Et voilà, ce blog touche à sa fin.
Même s'il y a aura sûrement encore quelques publications d'articles
par-ci par-là, mes aventures en territoire nippon sont, elles, bel
et bien finies !
172 articles, 586 commentaires, 16 267 visiteurs uniques et pas
loin de 40 000 consultations : le moins qu'on puisse dire, c'est
que ce blog n'aura pas été laissé à l'abandon !
J'avais tellement de choses à dire sur cette expérience, j'ai
pourtant l'impression de ne pas être parvenue à vous transmettre la
moitié de ce que j'ai observé, appris, ressenti...
C'était parfois vraiment dur de trouver le temps et la motivation
pour écrire ce blog mais je suis contente d'avoir pu le mettre à
jour régulièrement et j'espère que vous avez eu autant de plaisir à
le lire que moi à l'écrire.
Je voudrais surtout remercier tous mes lecteurs, qu'ils soient
commentateurs aguerris ou simples visiteurs de l'ombre car c'est
grâce à vous si j'ai pu mener mon récit à terme.
Sans vos visites assidûes et vos gentils commentaires, j'aurais
sans doute été plus paresseuse et aurai fini par laisser tomber, à
regret.
Merci donc de m'avoir soutenue directement ou indirectement et si
ce blog a pu vous occuper durant les longues soirées d'hiver, vous
apprendre des choses sur le Japon, vous divertir pendant vos heures
de trou etc... et bien j'en serais très contente et considérerais
qu'il a atteint son but.
Je n'aime pas trop la formule " lach t kom " mais j'espère que
chacun de vous me laissera un dernier commentaire sur cet article
et que ceux qui m'ont lue sans s'être jamais manifesté me
laisseront ici une petite trace de leur passage : ça me ferait très
plaisir. 
Merci à tous et à bientôt !
Camille
Photo : une créature que je suis contente d'avoir retrouvé :
P
Ce n'est qu'un au revoir posté le mercredi 08 octobre 2008 19:40
Et le temps s'écoula... posté le dimanche 05 octobre 2008 17:13
Après avoir assisté à un drôle de concert nocturne de groupes
bizarres et inconnus où j'ai pu approcher Riu (le bassiste de
Metronome) de très très près et sans maquillage (gyaaaah), j'ai vu
les premières lueurs de l'aube se lever sur le port d'un Yokohama
désert.
Après avoir dit au revoir à Miho et Saori à la fin d'une après-midi
pluvieuse chez Lorraine en leur laissant des gâteaux et bonbons
pour un régiment, après avoir traîné une dernière fois seule à Ueno
et Asakusa pour acheter quelques souvenirs et au passage maudire
des losers français qui bavaient sur d'innocentes japonaises, après
avoir été dans une izakaya de Shibuya très louche avec Ai, Yôsuke et Takashi, après
m'être baladée une dernière fois avec Mayu-san (la copine de
concert de Lorraine) à Roppongi pour contempler Tôkyô de ses
hauteurs, après avoir été généreusement invitée par le sensei
d'Alex pour un cours un peu particulier de jujitsu et avoir dit au
revoir à mon Ch'ti préféré, après avoir fait une dernière nuit
blanche au karaoke avec Gan et Shû, le soleil s'est levé sur
le Japon, annonçant le 21 août, le moment pour moi de faire mes
adieux à ce rêve éveillé.
Il ne me restait plus grand chose à ranger dans mon appartement,
j'avais déjà envoyé une grande partie de mes affaires par bateau et
par avion.
Mais mine de rien, ça m'a bien pris une petite semaine pour ranger
tout ce qui restait : on commence par enlever les posters aux murs,
sortir du placard les vêtements qu'on ne remettra pas, ranger les
petits bibelots superficiels, mettre ses CD dans un coin de la
valise et puis on en arrive à trier la nourriture en se demandant
ce qu'on va donner et ce qu'on va jeter, et là on sent que ça
commence à sentir le roussi.
Le signal se met à clignoter : départ départ
départ départ
départ !
