Accueil Date de création : 05/08/07 Dernière mise à jour : 08/10/08 19:40 / 172 articles publiés
 

Ainsi va la vie à Sengawa  posté le jeudi 08 mai 2008 11:38

Impossible de travailler tranquillement en cette belle journée du 6 mai, vautrées sur la terrasse du Starbucks avec Lorraine et plongées dans nos révisions : il y a trop d'animation à Sengawa !
Un homme bizarre s'approche de nous pour nous demander s'il peut s'asseoir à notre table, nous refusons poliment, il va s'asseoir plus loin derrière nous et je sens des ondes meurtrières converger dans mon dos et qui m'empêchent de me concentrer.

Un zigoto arrive avec trois mini-chiens affreux et les attache à côté de nous le temps d'aller chercher son café. Nous observons ces petites crottes sur pattes :
- Leurs têtes font flipper, on dirait des Gremlins...
- On a pas idée d'habiller des chiens... pauvres bêtes quand même.
- Aaaah non, me regardez pas avec vos petits yeux globuleux !
Réactions des japonaises passant près des intéressés : Ooooooh ils sont trop mignoooooons !
Nous reprenons nos manuels, effondrées par les efforts qu'il nous faudra encore fournir pour parvenir à s'intégrer dans ce pays (on arrive pourtant à boire du thé vert froid sans rechigner maintenant, et même pire, on AIME ça !)

" Yo ! Ouate ariou douïngue " nous demande un garçon avec un drôle d'accent qui vient s'accouder à notre table. Boule à zéro, boucle d'oreille, vêtu d'un Tshirt et d'un jean trois fois trop larges pour lui : pas de doute possible, nous voilà faces à notre premier ouaich japonais !
- Euh tu sais, on préfère parler en japonais...
- Oh, vous étudiez le japonais ! Z'êtes d'où ? Américaines ?
- Non, on est françaises.
- Ah, j'croyais que vous étiez américaines, j'ai passé un an là-bas. Alors c'est comment ici ?
Si on allait manger un truc ensemble ?
- Hein ? Quoi ? Là maintenant tout de suite ?!
Nous déclinons gentiment l'offre de ce garçon assez direct qui s'en va sans demander son reste, un peu déçu mais pas collant ni agressif pour deux sous.
On fait nos courses, on regrette un peu : il avait l'air plutôt marrant au fond, en plus sa façon de parler était originale, ça nous aurait fait un bon entraînement. XD
Nous rentrons sur nos beaux vélos et qui voit-on promener son chien le long de la rivière ?

- Oh, les onee-chan tachi (frangines) de tout à l'heure !
- Waah il est trop beau ton chien ! m'écrie-je avant que la boule de poils ne vienne me lécher la main et non pas me la croquer.
- Il s'appelle Yû, ça s'écrit avec le caractère de " gentil ".
- Et toi, tu t'appelles comment au fait ? demande Lorraine.
- Masaru !
On se présente, on fait " check ", nous nous excusons de l'avoir quasiment envoyé bouler plus tôt dans la journée disant qu'on a juste été surprises par son côté direct et rentrons chez nous avec la certitude de le recroiser un jour le long de la rivière.
Après tout, un garçon qui appelle son chien " Gentil " ne peut pas être foncièrement mauvais.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Je ne sais pas trop, mais j'aime bien mon petit quotidien à Sengawa, je l'aime beaucoup même...
Et j'aime encore plus cette sensation d'être ici comme chez moi, comme si ça avait toujours été le cas. Réviser en buvant mon chocolat chaud M size au Starbucks, faire mes courses au Tsuru-kame et au Marusho (et dans cet ordre !), passer chez le disquaire voir s'ils ont des nouveaux CD de Bump of Chicken d'occasion ou des DVD pas chers, retrouver Ai en retard devant la gare, faire un tour à Its'demo " juste pour voir " et encore repartir avec une babiole inutile, aller payer mes factures au konbini à 23h et y acheter des Petit Bit ou autres cochonneries chocolatées, aller manger au Royal Host avec Lorraine en rentrant des concerts, faire de la balançoire sous l'autoroute, tout ça me semble très naturel.
Mais tout ça aura une fin, bien trop proche à mon goût.
Il y a justement comme un air de fin ces derniers temps, sûrement parce que les beaux jours sont de retour. En hiver je me disais " pouaaah j'ai largement le temps, je commencerai à m'inquiéter quand les beaux jours seront là ! "
Mais les voilà, ils sont là, ils sont revenus sans que je m'en rende compte, les fourbes !
J'ai même sorti mon beau fûrin et je l'entends tinter pendant ma pause déjeuner.
Bref dans trois mois l'aventure sera terminée mais j'ai encore tellement de choses à faire ici.
Il ne s'agit pas tant de mes petites habitudes mais de mes relations avec les gens.
J'ai l'impression que beaucoup se réveillent maintenant et viennent de réaliser qu'on ne sera pas là éternellement, pour certaines personnes il ne manque qu'un petit quelque chose pour qu'on puissent devenir vraiment amis, on a eu du mal à " s'imposer " dans leur vie et maintenant que ça commence à y être il faut songer au retour.
Et même si je reviens au Japon, ce qui est certain car je ferai tout pour, les choses ne seront plus jamais comme maintenant.
Bien sûr, ce sera l'occasion de faire d'autres rencontres et de nouvelles expériences mais je suis déjà une petite vieille qui aime préserver ses habitudes ! (^_^)
Du coup quand je reviendrai je me demande où aller : je suis tiraillée entre l'envie de découvrir d'autres coins du Japon autrement qu'à travers les petits voyages que j'ai pu faire et en même temps j'aime beaucoup Tôkyô et tous les amis que je me suis fait y sont.
Enfin l'heure n'est pas encore au retour au Japon, j'y suis encore et je profite de chaque jour !!!

