête dans le
mur quand on s’est quittés, on n’a pas eu le
temps de réaliser que c'était la dernière fois
qu'on se voyait en dehors de leur concert mais ce n'était
pas plus mal ainsi, ça nous a évité d'avoir le
blues.
On se reverra une dernière fois le 14, le jour de leur
dernier concert avant notre départ.
Samedi : la dépravée du yukata
Nous avons dormi un peu après le départ des
garçons et nous sommes préparées pour aller
déjeuner avec Kô-chan à Shinjuku qui n'avait
pas pu venir la veille car il devait bosser.
Il voulait nous présenter depuis longtemps son Senpai car
celui-ci est déjà venu en France et compte y revenir
bientôt pour y étudier un an ou deux.
Comme Kô-chan nous avait dit qu'il étudiait la mode,
je m'attendais à un garçon assez effeminé et
maniéré (aaaah ces préjugés...
) mais le fameux
Akitoshi-senpai s'est révélé être un
très beau jeune homme avec un sourire ravageur !

En plus il est un
peu otaku sur les bords donc je pense qu'on va très bien
s'entendre, je lui ferai découvrir les boutiques de manga et
japanime de Paris. Bref on s'est échangés nos
coordonnées comme ça il n'aura plus qu'à nous
contacter quand il déboulera. 
On avait ensuite rendez-vous à 15h50 à Asakusa avec
Yôsuke et Cie qui étaient sur place depuis 9h du matin
pour réserver un bon emplacement pour assister aux feux
d'artifice (hanabi) de la rivière Sumida.
Nous avions emporté nos yukata avec Lorraine et nous nous
sommes changées à l’arrache dans les toilettes
de la gare en quatrième vitesse car nous étions
déjà en retard pour nous être trompées
dans les changements de train sur la route (ahem...
)
Miho nous a
retrouvées complètement par hasard dans les toilettes
et nous a aidé à finir de nous habiller (dans la
précipitation j’avais attaché mon yukata du
mauvais côté, chose qu’il ne faut pas prendre
à la légère vu qu’on rabat le pan droit
du kimono sur le gauche lors de funérailles… boulet
un jour, boulet toujours
)
J’ai retrouvé Yôsuke, Senpai et Ju Hoo
haletante, me suis excusée pour ce retard impardonnable de
vingt bonnes minutes (heureusement qu’on m’a retenue,
j’étais prête à me faire seppuku avec mon
éventail) et je leur ai présenté Lorraine et
Miho alors que nous étions en route pour rejoindre le reste
de la petite troupe qui nous gardait notre place de choix.
Le temps de reprendre mon souffle, je me suis mis à observer
un peu les environs : on aurait dit que tout Tôkyô
était réuni à Asakusa pour assister aux feux
d’artifice.
On m’avait prévenu qu’il risquait d’y
avoir foule mais je ne m’attendais pas à ce que le
gens soit si nombreux.
Je n’avais jamais vu les rues si noires de monde, elles
grouillaient de gens, jeunes pour la plupart, vêtus de
yukata, femmes comme hommes. C’était un beau
défilé de couleurs.
Yôsuke portait également le yukata et j’ai
hésité un moment entre lui sauter dessus ou me
contenir. Finalement ma morale l’a emporté.
Je crois qu’il ne le sait pas mais le charisme du Japonais
est à son apogée quand il porte ce genre de
vêtement, (surtout quand il s’agit d’un
garçon qui me plaisait vraiment bien en
l’occurrence… XD) Hélas je ne pouvais pas en
dire autant de moi-même, à cause de ma poitrine plus
encombrante que celle de la plupart des japonaises, mon yukata
avait tendance à faire des siennes et se défaire un
peu, me faisant passer pour une fille de joie
olé-olé ! XD
La prochaine fois, je mettrai un bandage ! 
Qui dit matsuri ou feux d’artifice dit yakisoba (nouilles
sautées) et alcool !
C’est donc
après nous être approvisionné en vivres que
nous avons rejoint Ai et Takashi qui nous attendaient sur une belle
bâche bleue perdue parmi tant d’autres.
Le feu d’artifice ne commençait qu’à 19h,
nous avions donc un peu de temps devant nous.
Je me fais peut-être des idées mais j’ai
l’impression qu’Ai n’a pas spécialement
apprécié l’intrusion de Miho au milieu de son
harem, précisément quand il s’est
avéré que l’intéressée et Senpai
se découvraient point commun sur point commun. Ils se sont
lancés dans une discussion enflammée sur la
littérature (on ne pouvait plus les
arrêter…
)
Enfin je pense qu’Ai peut dormir tranquille : Senpai est
fou amoureux d’elle, comme tous les autres d’ailleurs.
Il ne doit bien y avoir qu’elle pour ne pas remarquer que
Yôsuke et Ju Hoo sont également à ses pieds.
Ahlala quelle concurrence pour le pauvre Senpai, il a la vie
dure.
Enfin moi ça me fait toujours rigoler quand je vois ce petit
bout de nana extravertie entourée de ses grands
dadais. 
