Accueil Date de création : 05/08/07 / Dernière mise à jour : 22/07/08 17:48 / 157 articles publiés
 

太陽の下 (taiyô no shita)  posté le jeudi 24 juillet 2008 16:02

Blog de ryuugakusei : Une année au Japon, 太陽の下 (taiyô no shita)

Taiyô no shita, ça veut dire " sous le soleil ". Expression parfaite pour résumer ce dimanche.
C'est aussi une chanson de Remioromen. De la bonne soupe qui vous casse bien les oreilles. Manque de bol, je l'ai eue dans la tête toute la journée. {#}
Mais qu'importe, rien n'aurait pu me gâcher cette journée magnifique de repos absolu.

Après une petite grasse matinée nous nous sommes mises en route pour le château d'Hiroshima qui se trouvait à proximité de l'hôtel.
A dix heures il faisait déjà une chaleur étouffante et les cigales nous faisaient profiter de leur " kss kss kss " répétitif (vous avez vu comme je fais bien la cigale ? {#})
Malgré tout, notre radinerie l'emportant sur notre résistance à la chaleur, nous avons décidé de faire le tour de la ville à pied en faisant bien attention à boire beaucoup et à nous protéger du soleil (nos mères n'ont pas élevé des imbéciles ! XD)
Le château d'Hiroshima se dresse dans un parc entouré de douves, un peu comme le palais impérial à Tôkyô sauf qu'on peut le visiter, lui !
Hélas, comme bon nombre de châteaux, celui qui se trouvait devant nous n'était pas l'original (inutile de préciser pourquoi cette fois...) mais sa visite s'est révélée intéressante : l'intérieur a été reconverti en musée regroupant divers objets, armes et armures et donne des informations sur l'histoire du château à travers les âges.
D'habitude je ne raffole pas de ce genre de visite mais j'aurais fait n'importe quoi pour ne pas précipiter mon retour dans la fournaise et j'ai donc observé consciencieusement les divers objets, étage par étage avant d'aller contempler les alentours tout en haut du château.
Hélas il a fallu retourner dehors et c'est donc en avançant sous le moindre coin d'ombre, en croisant des armées de lycéens indisciplinés en voyage scolaire, en faisant quelques pauses et en dilapidant ma monnaie dans des distributeurs de boisson que nous sommes arrivées près d'un stade d'où nous parvenaient des cris annonçant un match de baseball (le sport le plus populaire chez nos amis nippons !)

D'habitude quand je pars en voyage je me ruine en transport, ce coup-ci c'était en boisson et je me suis mis en tête de tester le plus de trucs possibles histoire de rendre l'aventure intéressante : boisson énergétique, thé, jus, eau, soda... tout y est passé avec parfois quelques échecs et parfois d'agréables surprises.

Notre balade nous a menées jusqu'au Genbaku Dome, les célèbres ruines du Palais d'exposition industrielle, témoignage du bombardement nucléaire.
Il est maintenu en l'état comme témoin des ravages atomiques et symbole de paix destiné à empêcher que ce genre de drame se reprdoduise.
Je m'imaginais quelque chose de beaucoup plus grand, sombre et glauque mais ce dôme est situé au bord du canal et il est entouré de verdure, bref dans un environnement très agréable. D'ailleurs, j'ai été très agréablement surprise par l'ambiance qui règne à Hiroshima de façon générale : loin d'être une ville martyre prisonnière du passé, c'est une ville très animée, vivante, qui en plus regorge de verdure, il y a des arbres et des petits parcs partout !
Rien ne laisse supposer le drame qui a eu lieu en 1945 si ce n'est ce fameux dôme, on a vraiment du mal à croire que la ville a été entièrement rasée à l'époque.
De toute façon quand on voit quelle ville florissante c'est maintenant, on peut difficilement s'imaginer un tel drame.
Plus je me baladais à Hiroshima et plus j'observais ce que je voyais, plus j'avais l'impression que c'était une ville qui allait de l'avant qui ne cherchait pas à se positionner en victime.
Du Dome nous sommes allées jusqu'au Memorial de la paix au milieu duquel trône une sculpture érigée à la mémoire de Sadako Sasaki, une petite fille qui avait deux ans lors de l'explosion et qui est morte dix ans plus tard des suites d'une leucémie dûe aux radiations.
Une légende raconte que celui qui plie mille grues en origami verra son voeu exaucé.
Sadako s'était attelée à cette tâche mais elle est morte avant d'avoir confectionné sept cents grues. Cette histoire devint célèbre et on ériga cette statue en la mémoire de tous les enfants qui subirent le même sort.
La statue est entourée de petites cabines abritant des milliers de grues confectionnées par des personnes du monde entier qui les envoient à Hiroshima chaque année.
Nous sommes restées un certain moment sur place mais je n'ai pas été mécontente de repartir car il faut bien avouer que je commençais à ressentir un certain malaise. {#}