lien permanent

Tadaima  posté le mardi 06 mai 2008 06:56

" Tadaima ", c'est le mot que disent les japonais quand ils rentrent chez eux, un peu l'équivalent de notre " je suis là, je suis rentré ".
Et les personnes présentes dans la maison répondent " Okaerinasai ".
En effet, je suis rentrée à la maison ces deux derniers jours : je suis allée dans le Tochigi ! {#}
Mais avant ça, j'ai vu Yuuki samedi soir !
Je vous avais bien dit que je l'aurais, mon rendez-vous niark niark niark ! {#}
Essayer de retrouver quelqu'un un samedi soir - qui plus est, férié - à 18h à Shibuya devant la statue de Hachikô relève de l'impossible. C'est généralement dans ces moments-là que je reconnais volontiers l'utilité des téléphones portables.
Surtout pour entendre un " bonjour mademoiselle " en français à l'autre bout du fil huhu.{#}
Il m'a d'abord emmenée dans un café à l'anglaise qui était assez sympa mais comme on avait du mal à s'entendre causer on a fini la soirée dans une izakaya.
On a passé cinq bonnes heures à papoter de tout et de rien, les sorties à plusieurs c'est très sympa mais c'est vrai que pour connaître un peu mieux une personne, être juste deux c'est mieux ! Et surtout, SURTOUT, j'ai réalisé un de mes rêves idiots : toucher des cheveux de japonaaaaaais ! (après tout Senpai a bien osé me le demander alors j'me suis lancée aussi : dis Yuuki, j'ai une requête stupide, je peux toucher tes cheveux pour voir ? XD)
Des cheveux bien noirs et raides aah j'étais contente, maintenant je peux mourir heureuse. {#}
En tout cas ce qui est bien quand on sort avec un travailleur, c'est que c'est lui qui paye tout  XD * n'a pas encore reçu son salaire et se nourrit de nouilles instantanées depuis une semaine *
Dimanche matin je suis partie assez tôt pour le Tochigi (comment ça je change brutalement de sujet ? Vous vouliez savoir la suite ? Je vous laisse croire ce qui vous plaira huhu {#} Quelle fourbe je suis...) Bref je suis arrivée somnolente à la gare d'Utsunomiya à midi après environ deux heures de transport pour être accueillie par une Ai toujours aussi souriante et en forme !
Ca faisait déjà cinq mois depuis la dernière fois, au Nouvel An, que le temps passe vite !
En début d'après midi nous avons pas mal glandouillé, j'ai somnolé le regard perdu dans le vide pendant qu'Ai jouait du piano, c'était la première fois depuis très longtemps que j'avais réellement l'impression d'être en vacances. En mars je n'avais pas arrêté de bouger et en plus la fac nous avait pas mal téléphoné donc j'avais repris les cours à peu près aussi claquée qu'avant les vacances voire plus.
Mais là quel calme, à la campagne en plus, et par un temps magnifique, aaaaah... {#}
Le 5 mai est le " Kodomo no hi ", le jour des enfants (nom honteusement mensonger vu qu'il ne célèbre que les garçons {#}) et quelques jours avant, les gens hissent un koinobori, une " bannière à carpes " à l'extérieur leur maison.
En haut de cette bannière se dresse une espèce de banderole multicolore (fukinagashi), puis une grosse carpe noire représentant le père (magoi), une plus petite rouge représentant la mère (higoi) puis des carpes plus petites représentant les fils de la maison (bleue, verte et violette du plus âgé au plus jeune).
Quand le vent souffle, il s'engouffre par les bouches de ces carpes et les fait onduler dans le ciel comme si elles nageaient, en tout cas l'effet est bien rendu car c'est presque aussi répugnant que les vraies !
Pour le côté symbolique on raconte aussi que les garçons devront affronter la vie avec le même esprit combatif que les carpes qui luttent à travers le courant que forme le vent.
Mais revenons à nos moutons, comme Onee-chan voulait y goûter depuis longtemps nous avons préparé de la ratatouille avec Ai pour le dîner, bien que ce ne soit pas vraiment un plat de saison !
Par chance je l'ai réussie, je crois même que c'était la meilleure que j'ai jamais faite, l'honneur de la cuisine française sera donc préservé pour cette fois-ci ! * ouf *
Après le dîner Otoo-san m'a montré un taiga (drama historique) racontant la vie d'Atsu-hime, la femme d'un des shôgun Tokugawa, j'aime bien quand on fait nos geeks de l'histoire japonaise tous les deux ! {#} Nous sommes ensuite allées aux bains publics avec Ai, nous racontant nos trucs de filles en savourant notre bain.