Nous nous sommes
lancés dans une partie de cartes vautrés sur la
bâche pendant que Miho et Senpai continuaient leur
débat comme coupés du monde extérieur,
Lorraine endormie sur l’épaule de Miho (ahlala,
à vingt-BIIIP ça ne supporte déjà plus
les nuits blanches ! XD)
A 19h, la première fusée s’est envolée
comme prévu et ce fut le début d’un spectacle
magnifique qui allait durer une heure et demie.
Ils avaient assuré en venant aussi tôt le matin :
nous n’aurions pas pu avoir de meilleure place.
Je regardais pensive ces « fleurs de feu »
(traduction de hanabi) aux jolies couleurs et formes originales
éclairer le ciel quand je me suis rappelé que ma vie
« nocturne » au Japon avait justement
commencé par un feu d’artifice, quelques jours
après mon arrivée.
Je contemplais ce spectacle magnifique assise entre Ai et
Yôsuke, posant parfois ma tête sur leur épaule,
m’amusant des « oooh » et
« aaaah » d’admiration poussés
à l’unisson par tout le monde, tentant
d’éviter au passage les petits morceaux de
fusée qui pleuvaient du ciel.
Pendant cette heure et demie, mes souvenirs avec Ai, Yôsuke
et Takashi me sont revenus en mémoire, du jour de notre
rencontre au festival de l’université à ce
soir-là, en passant par notre après-midi à la
patinoire ou encore notre fête de Noël et sans que je
m’en rende compte les larmes ont commencé à
couler.
Je ne devais pas être la seule sur qui les feux
d’artifice produisent ce genre d’effet car quand
j’ai tourné la tête vers Ai j’ai
remarqué qu’elle pleurait, elle aussi.
Je n’ai pas eu besoin de lui demander pour savoir
qu’elle pensait à la même chose que moi, elle
m’a juste murmuré un faible « je ne veux
pas que tu partes... »
Alors je l’ai prise dans mes bras et on a pleuré en
riant toutes les deux pendant que Yôsuke tentait vilement de
nous prendre en photo.
Le feu d’artifice a pris fin à 20h30 avec un
magnifique bouquet final qui nous a donné l’impression
que la fusée explosait juste au dessus de nos têtes,
nous enveloppant dans sa lumière dorée.
Doucement, nous avons repris le chemin du retour, décidant
de marcher jusqu’à la gare d’Ueno pour
éviter les trains ultra-bondés à la gare
d’Asakusa.
Sur le chemin, on pouvait entendre le « clap
clap » des getas, les sandales en bois, qui claquaient
sur le sol. On aurait cru un drôle de concert
d’instrument en bois non identifié.
A gauche, à droite, derrière et en face de nous, nous
étions cernés par ce « clap
clap », qui loin d’être
désagréable à l’oreille m’a
plutôt évoqué un son assez drôle,
évoquant l’été.
Mine de rien, la gare d’Ueno n’était pas proche
et nous avons marché, marché, marché,
transpirant serrées dans l’obi de nos yukata
(j’avais toujours un décolleté d’enfer
d’ailleurs, que je m’escagassais à remettre en
place toutes les cinq minutes.
Mais plus je marchais, pire c’était… XD)
Nous nous sommes quittés à la gare avec une promesse
de barbecue.
Est-ce que j’aurais la chance de voir un autre feu
d’artifice avant mon départ ?
Dimanche : au revoir Metronome 
Je me suis réveillée vers 11h et j'ai
légumé un bon moment avant de me mettre en route pour
Shibuya où avait lieu à partir de 16h30 un " event "
musical avec sept groupes de visual kei dont Metronome et Guru Guru
Eigakan, un autre groupe que j'aime bien et dont le bassiste,
Gokimi, est un dragueur notoire. Avec Lorraine
il nous fait penser à un gros cafard dégoûtant,
à commencer par son nom qui ressemble à " gokiburi
" et ses
sourcils qui ont l’air d’antennes.
Je ne connaissais que de nom les autres groupes, certains
étaient pas mal, d'autres franchement insipides : il fallait
vraiment que ce soit ma dernière chance de voir Metronome en
concert pour que j'aille m'enfermer près de cinq heures dans
une salle à rester debout ! XD
Je ne l'ai pas regretté car la setlist était vraiment
sympa et je me suis bien éclatée.
Lors de mon premier concert de Metronome, ma réaction avait
plus proche du " quoi ?! mais qu'est-ce que c'est que ça ?!
" et hier je me suis rendue compte que je pouvais suivre toutes les
chorégraphies... la boucle est bouclée :
c'était une parfaite lobotomie. XD
Je me sens stupide mais ça va vraiment me manquer l'ambiance
des concerts, c'est devenue une partie intégrante de mon
quotidien nippon.
Voici la liste des groupes qui sont passés ce
soir-là, pour les amateurs de visual kei :
新興宗教楽団NoGoD (Shinkô shûkyô gakudan
NoGod)
犬神サーカス団 (Inugami Circus Dan)
グルグル映畫館 (Guruguru eigakan)
新宿ゲバルト (Shinjuku Gewalt)
メトロノーム
(Metronome)
白黒キネム
(Shirokuro
kinemu) (pas encore assez connus pour avoir leur clip sur Youtube
les ptits jeunes XD)
Photo : peu avant le hanabi. De gauche à droite : Miho, moi,
Ju Hoo, Takashi, Yôsuke, Ai, Senpai