Bon en fait cet article va être contredit par le
prochain mais comme je l'ai écrit j'ai envie de le publier
quand même !
Vous rappelez vous de Yuuki et Nobu, les deux salarimen
rencontrés par hasard lors d'une promenade à Harajuku
?
Eh bien ce n'est pas la peine de faire l'effort de retenir leurs
noms car je crois qu'on ne les reverra jamais... 
Nous devions normalement nous voir tous les quatre le 30 mais le
lieu et l'heure de rendez-vous n'ayant pas encore été
décidés, nous avions envoyé un mail quatre
jours plus tôt pour avoir des nouvelles. Pas de
réponse.
" Bon ils sont occupés, après tout il reste encore un
peu de temps avant le 30 " pensions-nous. Arrivent le 27, le 28,
puis le 29. Silence radio.
S'il y a bien une chose qui m'énerve c'est l'incertitude,
attendre pendue à ma boîte mail une réponse qui
ne vient pas. Et bien évidemment, plus on attend, pire
c'est.
Je passais donc le temps en massacrant d'innocents Teletubbies, cible idéale pour se venger
des japonais : ce sont des créatures asexuées et
hautes en couleur tout comme eux dixit Lorraine (oui, ce genre de
comportement nous rend bêtement racistes XD), accumulant les
headshots quand l'image de Yuuki me venait à l'esprit.
J'ai fini par les appeler dans l'après-midi du 29. "
Transfert sur messagerie ", pas de rappel.
...
S'ils ne voulaient plus nous voir ils auraient pu au moins pu avoir
le courage d'inventer une excuse bidon, mais non, ils ont
préféré nous ignorer superbement. 
Quand je pense que Yuuki veut dire " courage ", tu parles ! Je
savais déjà que la lâcheté était
un trait bien masculin mais plus je vis ici plus ça se
confirme.
Ce qui nous agaçait surtout, c'est cette
incompréhension totale : c'était tout de même
eux qui
étaient venus nous parler, eux qui avaient appelé
pour qu'on se revoit rapidement, eux qui avaient proposé
cette sortie le 30 (en plus ils n'avaient même pas bu
à ce moment-là !), alors pourquoi d'un coup nous
ignorer ? 
MERDE on est pas un reportage ambulant sur la France qu'on regarde
une fois ou deux pour se détendre avant de zapper !

Quelle déception, en plus comme on est loin de notre famille
et de nos amis on s'attache tout de suite beaucoup plus facilement
aux gens qu'on rencontre ici, ils aiment les femmes faibles mais
ils se sont même pas rendus compte qu'ils en avaient deux
devant eux ces deux nazebroques.
La déception et
l'incompréhension ont rapidement fait place à des
envies meurtrières face à un tel manque de
respect.
Bref nous étions bien parties pour ruminer toute la
soirée au Freshness Burger (oui, il y en a un à
Sengawa ! *\o/*) et maudire la lâcheté de la gent
masculine locale quand un mail de Tarô dont on
espérait plus grand chose est arrivé : " vous ne
venez pas au concert ce soir ? On vous a mis sur la liste des
invités c'est gratuit ! "
Ma foi si c'est gratuit... * mode radinerie de fin de mois [ON]OFF
*
, en plus ça nous changera les
idées !
Le concert était toujours aussi bien mais je n'arrivais pas
à me sortir tout à fait de la tête le fait
qu'on ait été superbement ignorées et
zappées de la sorte, c'était bien la première
fois qu'on nous faisait un coup pareil, et puis on attendait
toujours naïvement avec un peu d'espoir un mail de
dernière minute.
Heureusement Tarô avait remis son superbe costume de la mort
mauve à fleurs blanches déniché je ne sais
où, ce qui a eu pour effet de nous remonter le moral d'un
coup (ce truc est mythique, on est explosées quand on le
voit monter sur scène avec ça, ça va bien avec
sa grosse tête de grenouille à grande bouche
alcoolique XD).
A la fin du concert nous sommes allées voir Oi-chan pour lui
remettre " l'enquête " qui est distribuée à la
fin de chaque concert et où on est censé
écrire nos impressions du jour (sauf que cette fois, par
flemme d'écrire en japonais, nous avons
préféré dessiner Tarô revêtu de
son beau costume de scène
).