Le lendemain Senpai a déboulé dans le Tochigi ! Nous sommes allés le chercher à la gare en fin de matinée et sommes allés manger des célèbres gyôzas d'Utsunomiya puis nous sommes allés à la " cueillette aux fraises " ! Sur réservation on pouvait se rendre dans une serre où sont cultivées des fraises et en manger à volonté pendant une demi-heure !
Les fraises du Tochigi sont excellentes, je me suis encore fait exploser la panse et encore, j'ai trouvé que j'avais un petit appétit...
Le pauvre Senpai est déprimé, tout le monde a fini par l'appeler Senpai... j'essaie parfois de l'appeler Yoshiki pour lui faire plaisir mais j'y arrive pas, c'est plus fort que moi !!! {#}
Nous avons fait un petit karaoke pour digérer et sommes allés au restaurant avant de reprendre la route pour Tôkyô.
J'avais onee-chan, otoo-san et okaa-san assis en face de moi, Senpai et Ai à ma gauche et je regardais tout ce petit monde manger quand ils se sont mis à parler d'un sujet ô combien tragique mais inéluctable : mon retour en France.
Otoo-san et okaa-san se demandaient comment ils allaient s'organiser pour m'accompagner à l'aéroport, Ai et Senpai disaient qu'ils imprimeraient des photos géantes de moi et qu'ils en feraient des posters à coller sur tous les murs pour que je leur manque moins, et tout le monde en parlait de façon tellement naturelle que j'ai senti à un moment les larmes me monter aux yeux face à autant de gentillesse, par rapport à ces gens qui m'ont tout donné alors même qu'ils ne me connaissaient pas et que bientôt je ne verrai plus... Il n'y a bien que d'un point de vue juridique qu'ils ne m'ont pas adoptée.
Venir du Tochigi jusqu'à Tôkyô en voiture et ensuite se cogner les trois heures jusqu'à l'aéroport de Narita on peut dire que c'est une sacrée corvée, un service à la limite, mais pour eux, à les entendre parler, c'est tout simplement naturel.
Nous sommes arrivés à Sengawa vers 23h et je suis encore rentrée avec moults cadeaux : des gyôzas, du riz cultivé par ojii-chan, des soba au sakura achetés par obaa-san et j'en passe. Quand je pense que j'hésitais à aller dans le Tochigi durant la Golden Week sous prétexte de révisions, j'ai bien fait d'y aller quand même, il sera toujours temps d'étudier plus tard ! Les moments passés avec les gens sont tellement précieux. {#}
L'ambiance est toujours tellement chaleureuse avec eux que quand je rentre chez moi je suis un peu tristounette, oui, moi, surnommée l'ours, l'ermite ou encore le pitbull ! {#}
Heureusement Lorraine était là, je l'ai croisée en rentrant qui s'apprêtait à raccompagner Masataka à la gare, nous avons donc fait le chemin tous les trois et sur le retour vu qu'il faisait bon on s'est dit qu'on allait se balader un ptit peu, ce qui nous a conduit jusqu'à la balançoire de nos pauses jogging ! C'est que ça faisait deux jours qu'on s'était pas vues, imaginez la montagne de choses qu'on avait à se raconter... XD
Sur le chemin on a croisé plein de gens à vélo et il faut savoir une chose : le soir, à vélo, les gens chantent !!! Et ils sont à fond dedans ! Ils se croient tout seuls du coup ils s'en donnent à coeur joie, c'est excellent ! XD
Je veux faire pareil un jour, une balade-karaoke nocturne à vélo. (*o*)
Sur le chemin du retour nous sommes passées devant chez Ai et en avons profité pour les enquiquiner elle et... Senpai ! qui avait été déposé en voiture devant la gare mais qui était revenu en douce jusqu'à chez Ai huhu le petit voyou... {#}
Ah c'est beau la jeunesse !
Nous avons conclu toutes les deux cette bonne journée/soirée chez Lorraine avec un verre d'umeshu maison qu'elle a ramené de son séjour à Fukushima chez la famille de Masataka (eh oui, on boit à deux à 2h du matin, irrécupérables).
Il n'y a pas que grâce à Ai et sa famille que je vais toujours bien, si je n'avais pas eu Lorraine je pense qu'il y aurait eu des jours où je me serais vraiment sentie seule, mais là on se voit presque tous les jours, on rigole tout le temps vu qu'on a toutes les deux un pète au casque et on a vraiment pris nos habitudes comme deux petites vieilles (tu as vu un peu cette belle déclaration d'amitié que je te fais ? XD)
Enfin c'était une très bonne semaine de vacances qui s'est achevée dans l'allégresse la plus totale et je suis d'attaque pour reprendre les cours demain matin ! {#}

