Accueil Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 08/10/08 19:40 / 172 articles publiés
 

Natsubate  posté le vendredi 18 juillet 2008 18:07

Natsubate (夏ばて), c'est un mot qui désigne le manque d'appétit à cause de la chaleur.
Le japonais regorge de mots pratiques comme ça quand il nous faut à nous, pauvres français, faire une phrase entière pour décrire la même chose.
Il y en a plein d'autres du même genre : namagawaki (生乾き), qui désigne le linge sentant mauvais car il n'a pas pu sécher correctement à cause de du temps mushiatsui (蒸し暑い), qui évoque l'atmosphère désagréable combinant la chaleur à l'humidité.
Voilà trois mots pratiques qui résument bien mon quotidien ces derniers temps.

Je radote mais qu'on se le dise : il fait chaud ! Et pas qu'un peu. S'il se contentait de faire 32° à la limite ça ne serait pas si grave, mais il faut prendre en compte chez nos amis nippons le facteur humidité, qui donne l'impression d'être en permanence dans un sauna.
Du coup je suis face à un dilemne capital : s'épiler les bras ou ne pas s'épiler les bras ?
Contrairement à la France où cette partie du corps est encore épargnée par bon nombre de consoeurs, au Japon où on fait la chasse au moindre poil, ils sont arrachés avec soin par quasiment toutes les nippones. Enfin cette perspective m'enquiquine tellement que je crois que je vais tenir bon encore un petit mois et passer pour une ourse (j'ai des sujets de réflexion très profonds, n'est-ce pas ?)

J'ai commencé mes nouveaux cours de japonais qui dureront jusqu'à la fin du mois : j'ai droit à une heure et demie par jour de grammaire pure en tête à tête avec Takeda-sensei !
C'est le bonheur, depuis le temps que je voulais me remettre à la grammaire, c'est vraiment génial : on croirait un jeu ! Elle m'apprend des expressions très proches aux nuances subtiles et ensuite je dois voir quelle version est la plus appropriée en fonction des situations. On dirait un quiz, bref je m'éclate, je suis une geek de la grammaire japonaise ! {#}
Ce qui me fait également très plaisir c'est que lorsque qu'elle me soumet aux tests avant d'entamer la leçon, je tombe quasiment toujours juste sans trop savoir pourquoi, juste par intuition et selon elle c'est ça qui est le plus important. Bref si je m'accroche jusqu'en décembre sans délaisser les kanjis je crois que j'ai mes chances de réussir le Nôryoku shiken niveau 2. {#}

Sinon cette semaine j'ai fréquenté une espèce très répandue au Japon : les lycéens.
Jeudi, huit élèves du lycée Shirayuri sont venues à l'université et avec Lorraine on était censées discuter avec elles, en gros faire de la pub pour la fac et leur prouver que le département de français c'était trop de la balle de la mort qui tue et qu'il fallait s'y inscrire !
On se serait acquittées de cette tâche avec plaisir mais les intéressées ne se sont pas montrées très coopératives : il était évident qu'elle n'avait pas l'habitude de fréquenter des créatures bizarres comme des françaises et nous les terrorisions, rendant tout dialogue impossible.
Quelques-unes ont fini par oser poser des questions d'une toute petite voix, poussées par leur professeur et elles évitaient à tout prix de nous regarder pendant qu'on leur répondait.
Je ne pense pas que c'était des filles impolies et encore moins méchantes, mais cette timidité maladive générale m'a profondément agaçée sur le coup, dans des cas pareils j'ai vraiment l'impression d'être une bête sauvage qu'on ose pas approcher.
Je pense de toute façon qu'elles sont surcouvées par Shirayuri et que ça ne leur rend pas service mais ça c'est un autre problème...
Bref après plusieurs tentatives de communication plutôt foireuses, on a fini par se résoudre à notre sort de pots de fleur et avons attendu patiemmenent que ce " goûter " se termine, ayant l'impression d'assister à un repas de famille soporifique auquel on ne peut se soustraire. {#}