J'avais sous-estimé la tâche, si bien que quand Ai est arrivée à
15h, je finissais tout juste le ménage et le tri des ordures alors
que je croyais avoir une bonne marge de temps.
En un sens, ce n'était pas plus mal : je n'ai pas eu le temps de
réaliser que j'allais quitter pour toujours cet endroit qui avait
abrité tant de souvenirs.
Bizarrement, je n'étais pas si triste à ce moment-là, en tout cas
sûrement beaucoup moins qu'Ai qui avait l'air bien plus chamboulée
que moi, sans doute parce que c'était pour elle une transition plus
brutale : la dernière fois qu'elle avait vu mon appartement, il
était encore rempli de bazar et imprégné de traces de vie
quotidienne.
Là, si ce n'est les valises qui trônaient au milieu de la pièce, on
aurait pu croire à une visite d'un appartement inoccupé.
Je me suis mis à sa place et ai songé qu'il devait être bien plus
difficile pour elle de me voir partir que pour moi de rentrer. Il y
a toujours du nouveau pour celui qui part, des choses à découvrir
ou à redécouvrir, alors que la vie de celui qui reste ne change
pas, elle continue comme avant, seulement avec quelqu'un en
moins.
Mes proches s'étaient retrouvés dans cette situation un an plus
tôt...
Dans tout les cas, j'étais la seule à toujours bien m'en
tirer et j'en culpabilisais presque, avec cette impression
d'abandonner les autres.
Otoo-san, Okaa-san et Onee-chan sont arrivés une demi-heure plus
tard, j'ai descendu dans la voiture mes 40 kilos de bagages (bagage
à main inclus tout de même ! XD) ainsi qu'un sac de nourriture et
un autre de babioles que je laissais à Ai puis j'ai pris quelques
secondes pour me " recueillir " avant de refermer la porte de cet
appartement à l'intérieur duquel s'étaient passées tant de choses.
Au moment de glisser la clé dans la boîte aux lettres de Lorraine à
qui j'avais dit au revoir plus tôt dans la journée, j'ai éprouvé un
petit pincement au coeur par rapport à cet acte qui signifiait un
non-retour irrémédiable.
Malgré tout, je n'avais ni regret ni sentiment d'inachevé, je crois
que je m'étais finalement préparée depuis longtemps à l'idée de
rentrer en France.
Je mentirais en disant que j'étais triste : bien sûr, le fait de
quitter cette petite vie idéale ne me réjouissait pas mais c'était
largement contrebalancé par les retrouvailles certaines avec ma
famille et mes amis.
J'ai laissé la porte du portail se refermer, je suis montée en
voiture et Otoo-san a démarré mais je ne me suis pas retournée pour
voir ce que je laissais derrière moi.
Mis à part le fait qu'Ai m'avait dit que j'étais habillée " façon
départ " (elle a des concepts étranges...), l'ambiance n'était pas
différente de d'habitude dans la voiture : Otoo-san conduisait en
silence, concentré sur la route, Ai et Onee-chan papotaient en
s'engueulant par moment tandis qu'Okaa-san s'assurait de savoir si
tout allait bien, si nous n'avions besoin de rien, si nous voulions
quelque chose à manger...
Ai s'est endormie dans la voiture et je me suis souvenue d'une fois
en hiver où, de fatigue, elle avait fini par s'endormir à même mon
plancher alors que je l'avais laissée cinq minutes pour sortir les
poubelles.
Le ciel est devenu gris et une pluie violente s'est mis à tomber,
annonçant la fin du caniculaire été nippon. " C'est le ciel qui
pleure ton départ ", m'a dit Ai quand elle a ouvert un oeil.
Le temps que nous arrivions à destination, la pluie avait cessé
mais le froid avait profité de cette intempérie pour s'installer et
nous nous sommes dépêchés de rentrer dans l'aéroport.
Malgré quelques embouteillages en milieu de chemin, nous sommes
arrivés sans retard vers 18h.