lien permanent

Quelques nouvelles  posté le vendredi 02 mai 2008 11:11

Cet article n'a pas vraiment de thème particulier alors on va y aller chronologiquement, histoire que ce soit un peu moins le bazar : dimanche 27, j'ai rencontré une déesse !
Si, si, pour de vrai, en la personne d'Aki, la copine d'Alex. {#}
Cette fille est suprême : elle est jolie (en étant naturelle), marrante, et surtout très classe (ceinture noire d'aikido s'il vous plaît ! {#}) A force d'être à Shirayuri j'ai tendance à oublier que toutes les japonaises ne s'habillent pas avec des jupes à froufrous et ne s'extasient pas en poussant des cris suraigüs quand elles trouvent quelque chose mignon.
Enfin bon elle ne donne pas l'impression d'être une petite femme fragile et je pense que ça doit pas être tous les jours facile à vivre ici... Maintenant en tout cas on est plus nombreuses pour charrier Alex, on peut faire des combo de vannes mouhahahaha. {#}
Dimanche nous sommes donc allés tous les quatre (Aki, Alex, Lorraine et moi) voir le " Tsutsuji matsuri ", un festival dédié aux fleurs dans la ville de Nedzu.
Le festival se déroulait dans l'enceinte d'un temple, il faisait un temps magnifique et comme ce spectacle coloré attirait beaucoup de monde il y avait également plein de petits stands de nourriture et jeux ainsi que des artistes amateurs (chanteurs de nô ou joueurs de wadaiko, les gros tambours japonais) qui se produisaient dans l'enceinte du temple.
Le but de la balade consistait tout bêtement à se promener au milieu des fleurs en les admirant (pour la modique somme de 200 yens), mais on peut dire qu'il y avait de quoi faire, d'autant que les rayons du soleil se reflètaient sur les fleurs, ça rendait le spectacle encore plus magnifique.
Sans parler de leur parfum qui nous assaillait quand on marchait en plein milieu !
Sinon en ce moment c'est la Golden Week ! Une succession de cinq jours fériés allant du 29 avril au 5 mai (et comme le 3 et le 4 tombent sur un weekend cette année, la " férietude - je t'emprunte ton mot Lorraine - a été décalée sur des jours de semaine pour ne pas que les gens se fassent arnaquer XD). Le 29 avril commémore la naissance de l'empereur Shôwa, le 3 mai la constitution, le 4 la nature et le 5 les enfants !
C'est donc profitant du pont que nous sommes allées " étudier " au parc Yoyogi mercredi avec Lorraine. C'est le moment qu'ont choisi nos deux zigotos pour redonner des nouvelles, confirmant que la balade en voiture à Yokohama tenait toujours. Nous avons hésité un moment entre les ignorer, les trucider pour nous avoir rappelées seulement maintenant ou leur pardonner et avons opté pour la troisième option quand nous avons appris plus tard dans la soirée qu'ils travaillaient treize heures par jour...
Quand je pense que j'avais déjà préparé un mail assassin à leur attention, heureusement que je ne leur avais pas envoyé... XD
Nous avons donc retrouvé Yuuki et Nobu et sommes montées dans leur bolide, en route pour Yokohama ! Ca faisait vraiment longtemps que j'avais pas fait de balade en voiture, j'avais oublié à quel point c'était agréable (du coup j'ai bien failli m'endormir).
Quand je pense que la première fois qu'ils avaient lancé l'idée de cette balade on avait hésité pendant trois plombes, pensant que c'était des serial killers potentiels... {#}
Tout le monde s'était fichu de nous, disant que c'était juste un plan drague et je crois dans le fond que c'était plus proche de la réalité... XD
Cette fois un peu moins de rigolade, on a été un peu sérieuses aussi et on a pu leur dire ce qu'on avait sur le coeur : que beaucoup de gens nous trouvaient marrantes à voir une ou deux fois mais qu'ils y trouvaient ensuite moins d'intérêt et que du coup on se retrouvait frustrées, que parfois on en avait un peu marre d'être juste " les françaises ", enfin ce genre de choses...
Ca fait plaisir de pouvoir le dire à des japonais, et surtout à des japonais qui le comprennent !
