Bien le bonjour tout le monde, ça roule ?
Eh bien ça va bientôt faire un an que je suis revenue dans nos
contrées et il m'arrive d'avoir le mal du pays (alors que
bizarrement, je ne l'ai jamais eu de tout mon séjour au Japon !
xD)
Aujourd'hui je ne poste pas pour raconter ma vie mais pour faire un
petit coup de pub !
Vous avez entendu parler de l'association Muchujin in Paris ?
Il s'agit d'un organisme qui promouvoit... promeut ? bref dont le
but est de promouvoir le tourisme à Shikoku, l'une des quatres îles
principales du Japon malheureusement encore trop peu connue des
Occidentaux ! Eh bien si vous cliquez sur ce joli
lien, vous aurez une chance d'y partir à l'oeil ! En effet, cet
organisme propose un voyage d'une dizaine de jours tous frais payés
sur leur belle île A CONDITION que vous teniez un blog relativement
fréquenté grâce auquel vous relaterez votre voyage histoire de
donner envie d'y aller au plus de gens possible (vous saisissez le
concept ? C'est donnant-donnant mais bon sang, qu'est-ce que ça
vous le coup !)
Bien entendu, je tente ma chance ! Je me fais pas trop d'illusions
étant donné que mon nombre de visites à considérablement baissé
depuis que ce blog et semi-actif (ou plutôt semi-inactif...) mais
ça ne coûte rien d'essayer (du coup je suis un peu stupide de faire
de la pub, vous êtes des rivaux potentiels... que le meilleur gagne
mouhahaha !)
Voili, voilou : plus d'infos sur le site Muchujin in
Paris
See youuuuu *\(^_^)/*
La vidéo de la Mikan no uta du groupe Sex Machineguns qui eux
aussi, à leur façon, prom... font la promotion de Shikoku avec cet
hommage aux mandarines de la province d'Ehime !
Ceux qui manquent de respect aux mandarines iront en Enfer !! posté le lundi 06 juillet 2009 15:20
Quelques nouvelles posté le mardi 12 mai 2009 11:28
Salut tout le monde !
Y'a-t-il encore des visiteurs sur ce blog ? Il faut croire, au vu
des statistiques. Merci de me rester fidèles malgré mon rythme
d'écriture tout à fait désorganisé.
J'ai eu les résultats en mars du JLPT 2 que j'ai obtenu avec 83%
(là-dessus je vous avoue que j'étais pas peu fière, j'ai quand même
vérifié qu'il s'agissait bien de moi et pas d'une homonyme XD).
C'est la première fois qu'un examen me tenait autant à coeur et
pour lequel je travaillais autant donc je suis contente d'avoir
réalisé cet objectif ; maintenant, dans les faits, me servivra-t-il
à autre chose qu'à flatter mon ego déjà surdimensionné, je n'en
sais rien... Bah au moins ça fait un truc en plus à mettre
sur le CV ! Je ne sais pas encore si je tenterai le niveau 1.
Concernant mes amis nippons, j'ai quelques nouvelles de temps en
temps mais j'avoue que eux comme moi sommes des feignants donc nous
nous écrivons assez rarement, ce qui ne nous empêche pas de ne pas
nous oublier. La nouvelle vie de salariés d'Ai et Yôsuke a l'air de
bien se passer, Takashi poursuit ses études en master, Saori a fait
d'énormes progrès en français, comme Miho qui va normalement venir
faire un petit tour en France durant le mois de juin. Aucune
nouvelle des musiciens de JJJB (c'est bien connu, les garçons, ça
n'écrit pas : p) mais je songe à leur envoyer prochainement un
colis de saucissons et de terrines. Et avec Lorraine nous avons eu
le plaisir d'avoir la visite d'Alex fin avril qui m'a amené
le dernier gagdet indispensable fraîchement
sorti dans l'archipel.
C'était vraiment très sympa, j'avais vraiment l'impression d'être
de retour au Japon, d'autant qu'on s'est fait un karaoke dans le
quartier de l'opéra : retour au bon vieux temps ! Ca m'a rendu bien
nostalgique tout ça.
J'ai tenté ma chance pour repartir à Shirayuri à la rentrée 2009 en
tant que Teaching Assistant mais hélas je n'ai pas été retenue
cette fois-ci. Peut-être qu'ils préféraient donner leur chance à
quelqu'un d'autre, peut-être que mes compétences d'enseignante ne
les avaient pas convaincues (c'est bien possible), je ne sais
pas.
Quoi qu'il en soit ça m'a fait plaisir de revoir Nakai-sensei et
Christine-sensei.
Du coup je ne sais absolument pas ce que je vais faire à l'avenir.
C'est LA question en suspens qui me turlupine pas mal depuis déjà
quelques mois. J'avais songé dans un premier temps tout arrêter
pour me tourner vers une formation de photographe mais après
réflexion je crois que je vais abandonner cette piste, je
n'envisage pas ma vie sans japon(i)aiseries au centre.
A priori si je foire pas totalement mes examens de fin de semestre,
j'aurai ma licence avec mention. Mais qu'en faire ?
Peut-être un master mais en fait j'en ai ras le bol du tirlipotage
intellectuel, j'aimerais rentrer dans la vie active, d'autant que
j'ai vraiment pas envie de me prendre le chou sur une centaine de
pages sur un sujet qui m'intéressera pas plus que ça (vu que pour
l'instant j'en ai pas trouvé qui me donne envie de faire des
recherches poussées).