Après s'être restaurées au Saizeriya (on voyage dans des conditions de plus en plus luxueuses au fil du temps : à Kyôto on se nourrissait au konbini, là on est passées au family restaurant {#}) abrité dans une grande allée commerçante, on a décidé de prendre un peu le tramway pour se rapprocher de ce que l'on croyait être un parc mais nous nous sommes fait arnaquer par la carte qui indiquait fourbement un grand coin de verdure.
C'est après avoir gravi une colline, haletantes, que nous nous sommes finalement rendues compte qu'il ne s'agissait que d'une route qui serpentait dans une sorte de forêt. {#}
Nous avons fait une petite pause sur un parking et avons un peu ruminé tout ce gaspillage de temps et de sueur en observant des pigeons crétins qui se dandinaient bêtement devant nous.
Durant notre balade à travers la ville il y a trois types de personnes qui sont fréquemment revenues :
- les dormeurs : que ce soit sur un banc où à même l'herbe, ils étaient en train de faire une petite sieste visiblement pas inquiets à l'idée de se faire piquer leur sac.
- les sportifs : sûrement un peu tarés pour faire du jogging par 35° à l'ombre.
- les ennemies du bronzage : eh oui, au Japon les filles détestent bronzer, sachez-le ! {#}
Le bronzage c'est un truc de paysanne, de va-nus-pieds, alors qu'une peau blanche c'est la pureté absolue (je suis heureuse dans ce pays... XD).
Elles portent donc des gants voir des manches amovibles pendant qu'elles sont dehors, quitte à avoir encore plus chaud, juste pour éviter que leur peau ne prenne quelques couleurs !

Nos pérégrinations nous ont finalement ramenées jusqu'au bord de la rivière où nous avons décidé de faire une petite pause pour " réviser ". Ces " révisions " se sont rapidement transformées en observation des centaines de crabes qui grouillaient et en glandage absolu, les yeux perdus dans le bleu du ciel dont la lumière commençait à décliner, les pieds à l'air se balançant au dessus de Crab Land.
Si je ne devais retenir qu'un seul mot pour résumer ces trois jours ce serait bel et bien " vacances " et non pas " voyage ". Qu'est-ce que ça fait du bien de ne rien faire ! Du coup désolée ce n'est pas très intéressant à lire pour vous mais moi en tout cas j'en ai bien proifté. {#}

Chassées de notre petit coin tranquille par une armée de moustiques affamés, j'étais en train de me demander quelle serait ma prochaine boisson en longeant l'avenue de la Paix quand je suis tombée sur une nouvelle variété de Fanta ! {#}
Le Fanta Lemon, zéro calorie ! Sûrement une exclu d'Hiroshima !
Je me suis empressée de goûter ma nouvelle découverte qui s'est avérée aussi chimique que les autres Fanta à défaut d'être aussi calorique.
C'est sur ces réflexions profondes que nous avons atteint le " Night Spot " d'Hiroshima (traduction : le quartier de la débauche) qui nous a fait penser au Kabukichô de Shinjuku : mêmes rois lionnes, mêmes p*uffes, mêmes pachinko et izakaya douteuses.
Nous sommes rentrées tranquillement à notre hôtel en marchant et contemplant satisfaites notre carte : malgré nos nombreuses pauses, nous avions fait tout le tour de la ville dans la journée !