En tout cas c'était vraiment sympa, il faisait doux et Yokohama de nuit est vraiment magnifique, toutes les lumières de la ville se reflètent sur la surface de l'eau, ça brille de partout ! *o*
Du coup ça m'a fait penser à Yôsuke qui habite là-bas, ça fait super longtemps que je ne les ai pas vus avec Takashi... Encore ce maudit shûkatsu !!!
Sur la route du retour on s'est arrêtés pour manger des râmens et on est pas rentrés trop tard à Sengawa (qu'est-ce que c'est agréable quand même de se faire reconduire jusque devant chez soi, ça change du train {#}).
A la fin de la soirée j'ai osé me lancer et j'ai proposé une sortie à Yuuki, sortie qu'il a accepté mouhahahaha (vas-y Camille, fonce ! {#})
Le lendemain, jeudi premier mai, je suis allée avec Saori et des amies à elle au musée Ghibli, le célèbre studio des films d'animation fondé par Hayao Miyazaki et Isao Takahata.
Il se situe à Mitaka, une petite ville de banlieue à environ vingt minutes de bus de Sengawa et allez savoir pourquoi mais il faut se procurer les places à l'avance en les commandant, on ne peut pas les acheter sur place. Il faut le savoir pour ne pas se retrouver comme une nouille à l'entrée du musée sans pouvoir y entrer !
Ce qui est vraiment sympa dans ce petit musée, ce sont le cadre et les décors : il est situé près d'un parc donc il est cerné par la verdure, on ne voit que ça, c'est très calme et apaisant. Une fois dans le musée-même, on se balade de pièce en pièce en admirant des petites animations, des artworks et des storyboards dans des décors qui rappellent tour à tour l'atelier de Piccolo, le château de Howl, la planète de Laputa, la cour de la maison de Kiki...
Avant de partir nous avons également pu assister à un court-métrage des studios Ghibli dans une petite salle et nous sommes passées par la boutique de souvenirs qui offrait plutôt pas mal de choix et à des prix tout à fait raisonnables (contrairement à Disneyland qui assassine avec les prix...) Je m'en suis tirée pour un peu plus de 500 yens (soit 3€) avec deux badges et un autocollant Porco Rosso.
Le musée dispose également d'un café mais les prix sont nettement plus chers par rapport à la boutique alors nous n'y sommes pas allées.
Ce qui est assez marrant c'est que les Ghibli qui ont le plus de succès au Japon sont ceux qui en ont eu le moins en France comme Mon voisin Totoro ou Kiki la petite sorcière, jugés un peu trop enfantins par les français qui ont découvert les films Ghibli avec Princesse Mononoke ou Le voyage de Chihiro et qui les considèrent généralement comme les meilleurs.
Je pense que c'est tout simplement une raison sentimentale qui est derrière tout ça : les japonaises de ma génération ont grandi en regardant Totoro et Kiki et forcément on est plus facilement marqué durant notre enfance ! XD
En ce qui me concerne je préfère Porco Rosso, sûrement parce que c'est le premier que j'ai vu quand j'étais petite ! Toujours ce lien avec notre enfance huhu. {#}
En revenant du musée j'ai frôlé l'arrêt cardiaque ! Mon vélo, mon précieux et surtout tout neuf vélo avait disparu ! {#}
Avec ma paranoïa française j'ai tout de suite pensé qu'on me l'avait volé (alors que je l'avais attaché) mais en fait non, il avait juste été déplacé pour " stationnement gênant ", quel soulagement...
N'empêche je suis contente parce que dans le panier j'ai trouvé plusieurs papiers " stationnement gênant ", ça c'est du souvenir qui pète, un truc collector qu'on peut pas trouver quand on est un simple touriste, en plus ça montre bien l'étendue de mon statut de voyou au Japon ! V(^_^)V (mais je gênais même po c'était même po vrai {#}...)
Enfin, un bon début de Golden Week dans l'ensemble !

Photo : Tsutsuji matsuri à Nedzu

lien permanent

Double homicide sanglant évité grâce à l'intervention fortuite d'un costume-pyjama  posté le mardi 29 avril 2008 18:13

Bon en fait cet article va être contredit par le prochain mais comme je l'ai écrit j'ai envie de le publier quand même !

