Accueil Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 08/10/08 19:40 / 172 articles publiés
 

Drague-party géante à Tôdai  posté le vendredi 27 juin 2008 17:40

Je vous voir venir : non ! J'ai beau le dire souvent pour rigoler, je ne me cherche pas un riche visa sur pattes. Je me suis fait piégée contre l'insu de mon plein gré... ! {#}

" Quand on était à Waseda l'autre jour avec Shû, un gars nous a abordé en nous filant un flyer pour une fête à Tôdai, ça te dit ? me demande Gan.
- Ma foi, pourquoi pas ! C'est quel genre ?
- Je sais pas trop...
- Bah allons-y, on verra bien sur place !

Nous arrivons donc " sur place " (campus Kômaba), dès le début rien que les tarifs ont l'air louche : 1500 yens l'entrée pour les filles, 2500 pour les garçons (qui sont tous étudiants à Tôdai mais les filles viennent d'un peu partout).
Voilà qui annonce la couleur ! Si ça ne sent pas le plan drague à plein nez ça... {#}
Nous nous inscrivons sur une liste, reçevons un numéro, malheur ! On se retrouve chacune à une table différente où sont soigneusement mélangés garçons et filles.
Mes craintes se confirment : c'était bien une drague-party, ce qu'on appelle au Japon un gôkon. Les filles sont sur leur 31et ont sorti l'artillerie lourde niveau coiffure et maquillage, je me sens un peu plouc avec mon vieux jean et mes cheveux en bataille que j'ai à peine pris le temps de coiffer (enfin c'est pas comme si j'avais pas l'habitude XD).
Bon maintenant que j'y suis, autant en profiter pour observer un peu tout ce petit monde, alors comment draguent les jeunes nippons ?
1ere étape : la boisson. Un petit verre (d'alcool, cela va sans dire) pour nous déshiniber ces grands timides : " allez femmes, servez-nous (naru hodo, samurai no kuni desu ne, Alex ? {#})
Les femmes s'exécutent, on trinque " kanpaiiiiii " !
2e étape : la conversation. On voit si les caractères sont éventuellement compatibles, on pose des questions sur les études, les centres d'intérêt pour voir les points communs. Bon forcément à ma table on me demande surtout d'où je viens, on me pose quelques questions sur la France, on me dit que je suis douée en japonais. Mais on me drague pas. Tant mieux.
3e étape : le jeu. Ca y est, les bouteilles commencent à s'enchaîner et notre petit monde à être plus gai. Un jeu est lancé : aller de table en table et faire écrire aux personnes du sexe opposé leur nom. Celui et celle qui en récupèrent le plus gagnent une place pour Disneyland. Je ne suis pas intéressée, je reste donc les fesses vissées sur ma chaise comme la grosse feignasse que je suis. Quelques garçons viennent me voir pour que j'écrive mon nom, ils restent un moment papoter avec moi, l'un d'eux a l'air assez spécial : il me dit être allé à Paris lors d'un voyage d'un mois en Europe. Comme il n'avait pas d'argent, il a dormi dehors durant tout son voyage et n'a pris qu'une seule douche.
J'aimerais bien sympathiser avec ce genre de personne mais ils ne font qu'un passage éclair à ma table, en revanche celles que j'attire toujours, ce sont... les FILLES !
Je papote surtout avec trois filles à ma table, des copines d'une fac de jeunes filles (encore...) de Yokohama. Je sens qu'elles aimeraient bien qu'on fasse une sortie ensemble un jour mais je n'ai déjà plus aucun weekend de libre jusqu'à mon départ et en plus désolée mais il faut bien le dire : j'en ai marre des filles !!!! J'en vois à longueur de journée.
De toute façon à deux mois du départ je préfère consacrer tout mon temps libre à approfondir mes relations avec les gens plutôt que d'accumuler des connaissances, mais je m'égare !
4e étape : l'échange de coordonnées. Ca y est, maintenant que tout le monde commence à être bien beurré sur les bords, on se lâche, on ose demander aux filles qui nous ont plu leur adresse e-mail, on tente un timide " ça te dirait qu'on sorte tout les deux la prochaine fois ? " pour les plus audacieux. Je passe moi aussi mon adresse à quelques personnes qui ont l'air sympa (dont le vacancier SDF {#}). Dans l'ensemble je suis plutôt contente, je suis tombée sur des gens plutôt intéressants et j'ai échappé à la drague bien lourde contrairement à certaines malheureuses consoeurs. En plus je suis sobre !