" Oh, Kamiiyu, Roreenu ! (on adore la façon qu'il a de nous
appeler, un jour il faudra qu'on l'enregistre) Attendez on s'entend
pas ici, on va causer dehors.
Nous y avons retrouvé Tarô qui avait changé de
tenue, son costume sous le bras.
" Yop, merci de nous avoir invitées aujourd'hui ! Tu sais
Tarô, la dernière fois on s'est foutus de toi, mais
maintenant on l'aime ton costume... avons-nous avoué.
- Ce truc-là ? intervient Oi-chan. Vous trouvez pas que
ça ressemble à un pyjama ?
- Aaah c'est vrai ! Tu le penses aussi Oi-chan ?! Je me suis fait
la même réflexion la première fois que je l'ai
vu !!! me suis-je écriée devant un Tarô
vexé. D'ailleurs j'ai un peu le même genre de pyjama
chez moi...
- Ramène-le la prochaine fois, ça lui fera un nouveau
costume de scène !
- Dis, je peux le mettre pour voir ? a demandé
Lorraine.
- Oooh, moi aussi je veux ! ai-je renchéri. Tarô s'est
marré et a joué l'habilleur professionnel, nous
prévenant que c'était à nos risques et
périls vu qu'il était plein de sueur. On a fait un
peu joujou avec, puis il l'a replié soigneusement.
- Oh non, pas la peine de le ranger, oublie-le ici, ce serait bien
même... a continué Oi-chan, ignoré par un
Tarô vexé qui a rangé son trésor avec
mille précautions.
- J'avais un beau costume moi aussi quand j'étais
lycéen, a poursuivi notre bassiste
préféré, je comptais le porter au mariage de
la soeur de Kô-chan, mais j'ai grossi ! Si les boutons
pètent pendant que je joue de la basse je vais avoir l'air
malin...
- Ben tu m'étonnes ! C'est que tu es moelleux Oi-chan !
Alors, c'est pour quand le nouveau CD ?
- On commence l'enregistrement en mai, ici, dit-il en
désignant la salle de concert.
- Waaah, tu crois qu'on pourrait venir voir ? s'empresse de
demander Lorraine.
- Hein ? Je pense que ça ne pose pas de problème,
mais ça commence tard le soir et ça dure une bonne
partie de la nuit, ça va ?
- Pas de problème, on aimerait vraiment bien voir ça
!
- Ok, vous taperez dans les mains, comme ça, sur la pochette
du CD on mettra " clapements de main : Camille et Lorraine ". Ah et
puis ce qu'on pourrait faire c'est se retrouver plus tôt le
soir comme ça on va manger tous ensemble et après on
va enregistre, qu'est-ce que vous en dites ?
- Ouaaaais ! " 
Finalement en rentrant chez nous on avait plus du tout la haine
contre les deux autres abrutis, ce qui était emm*rdant
c'était cette attente dans l'indécision. Une fois
qu'on a été sûres qu'ils ne donneraient pas
signe de vie, on a juste été un peu
déçues d'avoir perdu notre temps.
Nous sommes maintenant persuadées que le costume de
Tarô est magique : c'est depuis qu'il le porte qu'il a
arrêté de nous snober et le mettre nous-mêmes
nous a ôté toute pulsion meurtrière. C'est la
deuxième fois que JJJB nous sauve de la déprime en si
peu de temps sans le savoir !
J'ai honte parfois, j'ai l'impression d'être vraiment devenue
moralement faible et dépendante des gens, pourtant avant
j'étais vraiment solitaire et indépendante mais je
crois qu'avec Lorraine nous avons horriblement peur à
l'idée d'être " abandonnées " et
complètement dispensables...
Je suppose que c'est normal de ressentir ça quand on est
à l'autre bout du monde loin de ses proches et son
environnement habituel. De toute façon ça ne va
certainement pas me gâcher le temps qu'il me reste à
passer ici et je crois dans l'ensemble que les fois où j'ai
été un peu déprimée se compte sur les
doigts d'une main et jamais ça n'a été au
point d'avoir envie de rentrer chez moi.
En revanche avec le temps qui passe l'idée du retour
m'apparaît moins terrible alors qu'il y a quelques mois
encore je ne voulais même pas y
réfléchir...
Photo : voilà la veste du désormais
célèbre Costume ! Je sais qu'il fait peur et que
c'est difficile à croire mais Tarô est plutôt
pas mal en temps normal.
Chloé
mar 06 mai 2008 00:12