Le lendemain, vendredi, nous avions prévu d'accompagner une des professeurs du département de français qui donne également cours dans un lycée en banlieue.
Traumatisée par mon expérience de la veille, c'est donc assez anxieuse que je suis partie affronter les lycéens mais finalement ça s'est très bien passé : ils étaient assez timides au début mais finalement ils ont été plutôt actifs pendant les activités et se sont même lancés sur des questions qui n'avaient pas de rapport avec la leçon étudiée.
Comme je n'ai absolument pas de formation de professeur j'étais là juste pour que les lycéens aient un contact " direct " avec des françaises.
Ca n'a duré qu'une heure et demie mais c'était vraiment très sympa, le cours s'est clôturé sur des questions des élèves, dont " que pensez-vous de la politique de Sarkozy ? Quels sont les changements depuis qu'il est au pouvoir ? " (il pouvait pas être immature et s'intéresser à des trucs débiles de son âge celui-là ? XD)
On a pris des photos (de vraies stars, j'vous l'dis {#}) et sommes reparties après une salutation au proviseur qui nous a montré tout fier des photos affichées dans le couloir des lycéens durant diverses activités, nous expliquant qu'il les prenait lui-même car il était passionné de photo.
On a trouvé ça vraiment excellent, plus qu'un proviseur on aurait dit un papa fier de ses enfants ! 
Bien sûr qui dit lycée au Japon dit uniforme mais l'ambiance de ce lycée avait l'air vraiment sympa et pas trop stricte contrairement à bon nombre d'établissements où on chipote jusque sur la longueur de la frange des élèves.
Attention ce qui va suivre est digne d'une phrase du pire otaku qui soit mais : ce lycée, c'était exactement comme ceux que j'avais pu voir dans les manga/animes !
Dans le train du retour nous nous sommes fait allégrement dévisager par un ado assis en face de nous qui avait la banane : il nous fixait ouvertement et ça avait pas l'air de le gêner plus que ça qu'on l'ait grillé. En temps normal  ça m'aurait plutôt gênée mais il avait l'air tellement heureux que finalement, son sourire béat nous a contaminées. {#}
En arrivant à Sengawa nous avons retrouvé Miho, notre chinoise ultime qui avait prévu de nous préparer des gyoza maison, les raviolis chinois à la vapeur.
Comme il pleuvait comme vache, qui pisse l'après-midi " gyoza " a rapidement évolué en après midi " gyoza pyjama party " (faut bien se changer pour être au sec... XD)
Entre quelques leçons de prononciation chinoise et tentatives de sport nous nous sommes régalées grâce à notre bonne cuisinière et la semaine s'est ainsi achevée dans la chaleur, la moiteur et l'allégresse les plus totales. {#}

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Tous les commentaires de l'article:
Natsubate

  • Everlasting

    mar 22 jui 2008 21:04

    Je crois que je me ferai jamais à cette expression "avoir la banane", j'ai du la relire 4 fois (with incredulous disbelief) avant de me souvenir qu'en france c'était le sourire.
    Sinon en parlant de nihongo no geeku, je me suis remis aux kanjis et donc au japonais. En plus j'ai trouvé une série avec peu de traits, donc ça va avancer sévère

    Pauvres lycéens n'empêche, à cet âge là ils devraient avoir un peu d'assurance quand même.

  • mailtomary

    dim 20 jui 2008 01:16

    juste un post pour te remercier de tout mon coeur ! j'ai parcouru ton blog en quelques jours et cela m'a permit de savoir à quoi m'attendre quand je serai à tokyo en avril prochain pour un an. je serais en famille d'accueil donc pas tout à fait aussi libre que toi mais j'espère faire d'aussi bonne rencontre et m'amuser autant que toi !! merci encore de nous faire partager un peu de ta vie d'étudiante à tokyo