Photo : le Genbaku Dome

lien permanent

Itsukushima, mon paradis  posté le mercredi 23 juillet 2008 17:10

Blog de ryuugakusei : Une année au Japon, Itsukushima, mon paradis

Ce weekend nous sommes reparties vadrouiller avec Lorraine, direction le sud du Japon, plus précisément à Hiroshima.
Nous étions censées aller effectuer de la propagande pour Shirayuri dans un lycée pour filles mais hélas nous avions déjà fait nos réservations, que c'est bête... XD
Nous sommes arrivées peu après midi et dès que nous sommes descendues du Shinkansen, nous avons eu l'impression de nous trouver sous un chauffage soufflant à pleine puissance.
Il ne s'agissait que de la chaleur ambiante qui tournait autour des 35° (c'est à ce moment-là qu'on s'est demandées pourquoi on n'avait pas choisi Hokkaidô comme destination... {#})
Prenant notre courage à deux mains et après nous être badigeonnées de crème solaire, nous avons été déposer nos bagages à l'hôtel et sommes directement reparties en direction de Miyajima en marchant sous un parapluie pour éviter que notre cerveau ne fonde.

Miyajima est une île déclarée " sacrée " par la religion shintô, située à environ dix minutes de bateau de l'île principale et elle est très connue pour son célèbre torii flottant qui fait partie des trois grandes vues du Japon.
A vrai dire, davantage qu'Hiroshima, c'était précisément ce torii que nous étions venues voir.
Avant même d'atteindre l'île nous avons pu aperçevoir l'objet de notre visite du bateau, la marée était basse et il était donc accessible à pied.
Sitôt après avoir débarqué, nous nous sommes quasiment ruées vers la jetée, remarquant à peine les daims qui se baladaient en grand nombre en quémandant de la nourriture aux touristes, pas plus que les cigales qui faisaient un bruit d'enfer.
Enfin, nous sommes arrivées devant lui et avons pu le contempler dans toute sa splendeur : il se dressait majeustueusement au milieu de la baie, en face du sanctuaire tout rouge d'Itsukushima.
J'avais l'impression d'avoir atteint le but d'un long pèlerinage : ce torii, c'était une des choses que je voulais le plus voir en venant au Japon, et je ne sais pas pourquoi mais j'avais l'impression que jamais je ne viendrais jusqu'ici.
Pourtant j'y étais, et même mieux : je pouvais aller le voir de très près étant donné que la marée était basse, ce que nous nous sommes empressées de faire avec Lorraine qui était tout aussi enthousiaste que moi sinon plus.

Le ciel était menaçant depuis un bon moment et il a commencé à pleuvoir alors que je cherchais un moyen de me déplacer au sec en sautant de partie sableuse à partie sableuse pour éviter les nombreuses algues. J'ai fini par abandonner et ai enlevé mes chaussures histoire d'aller dire bonjour à la mer après avoir observé ce torii de seize mètres sous toutes les coutures. {#}
Comme la pluie ne cessait de s'intensifier, j'ai tiré Lorraine de sa pêche au coquillage et nous sommes allées nous réfugier sous le sanctuaire Itsukushima, tout de même contentes d'avoir été un peu rafraîchies. Je crois n'avoir jamais vu d'endroit plus magnifique au Japon que ce sanctuaire rouge et ses nombreuses allées ouvertes montées sur pilotis.
Comme des images valent mieux que des descriptions, je vous renvoie à mon album photo !

Il avait l'air de se passer quelque chose d'important dans le sanctuaire car beaucoup de gens portant des habits religieux étaient réunis : je me suis souvenue que nous étions le 19 juillet, le jour du Kangen, un festival où un mikoshi est porté sur un bateau où l'on joue de la musique de cour traditionnelle (gagaku). Le mikoshi est ainsi transporté par bateau dans divers temples avant de revenir au sanctuaire d'Itsukushima à minuit, en passant par le torii.
Comme par miracle, la pluie s'est arrêtée vers seize heures, laissant place à un soleil éblouissant. Nous avons vu la procession quitter le sanctuaire par le ponton en portant le mikoshi et se rendre jusqu'à la mer où attendaient les bateaux, en passant sous le torii.
Cette fois-ci, ne me souciant plus du tout d'avoir les pieds mouillés, je me suis précipitée vers les bateaux, de l'eau jusqu'aux genoux pour assister à ce spectacle comme une dizaine d'autres personnes, éblouie par les reflets du soleil sur la mer.
Dans ces moments-là, on est un peu perdu : on se dit que c'est un événement unique et du coup on se sent obligé d'y assister mais d'un autre côté il faut bien reconnaître qu'il ne se passe pas grand chose pour qui ne participe pas à la cérémonie et on a tendance à être gagné par l'ennui.

