Taiyô no shita, ça veut dire " sous le soleil ".
Expression parfaite pour résumer ce dimanche.
C'est aussi une chanson de Remioromen. De la bonne soupe
qui vous casse bien les oreilles. Manque de bol, je l'ai eue dans
la tête toute la journée. 
Mais qu'importe, rien n'aurait pu me gâcher cette
journée magnifique de repos absolu.
Après une petite grasse matinée nous nous sommes
mises en route pour le château d'Hiroshima qui se trouvait
à proximité de l'hôtel.
A dix heures il faisait déjà une chaleur
étouffante et les cigales nous faisaient profiter de leur "
kss kss kss " répétitif (vous avez vu comme je fais
bien la cigale ?
)
Malgré tout, notre radinerie l'emportant sur notre
résistance à la chaleur, nous avons
décidé de faire le tour de la ville à pied en
faisant bien attention à boire beaucoup et à nous
protéger du soleil (nos mères n'ont pas
élevé des imbéciles ! XD)
Le château d'Hiroshima se dresse dans un parc entouré
de douves, un peu comme le palais impérial à
Tôkyô sauf qu'on peut le visiter, lui !
Hélas, comme bon nombre de châteaux, celui qui se
trouvait devant nous n'était pas l'original (inutile de
préciser pourquoi cette fois...) mais sa visite s'est
révélée intéressante :
l'intérieur a été reconverti en musée
regroupant divers objets, armes et armures et donne des
informations sur l'histoire du château à travers les
âges.
D'habitude je ne raffole pas de ce genre de visite mais j'aurais
fait n'importe quoi pour ne pas précipiter mon retour dans
la fournaise et j'ai donc observé consciencieusement les
divers objets, étage par étage avant d'aller
contempler les alentours tout en haut du château.
Hélas il a fallu retourner dehors et c'est donc en
avançant sous le moindre coin d'ombre, en croisant des
armées de lycéens indisciplinés en voyage
scolaire, en faisant quelques pauses et en dilapidant ma monnaie
dans des distributeurs de boisson que nous sommes arrivées
près d'un stade d'où nous parvenaient des cris
annonçant un match de baseball (le sport le plus populaire
chez nos amis nippons !)
D'habitude quand je pars en voyage je me ruine en transport, ce
coup-ci c'était en boisson et je me suis mis en tête
de tester le plus de trucs possibles histoire de rendre l'aventure
intéressante : boisson énergétique,
thé, jus, eau, soda... tout y est passé avec parfois
quelques échecs et parfois d'agréables
surprises.
Notre balade nous a menées jusqu'au Genbaku Dome, les célèbres ruines
du Palais d'exposition industrielle, témoignage du
bombardement nucléaire.
Il est maintenu en l'état comme témoin des ravages
atomiques et symbole de paix destiné à empêcher
que ce genre de drame se reprdoduise.
Je m'imaginais quelque chose de beaucoup plus grand, sombre et
glauque mais ce dôme est situé au bord du canal et il
est entouré de verdure, bref dans un environnement
très agréable. D'ailleurs, j'ai été
très agréablement surprise par l'ambiance qui
règne à Hiroshima de façon
générale : loin d'être une ville martyre
prisonnière du passé, c'est une ville très
animée, vivante, qui en plus regorge de verdure, il y a des
arbres et des petits parcs partout !
Rien ne laisse supposer le drame qui a eu lieu en 1945 si ce n'est
ce fameux dôme, on a vraiment du mal à croire que la
ville a été entièrement rasée à
l'époque.
De toute façon quand on voit quelle ville florissante c'est
maintenant, on peut difficilement s'imaginer un tel drame.
Plus je me baladais à Hiroshima et plus j'observais ce que
je voyais, plus j'avais l'impression que c'était une ville
qui allait de l'avant qui ne cherchait pas à se positionner
en victime.
Du Dome nous sommes allées jusqu'au Memorial de la paix au
milieu duquel trône une sculpture érigée
à la mémoire de Sadako
Sasaki, une petite fille qui avait deux ans lors de l'explosion
et qui est morte dix ans plus tard des suites d'une leucémie
dûe aux radiations.
Une légende raconte que celui qui plie mille grues en
origami verra son voeu exaucé.