Entreprendre un mémoire dans cet état d'esprit c'est sans doute
foncer la tête dans le mur, et en même temps, ça augmenterait mes
chances de retourner au Japon... Aaah je suis tiraillée !
Sinon j'enverrai des candidatures spontanées dans toutes les
entreprises et institutions affiliées de près ou de loin au Japon
et advienne que pourra !!
Quitte à faire un master plus tard, quand j'aurai retrouvé l'oeil
du tigre. XD
Et puis je garde toujours l'option " working holiday" dans un petit
coin de tête.
Aaah sinon tout le monde s'en fiche mais Metronome est en " pause
indéterminée " et deux des cinq membre d'Uchû sentai NOIZ sont
partis, c'est bien triste tout ça... C'est la crise !!! NOIZ était
censé venir faire des concerts en France en 2009... 
Bien, sur ce, je vous laisse et vous dis à une prochaine fois
!
Et au passage je fais un petit coup de pub, je
voudrais vous conseiller un livre que j'ai trouvé excellent (qui
m'a lui-même été conseillé par ma tante) : De geishas en
mangas de Cyrille Vigneron, un homme qui a vécu près de dix
ans au Japon pour son travail. Ce livre ne prétend pas expliquer le
Japon, disont qu'il regroupe plutôt diverses chroniques sur des
aspects de la vie et du mode de pensée nippons.
Journée royale et aux revoirs posté le samedi 14 mars 2009 18:54
Je suis désolée de reprendre si tard ! Malgré tout, s'il y a
bien une chose que je déteste, c'est l'inachevé... Donc je reprends
le récit où je l'avais laissé, même si ça fait trèèèès
longtemps...
Allez, là rien qu'en ayant lu le titre, vous devez déjà vous doutez
quel est a été le programme du mercredi !
Versailles était l'endroit qu'Okaa-san voulait voir le plus, je
l'avais donc casé dans mon petit planning improvisé, honnêtement ça
m'intéressait beaucoup car je ne l'avais jamais visité (tout comme
je ne suis jamais montée sur la Tour Eiffel... noooon, ne me
lapidez pas !)
Voulant éviter les bains de foule autant que possible, nous
sommes partis aux alentours de 10h30, sommes arrivés peu après 11h
et comme nous avons pu acheter nos billets d'entrée sur des
machines par carte bleue, nous n'avons pas eu à faire trop la queue
comme le troupeau de malheureux touristes (c'est bon à savoir, non
?)
La visite du château Bling Bling a donc pu commencer (eh ouais,
nous aussi on a des onomatopées, non de non !)
Les filles ont eu l'air vraiment emballées par ce qu'elles
voyaient, c'est sûr que c'est dépaysant, et puis quand on pense au
travail immense que cela a dû être, tant sur le plan architectural
que sur la déco, c'est vrai que c'est très impressionnant.
Personnellement, j'adhère pas du tout à autant de luxe étalé et
j'ai toujours eu en horreur cette fameuse peinture dorée
caractéristique de l'époque baroque mais ça ne m'a pas empêché de
profiter de la visite.
Elles n'avaient pas l'air déçues et c'était le principal.
Ai était emerveillée quand nous sommes passées dans la galerie
abritant les peintures des victoires de Napoléon, son héros, et a
décrété que son prochain hamster s'appelerait Louis, ou bien
Marie-chan si c'était une fille... 
Evidemment, une fois encore la majorité des touristes était
constitué de nippons.
Nos deux visiteuses se
sont fait voler ont acheté des souvenirs et nous sommes
repartis sur la capitale en se mettant d'accord pour qu'elles
viennent dîner à la maison.
Je les ai donc retrouvées aux alentours de 19h à la gare et, sur la
demande pressante d'Ai, les ai tout d'abord conduites à ma fac
qu'elle tenait absolument à visiter.
Ca pourrait sembler curieux mais je comprenais bien son sentiment
car moi aussi, quand je vivais au Japon, j'aimais visiter des
choses un peu insolites, qui avaient davantage trait au quotidien
des Japonais que les " spots " touristiques en eux-mêmes.
Je leur ai fait grâce de la visite de l'entrepôt désaffecté qui
abrite nos salles de cours pour les emmener dans le beau bâtiment
de l'administration qui - déjà en février - arborait tout un tas de
tracts et d'affiches en faveur de la grève, qu'elle s'est amusée à
prendre en photo. Si j'avais deviné que la visite du fameux 4e
étage des Grands Moulins susciterait autant de bonheur chez elle,
c'est là que je l'aurais emmenée en premier lieu.
La moindre remarque prenait des allures de propos divins :
" C'est là que j'ai mon cour de littérature.
- Ooooh !
- Voilà la salle où j'ai passé l'entretien pour venir à
Shirayuri.
- Waaah !!
- Tiens, là ce sont nos résultats qui sont affichés.
- Géniaaal !
- Et puis là que je m'installe pour manger quand il fait trop froid
dehors.
- Trop bien !!
- Au fond, la bibliothèque du département d'études asiatiques, mais
il y en a une encore plus grande un peu plus loin.
- Merveilleux !!! "
Je lui aurais montré un simple distributeur de café qu'elle aurait
sans doute manifesté un enthousiasme extatique, elle, une
ressortissante du pays des distributeurs situés à dix pas les uns
des autres.