Je retrouve Shû et Gan et nous nous apprêtons à rentrer quand un des potes du " SDF " vient nous trouver : " les filles, on va poursuivre la soirée dans une izakaya, vous venez ?
- Ben, je sais pas trop, on a cours demain, ça fait un peu tard...
- Maaaais non c'est bon ! Regardez-moi : hier j'ai bu toute la nuit jusqu'au petit matin et là je suis en pleine forme pourtant j'avais cours aussi ! Allez venez juste un peu...
- Bon, OK ! "
Je ne sais pas quelles sont les raisons qui poussent mes deux copines à accepter mais en ce qui me concerne j'avoue que c'est la curiosité : je veux voir ce que donne les célèbres nomikai japponaises, on ne peut décemment pas prétendre connaître le Japon sans avoir assisté à ça.
Nous voilà donc en route à pied pour Shibuya. Sur le chemin nous discutons toutes les trois avec le même garçon et qu'est-ce que je suis bavarde... impossible de m'arrêter.
Je crois qu'en fait je suis un peu moins sobre que je le pensais, je ne cherche plus mes mots, ils sortent à toute vitesse, sonnent presque comme du japonais naturel, il n'y a hélas que l'alcool pour me rendre douée comme ça... {#}
Enfin là n'est pas la question ! Notre petit groupe de dix arrive dans une izakaya douteuse qui ressemble à une prison (noon même pas l'Alcatraz Alex, je les soupçonne d'avoir pompé le concept !) où les serveuses sont habillées en policières, les serveurs en bagnards et les tables séparées par des barreaux.
Filles comme garçons boivent, boivent, boivent, mangent, boivent, boivent.
Je suis assise en bout de table et sirote mon umeshu en observant ce spectacle d'un oeil plutôt froid : comment peuvent-ils ingurgiter autant d'alcool et surtout, aussi souvent ?
Je crois que la réponse est là : ils ont besoin de ça pour oser s'ouvrir et être plus familiers.
Mon voisin de table me tapote tantôt la tête, tantôt l'épaule, me vanne gentiment, un autre papote avec les clients de la table de derrière, on laisse tomber les formules de politesse, on draguouille...
Comme je ne suis pas saoûle je m'ennuie un peu, je regarde le garçon assis en face de moi, il me sourit : " C'est pratique d'être en bout de table quand on est grand hein ? C'est mieux pour étendre ses jambes.
- Aaah c'est bien vrai ! Tu ne bois pas toi ? Tu as l'air sobre.
- Je suis venu en moto aujourd'hui, alors pas d'alcool ! "
Et tout les deux on mange, on mange en continuant de discuter un peu pendant que les autres boivent comme des trous (ils se sont mis à faire le concours du plus gros buveur... {#})
Un truc qui m'a toujours étonnée, c'est leur sérieux vis-à-vis des dangers de la route.
La plupart des gens que j'ai rencontrés ne boivent pas du tout quand ils savent qu'ils devront reprendre le volant (Oi-chan par exemple), parfois je pense que c'est simplement parce qu'ils tombent dans le coma éthylique avant d'avoir pu atteindre leur véhicule... XD
L'heure tourne et j'ai cours demain, je finis par rentrer, suivie par Shû et Gan qui ont bu raisonnablement elles aussi. Finalement c'était bien que je les vois bourrés, quand je vois des gens dans cet état mon estime pour eux à souvent tendance à dégringoler donc ça m'évitera d'avoir trop de regrets par rapport au fait qu'on ait pas le temps de devenir potes avant mon départ... {#}

Photo : Shû et Gan devant l'entrée de Tôdai

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