Finalement nous avons décidé avec Lorraine d'aller plutôt explorer un peu les environs et après avoir enlevé de nos chaussures l'eau, le sable et quelques représentants de la faune et de la flore locales (pourquoi je finis toujours les pieds mouillés et avec des pompes inutilisables ?! Bon ce coup-ci c'était ma faute... {#}{#}) nous avons commencé notre balade au sein de l'île au son du chant des cigales, croisant au passage toujours plus de daims.
Ca sentait bon l'iode et la crème solaire, j'avais vraiment l'impression d'être en vacances, je suis toujours aussi heureuse quand je vois la mer !

Quand le soleil a commencé à se coucher, quelques nuages demeuraient mais le temps s'était nettement amélioré par rapport au milieu d'après-midi.
Nous sommes retournées sur la jetée et nous y sommes assises pour contempler le torii sur fond de coucher de soleil, il était hors de question de repartir de l'île sans avoir assisté à ça.
Nous avons profité de ce spectacle dans un silence quasi-religieux, chacune perdue dans ses pensées avec pour fond sonore le bruit de l'eau qui remontait vers le sanctuaire, noyant peu à peu les pieds du torii. Peut-il y avoir un spectacle plus apaisant que celui-là ?
On entendait également au loin la musique provenant des bateaux : cette scène m'a rappelé le jeu Final Fantasy X, le passage où Yuna envoie les âmes rejoindre l'au-delà.
Ca ne m'étonnerait d'ailleurs pas que ce genre de festival ait servi de référence au jeu.
Je me suis sentie vraiment apaisée, détendue, loin de toute forme de stress.
Pour moi, Tôykô, c'est un peu un synonyme de maison, du coup quand je sors de la capitale j'ai l'impression d'être vraiment au Japon ! XD

Nous avons testé pour dîner la spécialité de la région : l'okonomiyaki d'Hiroshima qui s'est avérée très bonne mais peut-être un peu lourde à digérer vu la chaleur ambiante.
J'ai été assez étonnée par le nombre peu important de touristes, je m'attendais à ce que les rues soient blindées, surtout en ce jour de fête, mais il n'y avait pas un chat. {#}

Avant de regagner Hiroshima nous avons voulu aller revoir une dernière fois le torii, version nuit noire et nous sommes précipitées vers la jetée, à moitié en courant pieds nus, amusant au passage quelques petites vieilles commerçantes (depuis le temps vous le savez bien, non, qu'on est craquées ? {#})

La marée était remontée jusqu'au sanctuaire dont les lampions et les piliers se reflétaient sur la surface calme de l'eau dans un mélange d'orange et de rouge. Nous avons assisté au retour des premiers bateaux d'où provenaient le son des tambours japonais (wadaiko) et quelques cris poussés par des enfants ; ils ont regagné le temple comme prévu en passant sous le torii, applaudit par les gens qui attendaient leur retour.
Nous n'avons hélas pas pu voir le retour du dernier bateau, le plus imposant, qui transportait le mikoshi et dont l'arrivée était prévue pour minuit car le dernier ferry partait à 22h et c'est donc à reculons et le coeur fendu que nous avons quitté l'île, des étoiles plein les yeux. {#}
J'espère que je me souviendrais longtemps de ce spectacle magnifique que je n'ai hélas pas pu immortaliser à cause de l'obscurité.

lien permanent

Natsubate  posté le vendredi 18 juillet 2008 18:07

Blog de ryuugakusei : Une année au Japon, Natsubate

Natsubate (夏ばて), c'est un mot qui désigne le manque d'appétit à cause de la chaleur.
Le japonais regorge de mots pratiques comme ça quand il nous faut à nous, pauvres français, faire une phrase entière pour décrire la même chose.
Il y en a plein d'autres du même genre : namagawaki (生乾き), qui désigne le linge sentant mauvais car il n'a pas pu sécher correctement à cause de du temps mushiatsui (蒸し暑い), qui évoque l'atmosphère désagréable combinant la chaleur à l'humidité.
Voilà trois mots pratiques qui résument bien mon quotidien ces derniers temps.

Je radote mais qu'on se le dise : il fait chaud ! Et pas qu'un peu. S'il se contentait de faire 32° à la limite ça ne serait pas si grave, mais il faut prendre en compte chez nos amis nippons le facteur humidité, qui donne l'impression d'être en permanence dans un sauna.
Du coup je suis face à un dilemne capital : s'épiler les bras ou ne pas s'épiler les bras ?
Contrairement à la France où cette partie du corps est encore épargnée par bon nombre de consoeurs, au Japon où on fait la chasse au moindre poil, ils sont arrachés avec soin par quasiment toutes les nippones. Enfin cette perspective m'enquiquine tellement que je crois que je vais tenir bon encore un petit mois et passer pour une ourse (j'ai des sujets de réflexion très profonds, n'est-ce pas ?)