Vous rappelez vous de Yuuki et Nobu, les deux salarimen rencontrés par hasard lors d'une promenade à Harajuku ?
Eh bien ce n'est pas la peine de faire l'effort de retenir leurs noms car je crois qu'on ne les reverra jamais... {#}
Nous devions normalement nous voir tous les quatre le 30 mais le lieu et l'heure de rendez-vous n'ayant pas encore été décidés, nous avions envoyé un mail quatre jours plus tôt pour avoir des nouvelles. Pas de réponse.
" Bon ils sont occupés, après tout il reste encore un peu de temps avant le 30 " pensions-nous. Arrivent le 27, le 28, puis le 29. Silence radio.
S'il y a bien une chose qui m'énerve c'est l'incertitude, attendre pendue à ma boîte mail une réponse qui ne vient pas. Et bien évidemment, plus on attend, pire c'est.
Je passais donc le temps en massacrant d'innocents Teletubbies, cible idéale pour se venger des japonais : ce sont des créatures asexuées et hautes en couleur tout comme eux dixit Lorraine (oui, ce genre de comportement nous rend bêtement racistes XD), accumulant les headshots quand l'image de Yuuki me venait à l'esprit.
J'ai fini par les appeler dans l'après-midi du 29. " Transfert sur messagerie ", pas de rappel.
...
S'ils ne voulaient plus nous voir ils auraient pu au moins pu avoir le courage d'inventer une excuse bidon, mais non, ils ont préféré nous ignorer superbement. {#}
Quand je pense que Yuuki veut dire " courage ", tu parles ! Je savais déjà que la lâcheté était un trait bien masculin mais plus je vis ici plus ça se confirme.
Ce qui nous agaçait surtout, c'est cette incompréhension totale : c'était tout de même eux qui étaient venus nous parler, eux qui avaient appelé pour qu'on se revoit rapidement, eux qui avaient proposé cette sortie le 30 (en plus ils n'avaient même pas bu à ce moment-là !), alors pourquoi d'un coup nous ignorer ? {#}
MERDE on est pas un reportage ambulant sur la France qu'on regarde une fois ou deux pour se détendre avant de zapper ! {#}
Quelle déception, en plus comme on est loin de notre famille et de nos amis on s'attache tout de suite beaucoup plus facilement aux gens qu'on rencontre ici, ils aiment les femmes faibles mais ils se sont même pas rendus compte qu'ils en avaient deux devant eux ces deux nazebroques. {#} La déception et l'incompréhension ont rapidement fait place à des envies meurtrières face à un tel manque de respect.
Bref nous étions bien parties pour ruminer toute la soirée au Freshness Burger (oui, il y en a un à Sengawa ! *\o/*) et maudire la lâcheté de la gent masculine locale quand un mail de Tarô dont on espérait plus grand chose est arrivé : " vous ne venez pas au concert ce soir ? On vous a mis sur la liste des invités c'est gratuit ! "
Ma foi si c'est gratuit... * mode radinerie de fin de mois [ON]OFF * {#}, en plus ça nous changera les idées !
Le concert était toujours aussi bien mais je n'arrivais pas à me sortir tout à fait de la tête le fait qu'on ait été superbement ignorées et zappées de la sorte, c'était bien la première fois qu'on nous faisait un coup pareil, et puis on attendait toujours naïvement avec un peu d'espoir un mail de dernière minute.
Heureusement Tarô avait remis son superbe costume de la mort mauve à fleurs blanches déniché je ne sais où, ce qui a eu pour effet de nous remonter le moral d'un coup (ce truc est mythique, on est explosées quand on le voit monter sur scène avec ça, ça va bien avec sa grosse tête de grenouille à grande bouche alcoolique XD).
A la fin du concert nous sommes allées voir Oi-chan pour lui remettre " l'enquête " qui est distribuée à la fin de chaque concert et où on est censé écrire nos impressions du jour (sauf que cette fois, par flemme d'écrire en japonais, nous avons préféré dessiner Tarô revêtu de son beau costume de scène {#}).
" Oh, Kamiiyu, Roreenu ! (on adore la façon qu'il a de nous appeler, un jour il faudra qu'on l'enregistre) Attendez on s'entend pas ici, on va causer dehors.
Nous y avons retrouvé Tarô qui avait changé de tenue, son costume sous le bras.
" Yop, merci de nous avoir invitées aujourd'hui ! Tu sais Tarô, la dernière fois on s'est foutus de toi, mais maintenant on l'aime ton costume... avons-nous avoué.
- Ce truc-là ? intervient Oi-chan. Vous trouvez pas que ça ressemble à un pyjama ?
- Aaah c'est vrai ! Tu le penses aussi Oi-chan ?! Je me suis fait la même réflexion la première fois que je l'ai vu !!! me suis-je écriée devant un Tarô vexé. D'ailleurs j'ai un peu le même genre de pyjama chez moi...
- Ramène-le la prochaine fois, ça lui fera un nouveau costume de scène !