Sur ces entrefaites nous avons gagné l'appartement que j'occupe
avec M. Patate pour un dîner dans la joie et la bonne humeur autour
de sujet douteux comme les méduses géantes d'Echizen (charmant, hein ?) Je ne
sais plus comment on en est arrivés là... toujours est-il que ces
méduses posaient problème de par leur nombre trop important, quelle
solution nos amis nippons ont-ils trouvé pour pallier ça ? Ils les
mangent. En beaucoup de déclinaisons.
Ainsi, lors de votre prochain séjour au Japon, ne manquez pas de
goûter au fameux Ice Cream à la méduse ! (si quelqu'un ose, qu'il
me fasse part de ses impressions
)
J'avais préparé les fameuses ratatouille et mousse au chocolat
qu'Ai aime tant et comme elles étaient fatiguées, elles sont
reparties assez tôt pour leur hôtel. Comme c'était la dernière fois
qu'elles voyaient M. Patate, Ai lui a dit en lui faisant ses adieux
qu'il ne fallait pas hésiter s'il souhaitait des magazines coquins
nippons, elle lui en enverrait, tout comme elle en rapportait à
Yôsuke. ^^'
Le lendemain était notre dernier jour ensemble, et comme elles
avaient pu voir et faire tout ce qu'elles voulaient, il n'y avait
pas de plan précis.
" Bon, Ai, que veux-tu voir à Paris ?
- Toi !
- Oui, mais encore ?
- ...
- Les galeries Lafayette ? Le musée d'Orsay ? L'opéra ? (des
classiques qui cartonnent auprès des nippons) Les catacombes ?
(dans le genre insolite...)
- Non, non... "
Finalement, me souvenant des conseils de ma mère, nous sommes
allées flâner dans la galerie Vivienne, près de l'Opéra, entrant dans
les boutiques qui étaient ouvertes, zieutant à travers la vitre des
fermées. La pauvre Okaa-san s'est même fait draguer lourdement pas
une espèce de french lover à deux balles.
A midi, Ai a tenu à manger dans un restau nippon du quartier dans
lequel elle avait déjà mangé quand elle était venue avec son lycée
alors j'ai été dispensée de mon rôle de traductrice de menu.
Profitant d'une absence d'Okaa-san, elle m'a confié que celle-ci
lui reprochait de fréquenter trop de garçons et qu'elle en
souffrait mais qu'elle n'aimait pas beaucoup la compagnie des
filles parce qu'elles s'intéressent trop aux ragots.
Hélas au Japon, de nos jours encore, l'amitié homme-femme est loin
d'être une chose très courante et des rumeurs circulent très vite
sur le compte des filles qui s'entourent de beaucoup d'amis
masculins. Je suis la mieux placée pour la comprendre et plains
vraiment ma mini-nippone.
J'ai aussi été à moitié choquée d'apprendre qu'Onee-chan avait eu
recours à l'omiai, une rencontre arrangée entre deux personnes en
vue d'un mariage. Comme si elle allait se " périmer " passés trente
ans. J'espère simplement que ça relève davantage de son choix à
elle que de la pression sociale.
Comme elles avaient laissé leurs valises chez moi, nous sommes
retournées dans mon quartier et buvions un café en terrasse quand
Ai, qui fixait depuis un moment l'espèce de squat à proximité de la
fac m'a demandé ce qu'était ce bâtiment.
Je lui ai expliqué à l'aide du dictionnaire puis elle a conclu en
me demandant si c'était un problème de société. Beeen...
Elle m'a dit qu'il n'y en avait pas au Japon, ce qui m'a tout de
même étonnée. Peut-être que c'est simplement les autorités qui
agissent avant que les squatteurs s'éternisent.
Vers 13h30, nous avons pris le RER B pour l'aéroport Charuru do
gôru (ces katakana me tueront), le coeur déjà un peu
serré.
Aperçevant des caravanes à travers la vitre, Ai m'a demandé :
" Qu'est-ce c'est ? Une décharge ?
- Non, ai-je répondu un peu gênée, ce sont des Roms.
- Des Roms ? Comme Carmen ?
- Euh... pas tout à fait. Je suppose qu'il n'y en a pas au Japon
?
- Non. Ca aussi c'est un problème de société ?
- Beeen... ² "
L'arrivée à l'aéroport et donc le moment des adieux sont arrivés
bien trop vite à mon goût et manifestement aussi à celui d'Ai qui
s'est mis à pleurer et m'a contaminée. Nous avons échangé nos
paquets de mouchoirs en guise de derniers souvenirs. Des mouchoirs
de pub pour la JR et des Monoprix. Heureusement, elles ont pu
embarquer très vite, rendant ainsi la séparation moins pénible. Ce
n'est qu'un au revoir, jusqu'à la prochaine fois...
Ces quatre jours ont filé très vite. J'ai été gênée de les voir
affaire à des commerçants dont le sens du service approche le zéro
et qui daignent vous servir comme s'ils vous faisaient une fleur,
j'ai eu honte de tous les tags qu'elles ont vu, de les faire monter
dans un train qui empeste et qui est à peine nettoyé. Ai savait ce
qu'il l'attendait et a, a priori, été très contente de son voyage.
En revanche, je crois qu'Okaa-san a été très chamboulée par le choc
culturel, bien qu'elle ne l'ait pas dit. Il faut dire que le
contraste entre la réalité et la France fantasmée par les Japonais
est brutal.
Je pense qu'elle n'a pas passé un mauvais séjour pour autant,
malgré tout, elle avait l'air assez contente de rentrer chez
elle.
En tout cas, tout cela n'empêchera pas de Ai de revenir ! Et qui
sait ? Peut-être la prochaine fois voyagerons-nous toutes les deux
en Bretagne !