J'ai commencé mes nouveaux cours de japonais qui dureront jusqu'à la fin du mois : j'ai droit à une heure et demie par jour de grammaire pure en tête à tête avec Takeda-sensei !
C'est le bonheur, depuis le temps que je voulais me remettre à la grammaire, c'est vraiment génial : on croirait un jeu ! Elle m'apprend des expressions très proches aux nuances subtiles et ensuite je dois voir quelle version est la plus appropriée en fonction des situations. On dirait un quiz, bref je m'éclate, je suis une geek de la grammaire japonaise ! {#}
Ce qui me fait également très plaisir c'est que lorsque qu'elle me soumet aux tests avant d'entamer la leçon, je tombe quasiment toujours juste sans trop savoir pourquoi, juste par intuition et selon elle c'est ça qui est le plus important. Bref si je m'accroche jusqu'en décembre sans délaisser les kanjis je crois que j'ai mes chances de réussir le Nôryoku shiken niveau 2. {#}

Sinon cette semaine j'ai fréquenté une espèce très répandue au Japon : les lycéens.
Jeudi, huit élèves du lycée Shirayuri sont venues à l'université et avec Lorraine on était censées discuter avec elles, en gros faire de la pub pour la fac et leur prouver que le département de français c'était trop de la balle de la mort qui tue et qu'il fallait s'y inscrire !
On se serait acquittées de cette tâche avec plaisir mais les intéressées ne se sont pas montrées très coopératives : il était évident qu'elle n'avait pas l'habitude de fréquenter des créatures bizarres comme des françaises et nous les terrorisions, rendant tout dialogue impossible.
Quelques-unes ont fini par oser poser des questions d'une toute petite voix, poussées par leur professeur et elles évitaient à tout prix de nous regarder pendant qu'on leur répondait.
Je ne pense pas que c'était des filles impolies et encore moins méchantes, mais cette timidité maladive générale m'a profondément agaçée sur le coup, dans des cas pareils j'ai vraiment l'impression d'être une bête sauvage qu'on ose pas approcher.
Je pense de toute façon qu'elles sont surcouvées par Shirayuri et que ça ne leur rend pas service mais ça c'est un autre problème...
Bref après plusieurs tentatives de communication plutôt foireuses, on a fini par se résoudre à notre sort de pots de fleur et avons attendu patiemmenent que ce " goûter " se termine, ayant l'impression d'assister à un repas de famille soporifique auquel on ne peut se soustraire. {#}

Le lendemain, vendredi, nous avions prévu d'accompagner une des professeurs du département de français qui donne également cours dans un lycée en banlieue.
Traumatisée par mon expérience de la veille, c'est donc assez anxieuse que je suis partie affronter les lycéens mais finalement ça s'est très bien passé : ils étaient assez timides au début mais finalement ils ont été plutôt actifs pendant les activités et se sont même lancés sur des questions qui n'avaient pas de rapport avec la leçon étudiée.
Comme je n'ai absolument pas de formation de professeur j'étais là juste pour que les lycéens aient un contact " direct " avec des françaises.
Ca n'a duré qu'une heure et demie mais c'était vraiment très sympa, le cours s'est clôturé sur des questions des élèves, dont " que pensez-vous de la politique de Sarkozy ? Quels sont les changements depuis qu'il est au pouvoir ? " (il pouvait pas être immature et s'intéresser à des trucs débiles de son âge celui-là ? XD)
On a pris des photos (de vraies stars, j'vous l'dis {#}) et sommes reparties après une salutation au proviseur qui nous a montré tout fier des photos affichées dans le couloir des lycéens durant diverses activités, nous expliquant qu'il les prenait lui-même car il était passionné de photo.
On a trouvé ça vraiment excellent, plus qu'un proviseur on aurait dit un papa fier de ses enfants ! 
Bien sûr qui dit lycée au Japon dit uniforme mais l'ambiance de ce lycée avait l'air vraiment sympa et pas trop stricte contrairement à bon nombre d'établissements où on chipote jusque sur la longueur de la frange des élèves.
Attention ce qui va suivre est digne d'une phrase du pire otaku qui soit mais : ce lycée, c'était exactement comme ceux que j'avais pu voir dans les manga/animes !
Dans le train du retour nous nous sommes fait allégrement dévisager par un ado assis en face de nous qui avait la banane : il nous fixait ouvertement et ça avait pas l'air de le gêner plus que ça qu'on l'ait grillé. En temps normal  ça m'aurait plutôt gênée mais il avait l'air tellement heureux que finalement, son sourire béat nous a contaminées. {#}
En arrivant à Sengawa nous avons retrouvé Miho, notre chinoise ultime qui avait prévu de nous préparer des gyoza maison, les raviolis chinois à la vapeur.
Comme il pleuvait comme vache, qui pisse l'après-midi " gyoza " a rapidement évolué en après midi " gyoza pyjama party " (faut bien se changer pour être au sec... XD)
Entre quelques leçons de prononciation chinoise et tentatives de sport nous nous sommes régalées grâce à notre bonne cuisinière et la semaine s'est ainsi achevée dans la chaleur, la moiteur et l'allégresse les plus totales. {#}