- Dis, je peux le mettre pour voir ? a demandé Lorraine.
- Oooh, moi aussi je veux ! ai-je renchéri. Tarô s'est marré et a joué l'habilleur professionnel, nous prévenant que c'était à nos risques et périls vu qu'il était plein de sueur. On a fait un peu joujou avec, puis il l'a replié soigneusement.
- Oh non, pas la peine de le ranger, oublie-le ici, ce serait bien même... a continué Oi-chan, ignoré par un Tarô vexé qui a rangé son trésor avec mille précautions.
- J'avais un beau costume moi aussi quand j'étais lycéen, a poursuivi notre bassiste préféré, je comptais le porter au mariage de la soeur de Kô-chan, mais j'ai grossi ! Si les boutons pètent pendant que je joue de la basse je vais avoir l'air malin...
- Ben tu m'étonnes ! C'est que tu es moelleux Oi-chan ! Alors, c'est pour quand le nouveau CD ?
- On commence l'enregistrement en mai, ici, dit-il en désignant la salle de concert.
- Waaah, tu crois qu'on pourrait venir voir ? s'empresse de demander Lorraine.
- Hein ? Je pense que ça ne pose pas de problème, mais ça commence tard le soir et ça dure une bonne partie de la nuit, ça va ?
- Pas de problème, on aimerait vraiment bien voir ça !
- Ok, vous taperez dans les mains, comme ça, sur la pochette du CD on mettra " clapements de main : Camille et Lorraine ". Ah et puis ce qu'on pourrait faire c'est se retrouver plus tôt le soir comme ça on va manger tous ensemble et après on va enregistre, qu'est-ce que vous en dites ?
- Ouaaaais ! " {#}

Finalement en rentrant chez nous on avait plus du tout la haine contre les deux autres abrutis, ce qui était emm*rdant c'était cette attente dans l'indécision. Une fois qu'on a été sûres qu'ils ne donneraient pas signe de vie, on a juste été un peu déçues d'avoir perdu notre temps.
Nous sommes maintenant persuadées que le costume de Tarô est magique : c'est depuis qu'il le porte qu'il a arrêté de nous snober et le mettre nous-mêmes nous a ôté toute pulsion meurtrière. C'est la deuxième fois que JJJB nous sauve de la déprime en si peu de temps sans le savoir !
J'ai honte parfois, j'ai l'impression d'être vraiment devenue moralement faible et dépendante des gens, pourtant avant j'étais vraiment solitaire et indépendante mais je crois qu'avec Lorraine nous avons horriblement peur à l'idée d'être " abandonnées " et complètement dispensables...
Je suppose que c'est normal de ressentir ça quand on est à l'autre bout du monde loin de ses proches et son environnement habituel. De toute façon ça ne va certainement pas me gâcher le temps qu'il me reste à passer ici et je crois dans l'ensemble que les fois où j'ai été un peu déprimée se compte sur les doigts d'une main et jamais ça n'a été au point d'avoir envie de rentrer chez moi.
En revanche avec le temps qui passe l'idée du retour m'apparaît moins terrible alors qu'il y a quelques mois encore je ne voulais même pas y réfléchir...

Photo : voilà la veste du désormais célèbre Costume ! Je sais qu'il fait peur et que c'est difficile à croire mais Tarô est plutôt pas mal en temps normal.

lien permanent

Anniversaire à Tôdai  posté le samedi 26 avril 2008 15:47

Mardi c'était l'anniversaire de cette chère Lorraine qui a atteint l'âge CRITIQUE de vingt-[BIP] ans et nous avons fêté cela comme il se doit le mercredi soir au réfectoire du campus Hongô de Tôdai (car c'est là qu'étudie Yoshiki-senpai, notre héros {#}) !
Etaient présents Ai, Senpai, Lorraine bien sûr et Masataka (un ami à elle venue pour les vacances avec qui nous avions déjà fait une balade de la mort bis samedi dernier avant le concert : de Shinagawa à Shibuya). Il est japonais mais a toujours vécu en France et l'intuition des japonais est assez incroyable (comme quoi notre théorie suivant laquelle tous les japonais seraient reliés à une sorte de matrice n'est peut-être pas si erronnée... {#}) : dans son propre pays on le prend pour un étranger, on lui parle en anglais, bref il ne dégage apparemment pas d'aura japonaise caractéristique si ce n'est celle d'un salaryman d'il y a dix ans ! XD
En tout cas du peu que je le connaisse c'est un garçon bien : c'est un otaku, il écoute Bump of Chicken et en plus il m'a donné de la viande ! *o*
Nous avons été surpris par le choix et surtout les prix dérisoires des menus de la caféteria de Tôdai qui sont en comparaison bien plus cher à Shirayuri : du coup je me suis offert le luxe de prendre un dessert !!! Une gelée au maccha qui ressemblait plus à de l'argile qu'à autre chose et qui était très amère mais je suis parvenue à la manger jusqu'au bout (c'est pour l'intégration, pour l'intégration {#} J'aime me lancer des défis stupides parfois...)
Lorraine était bien sûr très émue d'être à Tôdai pour son anniversaire, ce n'est tout de même pas rien (pourquoi aller dans un restau un peu chic quand on peut manger pour 300 yens dans l'université la plus prestigieuse du Japon ? {#})