Yôsuke et Takashi devaient nous rejoindre mais nous avions encore
un peu de temps devant nous alors nous en avons profité pour aller
manger dans un restaurant de l'aéroport. Je crois que c'est vers ce
moment-là que j'ai commencé à perdre la notion du temps : ça
faisait combien de jours que je n'avais pas eu une nuit de sommeil
normale ?
J'avais l'impression de pas avoir dormi depuis plusieurs jours, je
me sentais vraiment fatiguée mais je ne voulais pas gâcher ces
dernières heures en m'enfermant dans ma bulle, et puis l'adrénaline
du départ m'aidait à me maintenir éveillée et à avoir les idées à
peu près claires.
A 19h, je suis allée enregistrer mes bagages avec Ai pendant que le
reste de la famille dînait encore.
Voir tous les français faire la queue a eu l'effet d'un véritable
éléctrochoc et m'a fait prendre conscience de ce qui allait
m'arriver : j'allais rentrer avec eux, dans notre
pays, redevenir une compatriote et plus une
étrangère. J'allais... partir ? Quitter le Japon ?
Ne plus rentrer à Sengawa ? Dire au revoir à Ai ? Mais non, c'était
pas possible !
On allait m'expulser de chez moi ?? (à la réflexion, je m'expulsais
tout seule, j'avais encore un mois de visa...
)
Alors que je croyais avoir conscience du fait que j'allais rentrer,
j'ai bien compris que j'avais été complètement à côté de la plaque
jusque là et pour la première fois j'ai senti les larmes monter.
Pour le coup, toute la joie à l'idée du retour avait disparu.
Ai a reçu un coup de fil des garçons et nous avons été les
retrouver après que j'ai fini l'enregistrement de mes bagages (0,4
kg d'excédent : c'est qui la plus forte ?
)
Ca me touchait vraiment qu'ils aient fait le déplacement jusqu'à
Narita pour me dire au revoir et être avec moi jusqu'au bout mais
j'ai été encore plus touchée quand Yôsuke m'a tendu d'un air gêné
un album noir : " fais pas attention hein... c'est du travail de
garçon alors les trucs mignons, on connaît pas trop... "
Ce simple album photo s'est révélé bien plus que ça : un album de
souvenirs.
Il me suffisait de revoir une seule de ces photos soigneusement
choisies par les garçons pour revoir toute la scène qui allait
autour. Dix mois de souvenirs concentrés dans ce petit album.
A la dernière page se trouvaient une photo de Takashi et Yôsuke et
un petit mot de chacun d'eux. Je me suis dit que pleurer maintenant
ruinerait l'ambiance, aussi je parvins à me retenir tant bien que
mal en les remerciant et nous sommes allés nous balader dans
l'aéroport.
Alors que l'heure aurait pu être à la déprime, chacun a tenu bon
pour sourire, rigoler et parler de choses gaies, réfléchissant même
à leur venue en France à l'occasion de leur voyage de fin d'études,
même si on savait tout très bien qu'au fond, on était
tristes.
On s'est tous réunis vers 20h30 devant la porte des départs et le
fatidique moment de la séparation est arrivé et avec lui, les
larmes qui avaient fait tant d'efforts jusqu'ici pour ne pas sortir
! Okaa-san, Onee-chan et Ai m'ont toutes les trois remis une lettre
et des petits cadeaux (je me suis retrouvée avec un sac d'une
tonne, heureusement qu'il y a de la place dedans... XD) quand tout
à coup Yôsuke s'est exclamé : " aaah attendez, je viens de réaliser
que parmi toutes les photos qu'on avait prises, il n'y en a aucune
où nous sommes tous les quatre ! "
L'erreur fut réparée sous le panneau affichant les départs et après
avoir serré tout le monde très fort en les remerciant pour tout, je
me suis aventurée vers la porte des départ, écrasée sous tout mon
barda, les cheveux en bataille et la vue brouillée par les
larmes.
La dernière chose que j'ai pu voir avant de me retrouver
complètement seule, c'était des signes de main chaleureux et une Ai
qui pleurait encore plus que moi.