Une famille française posté le samedi 28 février 2009 14:07
Eh oui, parce que j'en ai une, de famille. Et une bien ! Et
aussi un grand dadais qui me supporte, euh, qui
partage ma vie depuis maintenant bientôt sept mois.
Bref je suis bien entourée et j'avais été tellement choyée par Ai
et sa famille quand j'étais au Japon qu'il était bien normal que je
leur rende la pareille. De plus, elles avaient expréssement
formuler le souhait de voir ma maison, et surtout, de rencontrer ma
famille.
Ce souhait était d'ailleurs bien réciproque et c'est pour cette
raison que lundi matin nous avons pris le RER C dans l'allégresse
la plus totale en direction de mon BPIC (Bled Paumé Introuvable sur
une Carte). Si elles voulaient voir la campagne, elles allaient
être servies !
Normalement on y va par le RER D mais j'ai voulu les épargner et
leur éviter un choc trop brutal dès le deuxième jour (les usagers
me comprendront, j'imagine...
)
Hélas le beau temps ne daignait pas toujours pas nous faire don de
sa présence, c'est un peu dommage quand on s'est cogné plus de 10
000 kilomètres de trajet... Bah, après tout, c'est ça aussi, la
vraie France.
Au moins on avait la chance qu'il ne fasse
pas trop froid !
Mon homme (appelons-le M. Jagaimo (Patate) pour préserver son
anonymat - c'est Miho qui trouve qu'il y a une certaine
ressemblance...
) nous a rejoint dans le train directement
après le travail vers 10h40.
La communication était bien sûr assez limitée mais deux-trois mots
parvenaient quand même à filtrer au niveau de chaque " camp "
(notamment " kawaii ", quand je vous dis que ça va passer dans la
langue courante !! Ah et Ai a dit que M. Patate était trop un beau
gosse de ouf de la mort, quand même !
Y'en a une qui va être encore plus fière de
son fils).
M. Patate a reçu des gommes-sushi et énumérer le genre de chaque
sushi nous a occupé une bonne partie du trajet jusqu'à destination
où ma Môman est venue nous chercher dans sa belle voiture pleine de
poils de chien (hygiène des Français : -1 XD)
Après des courbettes d'un côté et des " enchantée " de l'autre,
tout ce petit monde est monté en voiture et comme il nous restait
encore un peu de temps avant l'heure fixée par mon père, ces dames
nous ont demandé si on pouvait aller dans un supermaché car c'était
quelque chose qu'elles tenaient absolument à faire en venant en
France, au même titre que voir la Tour Eiffel (et je les comprends,
j'avais moi aussi plein de désirs bizarres au Japon
).
Nous avons donc fait un saut à l'Intermarché du coin où Ai est
restée un moment pensive devant les revues pendant que sa mère
quadrillait le magasin. Je me suis approchée : " Je peux t'aider
?
- Huuum... Je cherche un magazine coquin français pour
Yôsuke.
- Ah, je vois ! Mais coquin gentil ou coquin trash ?
- Non, plutôt gentil, je ne voudrais pas le choquer tout de même
!
- On va demander conseil au mieux placé pour nous renseigner !
"
Sur les conseils de M. Patate nous avons donc opté pour FHM (suis
terriblement déçue à l'idée que je ne verrai hélas pas la tête
embarrassée de Yôsuke au moment où il découvrira le truc...) et Ai
a continué sa patrouille dans le magasin achetant au final un set
de tasses, son magazine et des Playmobils pour les garçons tandis
qu'Okaa-san se faisait un stock monstrueux de thés en tout
genres.
Sur ces entrefaites nous sommes remontés en voiture pour nous
rendre chez mon père qui nous avait gentiment tous invités pour le
déjeuner.
Je savais d'avance que la maison leur plairait beaucoup. C'est la
maison française typique telle que se l'imaginent les Japonais.
Enfin connaissant les Japonais, je m'imagine que c'est la maison
française typique qu'ils s'imaginent (pour être exacte). Du style
fin XIXe-début XXe.
Pis avec la place qui réunit l'église, le bistrot, la presse et la
boulangerie un peu plus loin, le cliché vivant du village français
était à son paroxysme, tout comme leur émerveillement (en fait
c'est pas sorcier, toutes les autres villes possèdent la même
chose, seulement là c'est condensé au même endroit vu qu'il n'y a
rien d'autre XD).
Ai filmant, nous sommes entrés par le petit portail qui en été nous
happe dans ses grappes de glycine odorantes (bon là c'est
l'hiver... c'est moins poétique et coloré :/)
Salutations. Cris d'admiration sur la beau-gossitude du petit frère
qui s'en trouve tout gêné.
Nous nous installons pour prendre l'apéro en y allant carrément au
champagne (Okaa-san n'accepte qu'une petite goutte, elle ne doit
pas beaucoup aimer l'alcool).
Ma mère les remercie pour tout ce qu'elles ont fait pour moi quand
j'étais là-bas, de m'avoir tant aidée, on pose des questions en
français à Ai, je lui file un petit coup de pouce car ça fait bien
longtemps qu'elle n'a plus pratiqué le français, tout en traduisant
autant que possible pour Okaa-san à qui on pose aussi quelques
questions à travers moâ.