lien permanent

O-bon : le festival des ancêtres  posté le jeudi 17 juillet 2008 16:39

Blog de ryuugakusei : Une année au Japon, O-bon : le festival des ancêtres

L'o-bon est le festival bouddhique donné en l'honneur des ancêtres, il s'étend du 13 au 16 juillet dans la partie est du pays qui se base sur le calendrier lunaire et du 13 au 16 août dans Kyôto et ses environs. C'est souvent l'occasion pour les japonais de prendre quelques jours de repos et retourner dans leur région natale car la tradition veut que les âmes des morts reviennent sur terre pendant ces quatre jours pour rendre visite à leur famille.
A cette occasion les gens se rendent au cimetière pour entretenir et purifier les tombes de leurs ancêtres et à la fin de cette période, ils allument une bougie dans une lanterne qu'ils abandonnent au gré du courant d'un cours d'eau afin de guider les âmes des ancêtres vers l'au-delà.
Des cérémonies religieuses sont organisées dans les temples où l'on peut également participer à la danse traditionnelle : le bon odori (les gens dansent au rythme des tambours japonais en tournant autour d'une estrade où sont installés danseurs et musiciens).

Lisa, qui allait assister au festival du sanctuaire Yasukuni avec une prof du département d'anglais nous a demandé à Lorraine et moi si ça nous intéressait de venir avec elles, vêtues de nos yukata.
Un peu que ça nous intéressait ! Malgré tout à l'évocation du mot " Yasukuni ", nous nous sommes un peu raidies : le Yasukuni ? Le sanctuaire qui fait l'objet de polémiques sans fin à cause de ses morts de guerre sino-nippo-coréens ? C'est pas un peu déplacé de se pointer là-bas en yukata précisément pendant la fête des morts ?
Lorraine et moi avons donc renoncé à y aller " déguisées " mais avons tout de même accompagné tout notre petit monde jusqu'au sanctuaire où l'ambiance était bien différente de ce à quoi on s'attendait.
Rien de grave, pas d'ambiance pesante, au contraire ça avait l'air d'être l'éclate totale !
Le soleil n'était pas encore totalement couché mais les centaines de lampions commençaient déjà à éclairer le ciel tout le long de l'allée menant au sanctuaire.
Tout au long de cette même allée se trouvaient plein d'échoppes, la plupart vendant de la nourriture (yakisoba, takoyaki, yakitori, glace pilée, banane au choco) ou proposant des activités pour les enfants comme la confection de son propre fûrin ou la pêche au poisson à coup d'épuisette en papier.
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y avait foule ! Et comme bon nombre de jeunes filles portaient le yukata, j'ai amèrement regretté de ne pas avoir emporté le mien (bah il y aura d'autres festivals avant mon départ, ce n'est que le début !)
A ma grande déception peu d'hommes le portaient si ce n'est les petits papy, on nous a expliqué que c'était parce que les " jeunes d'aujourd'hui " étaient trop maigres et avaient donc honte de montrer leur torse. Quel gâchis tout de même... {#}
Lisa et la professeur se sont dirigées vers l'estrade pour participer au bon odori, nous disant que comme elles comptaient passer la soirée à faire ça, il ne fallait pas nous gêner pour elles et nous balader librement.
Nous avons nous aussi tenté de prendre part à la danse mais devant notre incapacité à coordonner nos mouvements nous avons vite renoncé à cette idée pour ne pas gâcher cette belle synchronisation. XD
Nous étions loin d'être les seuls étrangères présentes, peut-être d'autant plus ce soir-là car une troupe exécutaient des danses du Nebuta, un festival très célèbre d'Aomori (nord du Japon).
