Accueil Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 08/10/08 19:40 / 172 articles publiés
 

太陽の下 (taiyô no shita)  posté le jeudi 24 juillet 2008 16:02

Taiyô no shita, ça veut dire " sous le soleil ". Expression parfaite pour résumer ce dimanche.
C'est aussi une chanson de Remioromen. De la bonne soupe qui vous casse bien les oreilles. Manque de bol, je l'ai eue dans la tête toute la journée. {#}
Mais qu'importe, rien n'aurait pu me gâcher cette journée magnifique de repos absolu.

Après une petite grasse matinée nous nous sommes mises en route pour le château d'Hiroshima qui se trouvait à proximité de l'hôtel.
A dix heures il faisait déjà une chaleur étouffante et les cigales nous faisaient profiter de leur " kss kss kss " répétitif (vous avez vu comme je fais bien la cigale ? {#})
Malgré tout, notre radinerie l'emportant sur notre résistance à la chaleur, nous avons décidé de faire le tour de la ville à pied en faisant bien attention à boire beaucoup et à nous protéger du soleil (nos mères n'ont pas élevé des imbéciles ! XD)
Le château d'Hiroshima se dresse dans un parc entouré de douves, un peu comme le palais impérial à Tôkyô sauf qu'on peut le visiter, lui !
Hélas, comme bon nombre de châteaux, celui qui se trouvait devant nous n'était pas l'original (inutile de préciser pourquoi cette fois...) mais sa visite s'est révélée intéressante : l'intérieur a été reconverti en musée regroupant divers objets, armes et armures et donne des informations sur l'histoire du château à travers les âges.
D'habitude je ne raffole pas de ce genre de visite mais j'aurais fait n'importe quoi pour ne pas précipiter mon retour dans la fournaise et j'ai donc observé consciencieusement les divers objets, étage par étage avant d'aller contempler les alentours tout en haut du château.
Hélas il a fallu retourner dehors et c'est donc en avançant sous le moindre coin d'ombre, en croisant des armées de lycéens indisciplinés en voyage scolaire, en faisant quelques pauses et en dilapidant ma monnaie dans des distributeurs de boisson que nous sommes arrivées près d'un stade d'où nous parvenaient des cris annonçant un match de baseball (le sport le plus populaire chez nos amis nippons !)

D'habitude quand je pars en voyage je me ruine en transport, ce coup-ci c'était en boisson et je me suis mis en tête de tester le plus de trucs possibles histoire de rendre l'aventure intéressante : boisson énergétique, thé, jus, eau, soda... tout y est passé avec parfois quelques échecs et parfois d'agréables surprises.

Notre balade nous a menées jusqu'au Genbaku Dome, les célèbres ruines du Palais d'exposition industrielle, témoignage du bombardement nucléaire.
Il est maintenu en l'état comme témoin des ravages atomiques et symbole de paix destiné à empêcher que ce genre de drame se reprdoduise.
Je m'imaginais quelque chose de beaucoup plus grand, sombre et glauque mais ce dôme est situé au bord du canal et il est entouré de verdure, bref dans un environnement très agréable. D'ailleurs, j'ai été très agréablement surprise par l'ambiance qui règne à Hiroshima de façon générale : loin d'être une ville martyre prisonnière du passé, c'est une ville très animée, vivante, qui en plus regorge de verdure, il y a des arbres et des petits parcs partout !
Rien ne laisse supposer le drame qui a eu lieu en 1945 si ce n'est ce fameux dôme, on a vraiment du mal à croire que la ville a été entièrement rasée à l'époque.
De toute façon quand on voit quelle ville florissante c'est maintenant, on peut difficilement s'imaginer un tel drame.
Plus je me baladais à Hiroshima et plus j'observais ce que je voyais, plus j'avais l'impression que c'était une ville qui allait de l'avant qui ne cherchait pas à se positionner en victime.
Du Dome nous sommes allées jusqu'au Memorial de la paix au milieu duquel trône une sculpture érigée à la mémoire de Sadako Sasaki, une petite fille qui avait deux ans lors de l'explosion et qui est morte dix ans plus tard des suites d'une leucémie dûe aux radiations.
Une légende raconte que celui qui plie mille grues en origami verra son voeu exaucé.
Sadako s'était attelée à cette tâche mais elle est morte avant d'avoir confectionné sept cents grues. Cette histoire devint célèbre et on ériga cette statue en la mémoire de tous les enfants qui subirent le même sort.
La statue est entourée de petites cabines abritant des milliers de grues confectionnées par des personnes du monde entier qui les envoient à Hiroshima chaque année.
Nous sommes restées un certain moment sur place mais je n'ai pas été mécontente de repartir car il faut bien avouer que je commençais à ressentir un certain malaise. {#}