Hélas quand à un moment, mon père traite mon frère " d'agité du
bocal " cela ne tombe pas dans l'oreille d'une sourde et je me vois
bien embêtée pour traduire ça à Ai qui veut absolument savoir
(Yôsuke ou Senpai feront sans doute les frais de cette expression
fraîchement acquise). En même temps, je ne peux pas m'empêcher
d'adorer la langue française pour la diversité et l'originalité de
ses insultes (on s'ennuie beaucoup plus en japonais de ce côté-là,
croyez-moi !)
Je m'inquiète un peu pour Okaa-san qui se retrouve toute seule au
milieu de gens dont elle comprend pas la langue dès son deuxième
jour à l'étranger mais elle m'assure que tout va très bien et
qu'elle trouve ma famille très sympathique.
Au moment de passer à table, mon cordon bleu de père apporte
fièrement une blanquette de veau qu'il a cuisinée avec amour et
s'excuse de la servir avec du riz mais bon, c'est la tradition
!
La conversation se poursuit avec autant d'animation que lors de
l'apéritif, mes parents sont intarissables niveau questions, même
si mon père s'obstine à les formuler dans un anglais un peu douteux
bien que je lui aie répété qu'elles ne le parlaient pas.

Ai est très enthousiaste, photographie ce qu'elle a dans son
assiette en mangeant avec appétit (c'est la seule fille que je
connaisse qui puisse rivaliser avec moi à ce niveau-là, qui
croirait qu'on puisse en mettre autant dans un si petit corps...)
et comme d'habitude elle conquiert tout le monde, même mon frère
qui est pourtant un grand blasé.
Vers 15h30, nous avons quitté mon père en le remerciant pour aller
prendre le thé chez ma grand-mère maternelle qui s'était en plus
occupé du fauve en notre absence : mon chien, Jack le
Terrible.
Après quelques minutes passés avec lui, mes proches ont dû
comprendre d'eux-mêmes le sens du mot " kawaii ". Comme d'habitude
il était toujours aussi envahissant et pas très obéissant (ahem...)
mais heureusement ni Ai ni Okaa-san n'avait l'air de s'en
formaliser.
En chahutant, son oreille a fini par se retourner et Ai m'a
demandé, surprise : " Qu'est-ce que c'est, cette tâche ?
- Tu veux dire le tatouage ?
- Un tatouage... ?
- Ben oui, au cas où il se perdrait ! Vous ne fonctionnez plus
qu'aux puces, au Japon ?
- Mais non, rien de tout ça.
- Alors, si un chien se perd et qu'on ne vient pas rapidement le
réclamer à la fourrière...
- Couic ! "
J'ai été étonnée. On parle tout de même du pays à la technologie
aussi farfelue que poussée là. On fabrique des Puchi Puchi et les
chiens ne sont même pas tatoués !
Finalement ce n'est pas si surprenant que ça : j'ai toujours eu un
peu l'impression que pour beaucoup de Japonais, les animaux
faisaient plutôt figure d'accessoire de mode que de fidèle
compagnons (sauf pour les chiures sur pattes du style chihuahua :
ça, ce sont leurs enfants par procuration).
Ensuite, étant donné que ma mère nous avait gentiment proposé de
nous inviter dans un bon restaurant de cuisine française à Paris,
nous sommes rentrés à la capitale en voiture (c'est plus sympa)
avec M. Patate, Okaa-san et Ai.
Ma mère discutait avec son gendre à l'avant, Okaa-san s'était
assoupie, Ai et moi avons donc eu tout notre temps pour pouvoir
papoter à voix basse durant une bonne partie du trajet, pensant à
Yôsuke qui au même moment était en train de s'envoler pour
l'Italie, destination de son voyage de fin d'études.
Un ami de ma mère qui allait venir dîner avec nous et qui est
pompier de Paris nous a gentiment montré les différents véhicules
(du tourisme original ^^), généreux sur les explications, comme ça
nos Nippones sont maintenant calées sur le sujet.
La cuisine au restaurant était vraiment très bonne. Okaa-san ne
disait pas grand-chose, je crois qu'elle commençait à être vraiment
très fatiguée mais Ai était increvable comme à son habitude et pour
une) fois, on a parlé de choses très sérieuses, du style la peine
de mort, les problèmes de religion (si seulement on avait le quart
de la moitié de la tolérance/indifférence des Nippons sur ce
dernier sujet... je vous renvoie d'ailleurs sur le blog d'Alex !)
Quant à la peine de mort, elle en vigueur au Japon, par
pendaison.
Encore par un grand coup de chance, il se trouve que l'hôtel
n'était qu'à cinq minutes à pied à peine du restaurant. Malgré la
fatigue la séparation est arrivée bien vite et c'est sur moults
remerciements, invitations à revenir en France ou à aller au Japon
et témoignages de sympathie mutuelle que mes deux familles se sont
quittées ce soir-là. ^^
Mine de rien je n'étais pas mécontente de rentrer de mon côté,
c'était la première fois que je faisais l'interprète aussi
longtemps, ça finit par être éprouvant. 
Mais je suis vraiment contente d'avoir pu présenter Ai et Okaa-san
à ma famille et réciproquement, je pense que tout le monde a
vraiment passé une bonne journée malgré forcément un petit problème
de langue palié tant bien que mal par mes interventions.
Bon, mon prochain challenge, le défi ultime, ce sera de réussir à
mettre ma mère dans un avion pour le Japon ! (je me fais moins de
souci au sujet de mon père et mon frère
)
Des visiteurs... venus d'ailleurs OOOOH posté le vendredi 27 février 2009 11:42
Waaah c'est que ça me fait tout drôle de reprendre le flambeau
après tout ces mois d'absence (je commence déjà à m'égarer
ahem...)