Sadako s'était attelée à cette tâche
mais elle est morte avant d'avoir confectionné sept cents
grues. Cette histoire devint célèbre et on
ériga cette statue en la mémoire de tous les enfants
qui subirent le même sort.
La statue est entourée de petites cabines abritant des
milliers de grues confectionnées par des personnes du monde
entier qui les envoient à Hiroshima chaque
année.
Nous sommes restées un certain moment sur place mais je n'ai
pas été mécontente de repartir car il faut
bien avouer que je commençais à ressentir un certain
malaise. 
Après s'être restaurées au Saizeriya (on voyage
dans des conditions de plus en plus luxueuses au fil du temps :
à Kyôto on se nourrissait au konbini, là on est
passées au family restaurant
) abrité dans une grande allée
commerçante, on a décidé de prendre un peu le
tramway pour se rapprocher de ce que l'on croyait être un
parc mais nous nous sommes fait arnaquer par la carte qui indiquait
fourbement un grand coin de verdure.
C'est après avoir gravi une colline, haletantes, que nous
nous sommes finalement rendues compte qu'il ne s'agissait que d'une
route qui serpentait dans une sorte de forêt. 
Nous avons fait une petite pause sur un parking et avons un peu
ruminé tout ce gaspillage de temps et de sueur en observant
des pigeons crétins qui se dandinaient bêtement devant
nous.
Durant notre balade à travers la ville il y a trois types de
personnes qui sont fréquemment revenues :
- les dormeurs : que ce soit sur un banc où à
même l'herbe, ils étaient en train de faire une petite
sieste visiblement pas inquiets à l'idée de se faire
piquer leur sac.
- les sportifs : sûrement un peu tarés pour faire du
jogging par 35° à l'ombre.
- les ennemies du bronzage : eh oui, au Japon les filles
détestent bronzer, sachez-le ! 
Le bronzage c'est un truc de paysanne, de va-nus-pieds, alors
qu'une peau blanche c'est la pureté absolue (je suis
heureuse dans ce pays... XD).
Elles portent donc des gants voir des manches amovibles pendant
qu'elles sont dehors, quitte à avoir encore plus chaud,
juste pour éviter que leur peau ne prenne quelques couleurs
!
Nos pérégrinations nous ont finalement
ramenées jusqu'au bord de la rivière où nous
avons décidé de faire une petite pause pour "
réviser ". Ces " révisions " se sont rapidement
transformées en observation des centaines de crabes qui
grouillaient et en glandage absolu, les yeux perdus dans le bleu du
ciel dont la lumière commençait à
décliner, les pieds à l'air se balançant au
dessus de Crab Land.
Si je ne devais retenir qu'un seul mot pour résumer ces
trois jours ce serait bel et bien " vacances " et non pas " voyage
". Qu'est-ce que ça fait du bien de ne rien faire ! Du coup
désolée ce n'est pas très intéressant
à lire pour vous mais moi en tout cas j'en ai bien
proifté. 
Chassées de notre petit coin tranquille par une armée
de moustiques affamés, j'étais en train de me
demander quelle serait ma prochaine boisson en longeant l'avenue de
la Paix quand je suis tombée sur une nouvelle
variété de Fanta ! 
Le Fanta Lemon, zéro calorie ! Sûrement une exclu
d'Hiroshima !
Je me suis empressée de goûter ma nouvelle
découverte qui s'est avérée aussi chimique que
les autres Fanta à défaut d'être aussi
calorique.
C'est sur ces réflexions profondes que nous avons atteint le
" Night Spot " d'Hiroshima (traduction : le quartier de la
débauche) qui nous a fait penser au Kabukichô de
Shinjuku : mêmes rois lionnes, mêmes p*uffes,
mêmes pachinko et izakaya douteuses.
Nous sommes rentrées tranquillement à notre
hôtel en marchant et contemplant satisfaites notre carte :
malgré nos nombreuses pauses, nous avions fait tout le tour
de la ville dans la journée !
Photo : le Genbaku Dome


)



) et sommes reparties après une
salutation au proviseur qui nous a montré tout fier des
photos affichées dans le couloir des lycéens durant
diverses activités, nous expliquant qu'il les prenait
lui-même car il était passionné de photo.
)