Je ne sais pas ce qu'ils pouvaient bien fabriquer à Tôkyô mais ça nous a bien arrangé avec Lorraine car on avait un moment songé à faire un petit voyage à Aomori pour y assister début août (vu que c'est à ce moment là qu'a lieu le festival), mais on avait finalement laissé tomber ce projet faute d'argent et de temps. Bref on est vraiment vernies jusqu'au bout !
Nous avons donc avancé toutes les deux tranquillement vers le temple où subsistaient quelques traces du Tanabata, observant en chemin les différentes échoppes et les gens : ce qui m'étonnera toujours, c'est l'activité des petits vieux du Japon ! Ils sont les premiers à participer à ce genre d'événements et ne demandent pas leur reste pour danser.
Peut-être que c'est ça leur secret pour avoir la forme et ça expliquerait pourquoi la durée de vie est plus longue ici qu'ailleurs. {#}
Au sein du sanctuaire lui-même, il n'y avait finalement rien de particulier, peut-être plus de gens venus prier qu'à l'accoutumée mais c'est tout.
Lorraine, prise d'une crise de courage (ou de faim peut-être) aiguë a profité de cette soirée pour goûter les célèbres takoyaki, les boulettes de poulpe, ce qui ne l'a pas emballée outre mesure et c'est un doux euphémisme (évidemment, comment on peut mettre un truc à ventouses dans sa bouche ? Ca me dépasse... {#})
Les festivités se sont terminées vers 21h et nous avons alors pris le chemin du retour toutes ensemble.
Il y avait énormément de monde mais bizarrement au Japon je trouve que la foule n'est jamais oppressante (même si on se fait allégrement bousculer XD).
Enfin ça sentait vraiment l'été ce soir-là, même s'il faisait pourtant moins chaud et je suis bien contente à l'idée de me dire que ce n'est que le début des matsuri !
Je sens que je ne vais pas encore beaucoup dormir durant le mois qui va suivre moi... {#}

lien permanent

Le yukata  posté le mardi 15 juillet 2008 19:06

Votre plugin flash nécessite une mise à jour ! cliquez ici

C'est l'été ! Et qu'est-ce qu'on ressort au Japon avec l'arrivée de l'été ? Pas les jupes ni les shorts, non, non, ça les japonaises les portent tout le temps, indécentes hiver comme été. XD
Qui dit été au Japon dit festivals (matsuri) et qui dit festivals dit... yukata !
Le yukata est un kimono léger en coton, porté à tout âge aussi bien par les femmes que par les hommes. On en trouve de toutes les couleurs pour la gent féminine alors que ceux portés par les hommes sont généralement assez foncés et sobre.
Bien qu'il existe plusieurs façons de l'attacher pour obtenir des noeuds différents, l'obi reste assez simple à nouer et fait du yukata un vêtement d'été très populaire que les gens n'hésitent pas à porter, particulièrement quand ils se rendent à un festival.
Notre chère Miho nous en a offert un à Lorraine et moi après le concours d'éloquence pour nous remercier de l'avoir aidée à préparer son texte.
Comme j'adore vraiment les kimono et que c'est les soldes en ce moment, j'en ai profité pour m'en acheter un deuxième à l'Uniqlo, mon magasin fétiche (le seul où je trouve des trucs à ma taille en fait), ils vendent des sets très sympas à 5000 ou 3000 yens (soldés à 4000 ou 2000), geta et sac non compris (je suis en train de faire de la pub là...)
Le prix le plus répandu pour un set yukata+obi varie pourtant entre 8000 et 10 000 yens.
Bref, vive l'Uniqlo (je vais pouvoir faire du trafic en rentrant niark niark niark).
Il y a pas mal de schémas qui circulent sur le net, indiquant comment attacher un yukata mais je ne suis encore jamais tombée sur une vidéo alors j'en profite pour mettre une démonstration, ça en intéressera peut-être certaines ! {#}

Pro du kimono : Miho-sensei
Cobaye du jour : Lorraine
Camerawoman défectueuse : Camille

lien permanent