Il s'agit en fait de visiteuses (mais ça aurait cassé la rime et la
référence à un de mes films fétiches...). A votre avis, qui est
venu me rendre une petite visite à Paris ces derniers jours ?
Je vous le donne en mille : cette chère Ai et sa mère !
Ce séjour s'annonçait intense : en effet ces dames n'étaient là que
pour quatre jours, du 21 au 25 et voulaient bien naturellement voir
et faire plein de choses.
J'ai cru comprendre que si elles restaient si peu de temps, c'est
parce que Okaa-san n'avait pas pu prendre plus de jours de vacances
mais heureusement, comme Ai a pu avoir des offres intéressantes par
son futur emploi chez ANA, ça ne leur a pas coûté les yeux de la
tête.
Je voulais bien entendu aller les chercher dès leur arrivée à
l'aéroport le soir du 25 mais Ai a reffréné mes ardeurs en
m'avouant qu'un bus Air France allait les conduire jusqu'à leur
hôtel qui, par un très heureux hasard, ne se trouvait qu'à une
station de métro de chez moi !
Elle m'a donc demandé si on ne pouvait pas plutôt se retrouver dès
le lendemain matin à son hôtel et c'est donc le 26 que j'ai
accouru jusqu'à leur hôtel situé Cour Saint Emilion.
Enfin " accouru " c'est un bien grand mot : dans ma poisse
habituelle qui ne se manifeste qu'en ce genre d'occasion, je me
suis fait alpaguée par un suicidaire qui voulait que je le
console pour l'empêcher de faire une bêtise et quand mon humanité a
enfin atteint ses limites, c'est mon sens de l'orientation qui a
pris le relai et j'ai tourné en rond dans le quartier dix bonnes
minutes avant d'arriver à trouver l'hôtel qui n'était qu'à
cinquante mètres de la gare à tout casser... (boulet un jour,
boulet toujouuurs !)
Je ne pouvais pas m'empêcher d'être un peu anxieuse à l'idée des
retrouvailles : Ai avait-elle changé ? Son look s'était-il
rapproché de la tenue correcte exigée au travail ? Est-ce qu'on
arriverait encore à parler de tout et de rien aussi naturellement
qu'avant ? Et puis d'abord, est-ce que je pourrais encore aligner
correctement trois mots de nippon ?
Je n'ai pas eu le temps de tergiverser plus longtemps car j'ai fini
par trouver l'hôtel avec vingt bonnes minutes de retard et mes
interrogations futiles se sont tout de suite envolées quand j'ai vu
une petite excentrique pleine de froufrous courir dans mes bras les
larmes aux yeux.
Ca pour ne pas avoir changé, elle n'avait pas changé d'un pouce.
Toujours aussi petite, aussi énergique, aussi souriante et toujours
habillée avec des vêtements impossibles qui ne vont qu'à elle,
toujours aussi Ai.
Okaa-san non plus n'avait pas l'air d'avoir changé. Toujours aussi
discrète mais incroyablement gentille. J'imagine qu'elle devait
tout de même être toute chamboulée car c'est la première fois
qu'elle venait à l'étranger !
Passée l'émotion des retrouvailles, Ai m'a regardé dans les yeux
avec son air malicieux : " on t'a ramené tout plein de trucs, mais
il y a quelque chose que je veux absolument te donner maintenant,
tiens ! " m'a-t-elle dit en me tendant un petit sac Its'demo. Non,
ne serait-ce pas... ?
Siiii, il s'agissait bien du digne successeur du Mugen
PuchiPuchi et du
Mugen Edamame, le Mugen
PeriPeri ! J'en rêvais presque depuis que je l'avais vu sur le
blog d'Alex.
Après avoir fait joujou avec mon nouveau gadget débile et en avoir
fait profité Ai et sa mère, nous nous sommes mises en route pour
Notre-Dame.
Avant de venir, elles m'avaient dressé une petite liste des choses
qu'elles voulaient faire et m'avaient laissé gérer le planning. Je
me suis donc improvisé guide touristique en privilégiant plutôt les
désirs d'Okaa-san étant donné qu'Ai était déjà venue en France deux
fois par le passé et que ce qui l'intéressait le plus, c'était me
voir (selon ses propres mots).
Je m'étais dit que Notre-Dame un dimanche matin, ça pourrait être
sympa, et qu'il n'y aurait peut-être pas encore trop de monde à
cette heure-ci. Eh bien j'ai eu du nez (que j'ai très grand
d'ailleurs : p) car une messe était en cours et nos Nippones
étaient tout émerveillées par la lecture de passages de la Bible,
les chants religieux et le son des grandes orgues.
J'avoue que moi aussi car en vile hérétique que je suis je ne mets
les pieds dans une église que pour la beauté du lieu et non pas
parce que c'est " la maison du Christ " et la seule messe à
laquelle j'ai dû assister de toute ma vie c'était à Shirayuri il y
un an. XD
Prenant mon rôle de guide très au sérieux, j'ai tenté
approximativement de leur faire un petit topo sur le sujet : époque
de la construction, sens des cierges, ce qu'est cette petite cabine
appelée confessionnal, sans oublier de parler du célèbre roman de
Victor Hugo.
Ai était globalement bien renseignée sur la question (université
catholique oblige !) mais Okaa-san écoutait mes explications
laborieuses avec grand intérêt.