Après, je me souviens que j'ai réussi à embarquer sans problème
dans mon avion et au moment du décollage j'ai dû refouler une
nouvelle montée de larmes.
Dans un premier temps, j'ai lu toutes les lettres qu'on m'avait
remises ces derniers jours, chacune me faisant plus pleurer que la
précédente (je crois que le pauvre homme assis à côté de moi a dû
avoir envie de me tuer à plusieurs reprises durant le vol !
XD)
Curieusement, les larmes ont fini par s'arrêter pour faire place au
sourire quand je me suis mis à faire le bilan de cette année
(fallait bien que je trouve comment occuper ces quatorze
heures...)
Puis il est arrivé un moment où j'étais tellement fatiguée et
déconnectée de la réalité que je n'ai plus pu rien faire d'autre
qu'écouter mon mp3 en boucle.
Dans l'état de légume où j'étais, même le simple fait de regarder
un film me semblait requérir trop d'attention et bien évidemment je
n'arrivais pas à dormir.
Malgré tout, il s'est trouvé que j'avais encore assez de force pour
me dire " eh bé... ça y est je suis rentrée du bout du monde là ! "
quand j'ai senti l'avion se poser et encore un sursaut d'énergie
pour sauter dans les bras de mon père, le premier que j'ai vu parmi
les membres de ma famille qui étaient venus me chercher, en ce
vendredi 22 août à 4h15 à l'aéroport Charles de Gaulle...
Voici la traduction du " Relais du matin ", du poète Shuntarô
Tanigawa.
Ai me l'a calligraphié et l'a glissé dans la lettre qu'elle m'a
remise juste avant notre séparation.
Lorsque les jeunes de Kamchaka sont en train de rêver,
une jeune fille Mexicaine attend son bus en pleine campagne.
Une petite New-Yorkaise endormie se retourne dans son lit le
sourire aux lèvres.
A Rome, un jeune homme s'éblouie en regardant le ciel se colorer
des premières lueurs de l'aube.
Sur cette Terre où le soleil est toujours en train de se lever
quelque part, nous assurons le relais.
D'une longitude à l'autre, des gens prennent la relève pour
protéger ceux qui dorment encore
et si l'on tend l'oreille on peut entendre la sonnerie d'un réveil
retentir quelque part au loin.
C'est la preuve que quelqu'un a bien accueilli le matin que tu lui
as légué.
Oyez oyez bonnes gens posté le samedi 04 octobre 2008 21:26
Ne désespérez pas !
Il est vrai que le blog a été sacrement délaissé ces derniers temps
mais n'y voyez pas là un lâche abandon de ma part ! J'ai réussi à
le tenir à jour pendant près d'un an malgré le manque de temps et
la fatigue alors imaginez-bien que ce n'est pas pour le laisser
mourir bêtement une fois rentrée en France. Il me tient beaucoup
trop à coeur pour ça !
Seulement, ces derniers temps j'ai été assez occupée avec des gens
à revoir, les préparatifs de la rentrée, mon installation à Paris
chez une certaine personne et bla- bla-bla.
Maintenant que j'ai retrouvé mes marques et mon rythme de travail,
je compte bien accorder un peu d'attention à ce pauvre blog et
finir en beauté, j'aurai sans doute pu l'achever plus tôt mais je
refuse vraiment de le bâcler, quitte à ce que les articles soient
longs à venir.
Je ne sais pas encore si j'aurais le temps de tout raconter (c'est
que le JLPT approche !) mais vous pouvez au moins être sûrs de voir
dans les deux semaines le récit de mon retour dans nos belles
contrées, quitte à ce que je rajoute plus tard quelques autres
articles sur des aventures de fin de séjour que je n'aurai pas
racontées. Je ne sais pas si ça aura le même charme si c'est publié
après le fatidique article du retour mais après tout... Quoiqu'il
en soit j'ai toujours noté mes impressions à chaud sur des bouts de
papiers qui traînaient quand je faisais quelque chose donc je pense
que je n'aurai pas de problème pour me souvenir et écrire des
choses un tant soit peu vivantes !