Ce dîner de luxe a en tout cas été l'occasion de faire une nouvelle découverte sociologique :
" Tu es bien féminine aujourd'hui Camille " me dit Senpai en louchant vers ce que je n'oserais même pas appeler un décolleté (jugez par vous-même d'après la photo, rien de très olé olé...)
" C'est vrai ! renchérit Ai. Ils sont vraiment gros, aaaah je t'envie... "

...

C'était donc pour ça qu'on avait pas arrêté de me regarder depuis Sengawa ! Tout s'est éclairé, je croyais avoir un gros bouton ou du chocolat sur la figure.
Mais non, il semblerait juste que je me baladais en tenue indécente contre l'insu de mon plein gré ! A bien y réfléchir, il est vrai que je n'ai jamais vu de japonaise assez découverte en haut, même quand je suis arrivée en été et qu'il faisait une chaleur étouffante.
J'étais tellement choquée à l'époque par la " courteur " (je sais que ce mot n'existe pas mais employer " longueur " ferait figure d'antonyme), voire l'absence totale de jupe que je n'avais pas remarqué qu'elles n'avaient jamais de décolleté ni les épaules découvertes (en même temps quand on a rien à montrer... et VLAN mouhahahaha {#}).
Au Japon exhiber ses gambettes jusqu'à un point critique ne pose donc aucun problème mais le décolleté choque, ou plutôt devrais-je dire, il surprend car ce n'est pas de façon péjorative (enfin c'est ce qu'Ai m'a certifié et j'espère que c'est vrai parce que je me vois pas vivre en manches trois-quarts par 35° à l'ombre cet été juste pour éviter de passer pour une fille de petite vertu XD).

Après notre repas de fête nous avons entrepris de trouver un karaoke (mais avant ça Lorraine a appuyé par mégarde sur le signal d'alarme dans les toilettes de Tôdai, petit incident technique assez drôle qui la poursuivra sûrement longtemps XDDD).
Ca devient vraiment agréable de se balader le soir, il fait très bon on se croirait presque en été, hélas les moustiques n'ont pas perdu leur temps pour réapparaître, ç'eut été trop beau... {#}
Nous devisions chemin faisant sur des expressions d'ojô-sama (les jeunes filles de bonne famille) marrantes à caser et vantant les nombreuses qualités de Senpai (je crois qu'il ne sait pas qu'il a un fan-club...) quand Ai s'est tournée vers moi : " Camille, je voudrais te demander un truc, c'est un peu bizarre... "
Avant qu'elle ne finisse sa phrase je le sentais déjà arriver gros comme une maison.
" Est-ce que je pourrais toucher pour voir ? " Nooooon Ai, tu t'y mets aussi ?!
- Bon bah euh, ma foi, si ça peut te faire plaisir hein... Aaaaah ça chatouille !!! XD
- Waaah c'est génial !!! C'est étonnant, c'est complètement différent, raah je suis jalouse... Saute pour voir ?
...
Sacrée Ai ! Elle me fera toujours rigoler. Je sais que les filles sont en général obsédées par leur tour de poitrine mais je ne savais pas que les japonaises y accordaient tellement d'importance, sûrement parce qu'elles n'en ont pas (loin de moi l'idée d'être blessante, ce sont les tristes faits).
Enfin je me dis que si ça marque autant les filles, l'effet doit être décuplé sur la gent masculine de ce pays bien connue pour sa perversité latente, j'ai peut-être là un atout majeur pour coincer Yuuki mouhahaha ! {#}
Après s'être bien défoulé au karaoke nous sommes repartis chacun de nos côtés, laissant Ai avec Senpai chez qui elle allait dormir sous couvert de " révisions pour le shûkatsu " (bravo Senpai, c'est presque gagné ! FIGHT ! *\o/*)
C'est après des soirées comme ça que je me dis que j'ai vraiment pas envie de rentrer si vite en France... Plus que quatre mois déjà !

lien permanent