Mine de rien, regarder la messe et faire le tour de la cathédrale
nous a pris beaucoup moins de temps que je ne l'avais prévu, aussi
je me retrouvée un peu prise au dépourvu en sortant de Notre-Dame.
J'avais pensé les emmener du côté des Champs-Elysées dans
l'après-midi mais on en était encore loin...
" Dites, vous n'auriez pas un guide touristique sur vous ? Que je
voie s'il y a quelque chose de sympa à faire dans les parages,
ai-je demandé.
- Ah non, on est venues sans. No plan, c'est plus rigolo !
m'a répondu Ai.
- Il a fallu que je tombe sur les seules Nippones à voyager sans
guide, aargh... Bon eh bien faisons donc un petit tour du quartier
latin. "
Elles se sont arrêtées pour faire quelques achats dans une des
boutiques de souvenirs qui longent la Seine, le vendeur a tout de
suite compris d'où elles venaient à force d'entendre des " kawaii "
à tout bout de champ. Je crois que ce mot va finir par faire partie
des quelques expressions connues des français au même titre que
Konnichiwa et Arigatô.
Je leur ai ensuite expliqué que le quartier latin était un peu
le Shibuya parisien (pas sur la forme en tout cas) parce que
c'était le quartier des d'jeunes, ou plutôt que c'était proche du
quartier de Waseda parce qu'il y a plein d'étudiants.
Comme nos pérégrinations nous ont conduit à côté de la station RER
C de Saint Michel, je me suis dit qu'aller à la tour Eiffel
maintenant serait peut-être une bonne idée, qui sait le temps qu'on
aurait dans les jours à venir ! De plus je pensais naïvement qu'il
y aurait peut-être moins de monde le matin, monumentale erreur
!
Quand nous sommes sortis arrivées au pied de la dame de fer, j'ai
pris mon courage à deux mains pour lancer un : " allons-y ! " qui
se voulait optimiste mais Ai m'a arrêtée : " ah non, c'est bon, on
voulait juste la voir, pas vrai, Maman ?
- Oui oui, ce n'est pas la peine de monter, la voir ça
suffit.
Nooon, et ma préparation mentale de ces dernières semaines alors ?!
Je m'étais préparée à affronter les balancements de la tour au gré
du vent, le vertige, le vide à portée de main !!
Je crois que finalement jamais je ne monterai sur cette
tour...
- Mais vous êtes sûres ? Ce n'est pas comme si vous veniez à Paris
tous les quatre matins, et en plus la vue doit vraiment être
superbe, même s'il ne fait pas très beau..."
Oui, elles étaient vraiment sûres. Après nous être baladées dans
les environs, nous sommes tombées sur une petite crêperie aux prix
raisonnables pour le quartier et une fois le ventre rempli, nous
avons pris le métro 1 jusqu'à Concorde.
De là nous avons marché tout le long de l'avenue des
Champs-Elysées.
Le chemin étant long, nous avons eu largement le temps de discuter
pendant que nous nous baladions. A un moment, Ai a braqué son
camescope sur moi et m'a demandé :
" Dis Camille, tu peux chanter la Marseillaise ?
- Hein ? Là, en pleine rue devant tout le monde ? Non, j'ai trop
honte !
- Allez !!! Juste un peu, c'est comme au karaoke !
- De toute façon je ne connais que le premier couplet, et puis je
déteste cette chanson.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est un véritable chant de guerre, c'est agressif au
possible et limite raciste. Franchement ça ne nous rend pas
sympathiques. Enfin vous aussi vous avez des problèmes avec le Kimi
ga yo, non ? Parce que ça renvoie à la militarisation
expansionniste d'avant-guerre.
- Hum, c'est pas faux...
Nous nous sommes arrêtées au Virgin car Okaa-san voulait acheter
des livres pour enfants qu'elle souhaite montrer à ses élèves de
maternelle. Pendant qu'elles feuilletaient de petits livres
d'images, je leur montrai ce que je lisais moi-même quand j'étais
petite : Babar, Martine, Mimi la souris, Caroline... je ne pensais
pas que ces livres-là étaient toujours d'actualité. Après un
moment, Ai m'a pris à part car elle souhaitait acheter un livre de
droit pour Senpai, même si elle savait très bien qu'il ne
comprendrait pas (à la réflexion, moi non plus d'ailleurs...) et
notre choix a fini par se porter sur des annales d'examen de droit
constitutionnel...
Okaa-san a quand même tenu à poser pour une photo devant la
boutique Louis Vuitton mais heureusement elles n'ont pas voulu
rentrer dedans et nous avons poursuivi notre route jusque sous
l'Arc de Triomphe (qui porte son propre nom en japonais, sachez-le
! Alors que le Louvre, les Champs-Elysées et encore d'autres
endroits conservent leur nom prononcé à la japonaise, l'Arc de
Triomphe se dit, lui, Gaisenmon)
Là encore j'ai tenté de partager mes maigres connaissances : "
alors là euh vous voyez, les noms inscrits partout, ce sont des
noms de soldats morts pour la France, mais pas seulement pendant la
Seconde Guerre Mondiale, et cette tombe là, c'est la dépouille, (et
non pas les débris, n'est-ce pas Lorraine XD), d'un soldat inconnu
qui fait figure de symbole. La flamme ne s'éteint jamais ! Et si on
contemple la place du haut de l'Arc de Triomphe, on peut voir que
les avenues forment une sorte d'étoile, d'où le nom ". Ai
connaissait ce dernier détail.