En plus, ça m'a bien amusée de tenir ce blog donc j'aurai sans
doute un petit pincement au coeur si je devais lui mettre un point
final, je sens donc que vous n'êtes pas encore débarrassés de moi
et aurez sans doute de mes nouvelles de temps en temps quand
l'occasion et le temps se présenteront... (du style " les aventures
d'Ai à Paris " par exemple... XD)
Et voilà, je voulais juste publier un petit avis et ça a encore
fini en roman...
A bientôt !
Ponyo Ponyo ou le devoir accompli posté le jeudi 04 septembre 2008 18:24
Impossible pour tout habitant du Japon d'échapper au phénomène qui touche l'archipel ces derniers temps : Gake no ue no Ponyo, le nouveau film de Hayao Miyazaki.
A la télé : des pubs pour Ponyo.
Dans le train : des affiches de Ponyo.
Au karaoke : des extraits de la B.O. de Ponyo.
Et surtout, cette chanson tellement insupportable interprétée par une gamine qui passe en boucle dans votre tête pendant des heures si vous avez eu le malheur de l'entendre par hasard ne serait-ce que quelques instants : " Ponyo ponyo ponyo sakana no ko. Aoi umi kara yattekita ! Ponyo ponyo ponyo fukuranda. Manmaru onaka no onna no ko ! Peta peta, pyoun pyoun... " (si vous cliquez sur ce lien c'est à vos risques et périls, je ne serai pas tenue pour responsable...)
Bref tout est fait pour que le lavage de cerveau soit optimal et que toute victime personne ayant entendu cette chanson se sente obligée d'aller voir le film au cinéma.
Résistant un temps, nous avons fini par céder face à la pression des médias et avons décidé nous aussi d'aller voir Ponyo avec Miho, Saori et Lorraine !
Comme si c'était un devoir auquel on ne pouvait absolument pas se soustraire sous peine d'être expulsées de l'archipel !
Mais avant d'aller au cinéma en ce beau vendredi 15 nous avions prévu d'aller pique-niquer dans le Shinjuku gyôen, un parc géant en plein centre de Tôkyô.
Une fois de plus, le réveil n'avait pas été une mince affaire : après avoir quitté les garçons vers minuit nous étions allées manger avec Lorraine au Royal Host quand nous nous sommes rappelé sur le coup de deux heures que la préparation du dessert pour le pique-nique nous incombait.
C'est donc dans un état frôlant celui de zombie que nous avons courageusement préparé des crêpes jusqu'à 3h30 avec de grosses valises sous les yeux.
C'est étrange mais je ne suis pas triste malgré l'approche du départ : le pire est passé et c'était finalement la séparation avec Shirayuri, cette université qui a occupé une énoooorme place dans ma vie pendant dix mois.
Maintenant l'ambiance a changé, j'ai vraiment l'impression d'être en vacances et même si j'habite toujours au même endroit qu'avant, le simple fait de ne plus aller à la fac change la donne.
En revanche l'appartement a retrouvé une odeur singulière, la même qu'il avait lors de mon arrivée. Certains diront : c'est l'odeur du chaud, de l'été mais je pense en mon for intérieur qu'il s'agit de l'odeur de l'emménagement/déménagement (si, ça a une odeur !!)
Bref quand je rentre chez moi je suis assaillie par cette odeur pas forcément très agréable mais emplie de nostalgie. Mais je m'égare...
Rendez-vous à midi devant la sortie est de la gare de Shinjuku, un panneau affichant 37° se tenait en haut de l'immeuble Daikin et nous observions les passants haletant essuyer la sueur qui leur coulait du front pendant que nous attendions Saori, en retard comme à son habitude.
Il faisait très chaud mais le taux d'humidité était moins élevé et rendait l'atmosphère bien plus supportable que celle des jours précédents.
Etait-ce parce qu'il faisait tout de même chaud, était-ce parce que l'entrée du parc coûte 200 yens et les gens préfèrent aller dans des parcs gratuits, toujours est-il qu'il n'y avait quasiment personne au Shinjuku gyôen et c'est sans mal que nous nous sommes trouvé une bonne petite place à l'ombre.