Après s'être restaurées au Saizeriya (on voyage dans des conditions de plus en plus luxueuses au fil du temps : à Kyôto on se nourrissait au konbini, là on est passées au family restaurant {#}) abrité dans une grande allée commerçante, on a décidé de prendre un peu le tramway pour se rapprocher de ce que l'on croyait être un parc mais nous nous sommes fait arnaquer par la carte qui indiquait fourbement un grand coin de verdure.
C'est après avoir gravi une colline, haletantes, que nous nous sommes finalement rendues compte qu'il ne s'agissait que d'une route qui serpentait dans une sorte de forêt. {#}
Nous avons fait une petite pause sur un parking et avons un peu ruminé tout ce gaspillage de temps et de sueur en observant des pigeons crétins qui se dandinaient bêtement devant nous.
Durant notre balade à travers la ville il y a trois types de personnes qui sont fréquemment revenues :
- les dormeurs : que ce soit sur un banc où à même l'herbe, ils étaient en train de faire une petite sieste visiblement pas inquiets à l'idée de se faire piquer leur sac.
- les sportifs : sûrement un peu tarés pour faire du jogging par 35° à l'ombre.
- les ennemies du bronzage : eh oui, au Japon les filles détestent bronzer, sachez-le ! {#}
Le bronzage c'est un truc de paysanne, de va-nus-pieds, alors qu'une peau blanche c'est la pureté absolue (je suis heureuse dans ce pays... XD).
Elles portent donc des gants voir des manches amovibles pendant qu'elles sont dehors, quitte à avoir encore plus chaud, juste pour éviter que leur peau ne prenne quelques couleurs !

Nos pérégrinations nous ont finalement ramenées jusqu'au bord de la rivière où nous avons décidé de faire une petite pause pour " réviser ". Ces " révisions " se sont rapidement transformées en observation des centaines de crabes qui grouillaient et en glandage absolu, les yeux perdus dans le bleu du ciel dont la lumière commençait à décliner, les pieds à l'air se balançant au dessus de Crab Land.
Si je ne devais retenir qu'un seul mot pour résumer ces trois jours ce serait bel et bien " vacances " et non pas " voyage ". Qu'est-ce que ça fait du bien de ne rien faire ! Du coup désolée ce n'est pas très intéressant à lire pour vous mais moi en tout cas j'en ai bien proifté. {#}

Chassées de notre petit coin tranquille par une armée de moustiques affamés, j'étais en train de me demander quelle serait ma prochaine boisson en longeant l'avenue de la Paix quand je suis tombée sur une nouvelle variété de Fanta ! {#}
Le Fanta Lemon, zéro calorie ! Sûrement une exclu d'Hiroshima !
Je me suis empressée de goûter ma nouvelle découverte qui s'est avérée aussi chimique que les autres Fanta à défaut d'être aussi calorique.
C'est sur ces réflexions profondes que nous avons atteint le " Night Spot " d'Hiroshima (traduction : le quartier de la débauche) qui nous a fait penser au Kabukichô de Shinjuku : mêmes rois lionnes, mêmes p*uffes, mêmes pachinko et izakaya douteuses.
Nous sommes rentrées tranquillement à notre hôtel en marchant et contemplant satisfaites notre carte : malgré nos nombreuses pauses, nous avions fait tout le tour de la ville dans la journée !

Photo : le Genbaku Dome

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Tous les commentaires de l'article:
太陽の下 (taiyô no shita)

  • fanfan

    dim 27 jui 2008 17:41

    comme tu fais bien la cigale mon ange ! On se croirait dans le midi dis-donc.

  • Anthony

    sam 26 jui 2008 10:08

    Oh ? Sans rire ?

    Très intéressant ce point de règle grammaticale, je n'en avais jamais entendu parler. Y'a des prof' au collège qui ont mal fait leur boulot ! (ou alors c'est que je :sleep

    Et bien merci pour cette petite précision, comme quoi on en apprend tous les jours même lorsqu'on est issu de la branche L !

  • Camille

    ven 25 jui 2008 12:25

    Le on ne s'accorde pas quand il se réfère à " tout le monde ", en revanche il s'accorde quand il a valeur de " nous ". Je l'ai lu dans un manuel de grammaire française cette année. : p

  • Anthony

    ven 25 jui 2008 10:09

    [Mode chieur ON] Question d'ordre purement grammaticale :

    "on est passées au family restaurant" : certes vous étiez plus d'une, mais cela reste "on" qui est nous employé, et non "elles". Dans ce cas, à moins que je ne me fourvoie, ne serait-ce pas : "on est passé au family restaurant" ?

    Enfin moi j'dis ça, j'dis rien !

    [Mode chieur OFF]

  • Fabien

    ven 25 jui 2008 00:00

    Quand j'y suis allé (désolé, je raconte encore ma vie), il faisait super gris et pleuvais un peu, alors le dôme et le musée avaient un côté vraiment dramatique (ce qui était vraiment de circonstance pour une fois). Comme quoi il suffit que le temps change et la même scène peut évoquer la vie ou le deuil.