J'avais déjà eu l'occasion de le remarquer dans la matinée mais les
Japonais étaient énormément nombreux, la plupart devait sans doute
profiter de leur voyage de fin d'études avant d'entrer dans le
monde du travail début avril.
Je n'en avais jamais vu autant en me baladant dans Paris. Quand
j'ai fait part de ma remarque à Ai, elle m'a avoué : " raaah, je
n'aime pas ça. J'aimerais qu'on soit les seules Japonaises à Paris
! C'est impossible et puéril mais bon..." Sur ce je lui ai avoué
avoir ressenti parfois la même chose quand j'étais au Japon et que
si ça pouvait la consoler, tout ces Nippons n'auraient sans doute
pas l'occasion de venir chez une famille française.
Comme la journée était loin d'être finie et qu'elles ne
paraissaient étonnamment pas fatiguées, nous nous sommes dit que
nous allions poursuivre sur le Louvre.
Honnêtement je crois n'y avoir jamais passé si peu de temps ! Une
fois qu'Okaa-san a vu la Joconde et la Vénus de Milo, plus rien ne
l'intéressait en particulier.
En voyant Okaa-san batailler avec les autres touristes pour se
rapprocher de la Joconde, j'ai constaté qu'Ai ne bougeait
pas.
" Tu ne veux pas la voir, toi ?
- Non, en fait je m'en fiche un peu, je préfère aller voir le sacre
de Napoléon.
- Hein ? Ne pas aller voir la Joconde, tu es sûre que tu es
vraiment Japonaise ?
- Arrête de te moquer ! Mais et toi, tu n'y vas pas ?
- Non, je déteste ce tableau, quand je vois son petit air narquois
ça me donne envie de lui coller des baffes... "
Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit mais Ai adore Napoléon et
Jeanne d'Arc. La raison reste un mystère mais toujours est-il
qu'elle est beaucoup plus calée que moi sur l'histoire de ces
personnages et son dernier hamster en date a été baptisé
Napo-chan.
Après avoir donc vu le Sacre de Napoléon, nous sommes rentrées en
direction de l'hôtel, c'est que mine de rien nous avions pas mal
marché, et à ma grande honte j'étais aussi fatiguée qu'elles.
Quand je pense qu'Ai a marché toute la journée avec ses bottes à
talons, je finis par me demander si les pieds des Japonaises ne
sont pas naturellement conçus pour s'adapter parfaitement aux
talons aiguilles en toutes situations...
Une fois arrivée jusqu'à leur hôtel du Cour Saint Emilion, Ai m'a
demandé de l'attendre dans le hall pendant qu'elle allait me
chercher tout ce qu'elles m'avaient rapporté.
Je n'en ai pas cru mes yeux quand j'ai vu le sac énorme qu'elle
descendait avec elle.
Pour dire à quel point il était fourni, elle n'a pas pu me faire
l'inventaire complet avant que je ne rentre, mais la plus grande
partie était constituée de nourriture : curry, nouilles
instantanées, Petit Bit (voilà pourquoi elle avait presque crié en
français en plein milieu d'un café " j'ai apporté plein de bit pour
toi ! " ^^'), Pocky, yakisoba, dango et j'en passe.
" Voilà, en rentrant chez toi, tu vas avoir l'air d'une vraie
japonaise ! " m'a-t-elle dit toute fière.
Et effectivement, j'avais comme l'impression de revenir du Marusho
avec mes sacs plastiques en rentrant chez moi.
Comme Ai pétait encore la forme et qu'elle ne voulait pas être
séparée de moi trop longtemps (et réciproquement d'ailleurs), on a
convenu qu'on irait au ciné Cour Saint Emilion avec ma superbe
carte illimitée pour 2 ! Okaa-san a préféré décliné car
contrairement à sa fille, sa résistance à la fatigue avait des
limites.
On s'est donc retrouvées devant la gare à 8h et comme elle n'avait
aucune idée de ce qu'elle voulait voir (ce sont surtout les
blockbusters ricains qui s'exportent au Japon, et avec pas de mal
de retard), nous avons finalement opté pour LoL : c'était français,
sans doute pas trop dur à comprendre et peut-être intéressant d'un
point de vue sociologique. ^^'
En ressortant de la salle j'ai eu l'impression d'avoir pris un coup
de vieux (et je me suis une fois de plus félicitée intérieurement
d'avoir quitté le lycée plus tôt que prévu - sont cons ces ados XD)
mais apparemment ça a plu à Ai et c'est le principal.
Sur le court chemin du retour, profitant de l'absence d'Okaa-san,
on en a profité pour parler de nos " trucs de filles ", restant
même un moment sur un banc devant l'hôtel pour
discuter.
Elle m'a confié qu'elle avait l'impression que l'ambiance quand
elle est avec Yôsuke avait changé récemment. Je me suis retenue de
hurler AH JE LE SAVAIS, J'EN ETAIS SURE, TU EN AS MIS DU TEMPS
POUR OUVRIR LES YEUX !!! et me suis contentée d'un innocent " ah
bon ? " en prenant l'air étonné (moi, hypocrite ?), l'enjoignant à
approfondir les explications.
En tout cas cette conversation a achevé de dissiper mes derniers
doutes : rien n'avait effectivement changé entre nous, on se
confiait toujours l'une à l'autre avec autant de sincérité et
j'avais l'impression qu'on ne s'était quittées que la veille.
Je l'ai laissé à son hôtel et ai rejoint mon petit chez moi car une
journée bien remplie nous attendait encore le lendemain.
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