Saori a sorti sa superbe bâche, la même qui nous avait servi quand nous étions à la plage et nous avons déposé dessus notre festin multi-national : Saori ses boulettes de riz et son poulet frit, Miho sa salade et un plat chinois à partir de poivrons et nous nos crêpes au sucre et au Nutella (pas les deux à la fois hein !)
En tout cas ce parc vaut largement les 200 yens de l'entrée : il est vraiment très bien entretenu, l'espace est bien géré et les étendues d'herbe sont magnifiques, du genre à vous donner envie de courir pieds nus, particulièrement quand le soleil donne dessus.
A défaut de courir, j'en ai profité pour retirer mes chaussures et me promener un peu en savourant ces petites chatouilles bien agréables sur la plante des pieds.
Après avoir englouti les bonnes choses qui trônaient sur la bâche, nous nous sommes empressées de changer d'emplacement car on avait eu la bonne idée de s'installer sur une fourmilière et comme la taille de ces insectes est proportionnelle à celle des cigales et autres cafards locaux (c'est-à-dire : énorme), ça ne donnait pas spécialement envie de fricoter avec.
Une fois débarrassée de ces indésirables petites bêtes et allongées sur la bâche, nous étions fin prêtes pour la sieste.
Je me souviens qu'à ce moment-là nous avons à peine parlé, chacune était perdue dans ses pensées pendant Saori prenait quelques photos pour tester son nouvel appareil.
La tête appuyée sur mon sac, les mains sur le ventre, j'ai regardé le bleu du ciel avec un sourire sûrement niais en me demandant ce que mes proches faisaient à 10 000 km de là, alors que le soleil venait de se lever chez eux.
La sensation de l'herbe sous moi, le ronron de la ville au loin, la chaleur ambiante rendue agréable grâce à l'ombre et ce ciel d'un bleu limpide, j'aurais pu rester là pendant des heures à laisser vagabonder mes pensées (comme d'habitude...)
Mais il ne fallait pas oublier que nous avions prévu d'accomplir notre devoir d'habitantes de l'archipel nippon en allant voir Gake no ue no Ponyo !
C'est donc après une petite balade dans le parc que nous avons quitté les vertes étendues pour une salle obscure et le petit bidon rouge de Ponyo.
Conclusion : bof bof...
Je n'ai pas été plus emballée que ça. Bien loin de Mononoke ou Chihiro, Ponyo est plus dans la veine de Totoro et s'adresse donc principalement à un public d'enfants.
L'avantage, c'est qu'on comprend tout, l'inconvénient, c'est que par moment c'est franchement un peu trop mièvre et ça suinte de bons sentiments agaçants.
Malgré tout, il règne cette ambiance si particulière qu'on retrouve dans chaque film de Miyazaki et rien que pour ça je pense que j'achèterai le DVD à sa sortie. XD
L'histoire s'inspire en partie du mythe de la petite sirène : Ponyo est un poisson aux pouvoirs magiques. Un beau jour qu'elle s'approche trop de la côte, elle fait la connaissance d'un petit garçon, Sôsuke qui la recueille et l'emmène avec lui en promettant de la protéger.
Récupérée par son créateur/père, un drôle de zigoto à l'allure humaine, Ponyo exprime son souhait de devenir humaine pour rester aux côtés de Sôsuke et profite d'une inattention de sa part pour s'enfuir et se changer en humaine grâce à ses pouvoirs magiques.
A la fin de la séance, j'avais plus sommeil que jamais mais je suis rentrée chez moi toute fière et contente avec le sentiment du devoir accompli. 
Photo : mamzelle Miho
Pour ceux qui trouvent encore que les carpes ne sont pas si répugnantes... posté le jeudi 04 septembre 2008 10:26
Admirez !
Jeux du moment : Les Chroniques de Spellborn PC | Manhunt 2 Wii | Mushroom men : Les Premiers Champignhommes DS | Resident Evil 5 PS3 | Resident Evil 5 360

